Depuis février dernier, les membres du conseil de la ville de Casablanca ne se rencontrent que pour se séparer avec fracas. La session extraordinaire de ce lundi marquera-t-elle la fin d'un feuilleton qui n'a que trop duré ?
La session extraordinaire est d'autant plus importante qu'elle comporte plusieurs points relatifs à divers chantiers de la ville.
LE MATIN
02 Octobre 2011
À 12:59
Les membres du conseil de la ville de la métropole seront-ils au rendez-vous ce lundi ? La question s'impose quand on prend en ligne de compte les tensions qui ont marqué les travaux dudit conseil depuis la fameuse session de février. Sachant aussi que depuis, aucune session n'a réellement eu lieu. Car à peine s'ouvraient-elles qu'elles étaient renvoyées aux calendes grecques. Les causes sont connues. En fait, au regard des divergences qui avaient éclaté au grand jour au sein de la majorité soutenant le président du conseil Mohamed Sajid, le quorum n'a jamais été atteint. Du coup, c'était le blocage total, pour reprendre un qualificatif cher au maire de la ville, qui régnait en maître de céans. Toutes les tentatives de réconciliation n'ont rien donné. Et Sajid s'est retrouvé carrément seul face à tout le monde, opposition comme majorité. Les interventions des quartiers généraux des partis de la majorité n'ont pas apaisé les esprits des élus locaux. On croit même savoir que le patron du parti de la lampe se serait déplacé récemment pour discuter avec les siens les moyens d'un retour au bercail de la majorité de Sajid. Rien n'a filtré quant à l'issue de ces conciliabules. Et si oui ou non, les élus du PJD allaient soutenir le maire. Sous et dans quelles conditions ? Toute la question est là.
Maintenant qu'une session extraordinaire est provoquée, le président du conseil doit avoir le cœur qui bat la chamade en attendant le rendez-vous de ce lundi. En effet, suite à une lettre du wali du grand Casablanca en date du 20 septembre, et suite à une missive des membres du conseil, datée du 21 du même mois, une session extraordinaire est programmée pour ce lundi 3 octobre. Celle-ci devra, si tout va bien, débuter à partir de 15 heures. La session est d'autant plus importante qu'elle comporte plusieurs points relatifs à divers chantiers de la ville. Huit points en tout et pour tout sont à l'ordre du jour.
Le premier point est relatif à la santé, puisqu'il s'agira de passer un projet d'accord pour l'amélioration des prestations liées à la lutte contre le cancer. Le deuxième point est en liaison avec le projet de création d'un service public pour l'exploitation du tramway de Casablanca, et ce en donnant à l'entreprise Casa transport le droit d'exploitation, soit directement, soit en recourant à des services extérieurs. Dans la lignée des chantiers, la session devra également s'appesantir sur le projet du Grand théâtre de Casablanca, et ce à travers une double entrée. D'une part, il sera question de l'approbation d'une convention relative au suivi des travaux de ce projet par le biais de la société d'aménagement de la métropole, de même qu'il sera question d'une convention renvoyant au financement dudit projet. Les trois points restants sont liés, eux, au rond-point de Sidi Maârouf, notamment celui de l'injection de l'excédent budgétaire de l'exercice 2010, d'une valeur de 77,104 millions de dirhams, pour le remboursement des propriétaires des terrains qui devront être achetés dans le cadre de ce projet structurant.
Le feuilleton interminable du conseil de la ville
C'est à un vrai feuilleton à rebondissements que le conseil de la ville de Casablanca nous invite à assister depuis février dernier. Tout commence lorsque la session de ce mois-ci est renvoyée pour absence de quorum. Les mois allaient se suivre sans apporter l'apaisement nécessaire pour un retour à la normale. Les scénarios de sortie de crise se multipliaient et les membres du conseil de la ville se renvoyaient la responsabilité par presse interposée. Pire encore, la tension est devenue telle qu'on avait frôlé l'affrontement physique à plusieurs reprises. Ni les interventions des autorités locales, encore moins les tentatives des appareils des partis composant la majorité, ne sont parvenus à normaliser la vie d'un conseil dont la composition hétéroclite ne facilitait la tâche à personne. Les calculs des uns et des autres ont fini par l'emporter sur l'intérêt général des habitants de la ville. Mohamed Sajid aura beau tenter de trouver un modus vivendi, les tiraillements étaient si forts que l'espoir de trouver un terrain d'entente devenait presque impossible. La pression des projets à mener à bon port pourra-t-elle sonner le rappel des élus ? Au moment où l'on parle d'éventuelles élections locales au cours de l'année à venir, les membres du conseil de la ville auront-ils la sagesse de ranger les armes, le temps de passer lesdits projets ? La réponse est attendue aujourd'hui.