LE MATIN
30 Octobre 2011
À 11:32
Les premiers résultats ont été donc dévoilés par le chef de département lors d'une conférence de presse organisée spécialement à cette fin, jeudi dernier à Rabat. Le premier chiffre phare annoncé de ce bilan est celui ayant trait à la diminution de l'ordre de 6.16% du nombre d'accidents durant la période allant du 1er octobre 2010 à la fin du mois de septembre 2011 par rapport à la même période entre 2009 et 2010 et une stagnation du nombre des tués (+0.36%). Une première depuis 15 ans annonce le ministre qui ne cache pas sa satisfaction de ce résultat probant. D'après ce responsable, le ministère a réussi tout de même à baisser le nombre d'accidents malgré l'absence de toutes les conditions nécessaires à la réussite de cette opération. Il s'agit notamment de l'efficacité très réduite du contrôle routier durant les premiers six mois de l'année. En effet, le contrôle routier a fait défaut durant la période allant d'octobre 2010 au mois d'avril 2011, à cause de la non disponibilité des équipements de contrôle conformes aux nouvelles exigences du code de la route.
Ce dernier fait de ces équipements non seulement des outils de mesure mais aussi et surtout des producteurs de preuves matérielles pour la verbalisation des contrevenants. Par conséquent, il a fallu plusieurs mois pour adapter par les constructeurs, les équipements existants sur le marché mondial et qui concernent spécialement les radars portatifs et montés sur véhicules pour le contrôle de l'excès de vitesse ainsi que les éthylomètres pour l'évaluation de la conduite sous l'effet de l'alcool. Un processus qui a retardé le démarrage effectif du contrôle routier effectué qu'à partir du mois de mai 2011 avec une montée en charge progressive pour atteindre le niveau d'activité souhaité deux à trois mois après. L'installation de ces appareils hors agglomération a permis donc d'agir efficacement sur l'excès de vitesse, facteur prépondérant dans la mortalité en rase campagne et de réaliser ainsi une réduction du nombre des tués de 1,66% et une quasi stagnation du taux de mortalité (+0.83%) hors agglomération. Les résultats sont encourageants mais le ministre appelle toujours à garder la vigilance et poursuivre l'action du contrôle efficace, efficient et crédible relayé également par un système pertinent de sanctions. En effet, le tandem «Contrôle-Sanction», est considéré comme un axe phare de la stratégie nationale de la sécurité routière et un levier incontournable pour atteindre les objectifs de la sécurité routière fixés par le plan stratégique intégré d'urgence de la sécurité routière. Selon M. Ghellab, ce plan est un cadre de travail qui permet le maximum de coordination, de concertation, de complémentarité et de synergie entre les différents corps de contrôle et les parquets en vue de lutter efficacement contre le fléau des accidents de la circulation. D'ailleurs, les plans nationaux de contrôle routier déjà exécutés le démontrent.
Leur évaluation a dévoilé l'existence d'une corrélation étroite entre le renforcement du contrôle et l'amélioration des indicateurs de la sécurité routière par la réduction du nombre et du degré de gravité des accidents. D'après le chef du département du transport, l'application des mesures persuasives a contribué largement à dissuader les conducteurs d'enfreindre la loi.
Le nombre des infractions relevées par la Gendarmerie royale et la Sureté nationale dues au non respect du code de la route est resté tout de même important. Ainsi, près de 502 279 procès verbaux ont été dressés entre le 1er octobre 2010 et le 31 août 2011. Des procès qui ont donné lieu à la collecte immédiate de 44.246 millions d'amendes transactionnelles et forfaitaires.
Notons que les paiements immédiats représentent 61% des PV d'infractions relevés. Le reste constitue des paiements différés dont le montant s'élève à 59.480 millions portant ainsi le budget total des recettes d'infractions collectées à presque de 170 millions de dirhams au cours de l'année du bilan. Par ailleurs, la première année de mise en œuvre du code de la route a connu aussi la mise en œuvre de la sanction relative au retrait des points de permis de conduire. On apprend que cette mesure a concerné 26.251 permis. Toutefois, les points retirés restent très réduits et ne dépasse guère un point (55% des cas enregistrés). Le maximum de points retiré appartient à un permis dont le solde a été réduit de 23 points.
Financement de la mise en œuvre du code de la route
En matière de financement, la mise en place de l'arsenal de mesures relatives au code de la route a nécessité la mobilisation au titre des exercices 2010 et 2011 des budgets très conséquents.
Parmi ces budgets on peut citer :
204MDHS pour l'acquisition de l'ensemble des équipements de contrôle routier. 63MDH pour la mise en place des systèmes d'information 19MDH pour l'édition des guides et des imprimés destinés au contrôle routier 185MDH pour la réalisation d'un programme ambitieux de mise à niveau de l'infrastructure routière et d'homogénéisation de la signalisation et des équipements routiers.
Et 83 MDH pour la réalisation du plan de communication relatif à l'accompagnement de la mise en œuvre du code de la route.