Fête du Trône 2006

Lancement de la convention collective

Modification de la loi relative à la CNSS pour permettre aux taximen de bénéficier d'une couverture sociale et médicale.

20 Avril 2011 À 16:23

Les syndicats des taximen et les chauffeurs professionnels ont de quoi être heureux. Une modification de la loi relative à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) devrait permettre à des centaines de milliers de conducteurs professionnels de bénéficier d'une couverture sociale et médicale. Il s'agit là de l'une des principales revendications des syndicats. «La modification de cette loi est une action très positive de la part du gouvernement qui vient de satisfaire l'une des importantes demandes des professionnels du secteur.
Ce changement de la loi permettra à des milliers de chauffeurs de se déclarer directement à la CNSS. Cela concernera notamment les conducteurs des grands et petits taxis ainsi que les chauffeurs de camions travaillant pour leur propre compte», déclare Mohamed Mitali, président de l'Union des Fédérations nationales des chauffeurs et professionnels du transport. En effet, seuls les professionnels dont la relation du travail avec les employeurs était établie, bénéficiaient des prestations de la CNSS. Aujourd'hui, et après la modification de la loi, tous les chauffeurs munis d'une carte professionnelle, peuvent se déclarer directement à la CNSS. La vérification du nombre total des bénéficiaires, est aujourd'hui difficile puisque l'opération de demandes de cartes professionnelles se poursuit toujours. Mais selon les estimations actuelles, plus de 300.000 chauffeurs sont concernés. «La modification de la loi a été bien accueillie par les professionnels.

La ville de Casablanca compte à elle seule plus de 30.000 taximen sans couverture sociale», explique Ahmed Harakat, syndicaliste. Pour ce dernier, la marche du 4 avril des chauffeurs à Casablanca a été un tournant. Depuis cette date, de nombreux points du dossier revendicatif des syndicats ont été résolus.
«Le ministère de la Justice a également répondu favorablement à nos revendications relatives aux retraits du permis de conduire.
Le ministère a décidé de restituer les permis à leurs détenteurs qui ne sont pas responsables des accidents. Les autorités confisquaient les permis des chauffeurs même lorsque que les véhicules des professionnels étaient percutés par d'autres automobilistes», ajoute Mitali qui annonce la tenue aujourd'hui d'une réunion à Casablanca pour le lancement de la convention collective. Cette réunion devrait connaitre la participation du ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle ainsi que le directeur de la CNSS.
La convention collective vise à améliorer les conditions
de travail des chauffeurs en règlementant notamment les heures de travail et de repos. Selon Mitali, la rencontre d'aujourd'hui marque la mise en œuvre effective de la convention. Mais pour les syndicats, il est encore trop tôt pour jubiler.

Plusieurs points restent encore en suspens. Des pourparlers sont en cours avec les responsables au ministère de l'Intérieur. L'objectif est de créer des commissions locales au niveau des préfectures pour la médiation entre les titulaires des agréments et les chauffeurs.
Ces derniers « louent » les agréments pendant une durée déterminée en contre partie de sommes d'argent relativement importantes. Un chauffeur doit débourser jusqu'à 120.000 dirhams pour la location de l'agrément pendant une période de 5 ans. Mais l'accord n'est souvent pas reconduit ou donne lieu à des tentatives de chantage. Les professionnels qui s'estiment lésés, veulent mettre un terme à cette situation. De même, les syndicats affirment que les discussions avec le ministère de l'Habitat sur la question du logement social n'ont toujours pas abouties.

Marche

Les syndicats du secteur avaient organisé le 4 avril dernier une marche à Casablanca pour pousser les responsables à répondre favorablement à leurs demandes.
Des centaines de personnes ont pris part à cette marche dont les circonstances ont rappelé le mouvement de contestation qui a accompagné la soumission du nouveau code de la route au Parlement. Une grève de plusieurs semaines avait paralysé alors le pays. Lors de la manifestation du 4 avril, les professionnels avaient réclamé la mise en œuvre des mesures d'accompagnement promises avant l'adoption du code de la route qui concernent notamment les cartes professionnelles et le logement.
Copyright Groupe le Matin © 2026