LE MATIN
23 Mars 2011
À 19:54
C'est aujourd'hui que le Conseil de gouvernement devra adopter le décret portant sur la création de la délégation interministérielle chargée des droits de l'Homme, ainsi que la détermination de ses prérogatives et son organisation. Ce texte, à caractère urgent, s'assigne pour objectif de rendre opérationnel ce nouveau dispositif exécutif.
Contacté par le Matin, le délégué interministériel aux droits de l'Homme, Mahjoub El Haiba, indique que cette nouvelle instance entamera son action dans les trois jours à venir à commencer par l'installation de ses structures conformément au décret de création.
Rattachée à la Primature, elle aura pour mission de pallier les insuffisances en matière de coordination interministérielle en ce qui concerne la question des droits de l'Homme. «Elle vise à insuffler une nouvelle dynamique au niveau de la coordination entre les départements ministériels et à garantir une nouvelle intégration des droits de l'Homme dans les politiques publiques. L'objectif étant d'assurer une réelle interaction entre les différents départements concernés pour lutter contre les carences enregistrées tant au niveau interne qu'externe», précise-t-il.
Concrètement, la délégation «sui generis» aura pour attributions de contribuer à l'élaboration des politiques gouvernementales en matière de droits de l'Homme et de faire le suivi des stratégies et des plans d'action nationaux. Elle sera chargée d'initier des mécanismes de complémentarité avec les instances nationales notamment le Conseil national des droits de l'Homme, l'institution du Médiateur ainsi que d'autres institutions et la société civile. La délégation, à caractère transversal, aura pour tâche l'élaboration et la soumission aux institutions onusiennes des rapports périodiques conformément aux conventions internationales ratifiées par le Maroc.
M. El Haiba tient à souligner que la création de la délégation interministérielle des droits de l'Homme s'inscrit dans un processus de renforcement de l'arsenal institutionnel en matière des droits de l'Homme « après la transformation du CCDH en conseil national ainsi que Diwan Al Madhalim. Il s'agit du renforcement de leurs attributions en matière de défense des droits de l'Homme, de réception des plaintes, d'orientation des victimes, d'organisation des textes législatifs et réglementaires, d'ouverture de débats et de dialogue pour la construction démocratique…».
Une grande mission incombe à la délégation interministérielle pour le développement de différents types de coopération et de partenariat.
Les observateurs portent un regard positif sur cette initiative susceptible d'améliorer considérablement les droits de l'Homme. Le vice-président de la commission de la Justice et des droits de l'Homme à la Chambre des représentants, Mohammed Benabdessadek, estime que le Maroc a besoin d'une instance gouvernementale pour faire avancer le dossier des droits de l'Homme : « Peut-être que c'est un premier pas pour la création, par la suite, d'un ministère chargé des droits de l'Homme. Il s'agit de faire évoluer plusieurs chantiers en cours ayant trait à cette question notamment la réforme de la justice et les droits de la femme».