L'écriture, un long apprentissage
Qui dit rentrée, dit devoirs. Et qui dit devoir, dit forcément écriture. Pour certains écoliers, il s'agit d'un vrai problème. Comment donc les aider dès ce début d'année ?
LE MATIN
08 Septembre 2011
À 19:01
L'écriture représente un apprentissage complexe qui requiert une bonne technique et de l'entraînement. Ne pas trop serrer le crayon, poser ses doigts au bon endroit, appuyer sur le pouce et le côté du majeur: tout cela demande du temps et de la pratique. Certains enfants vont rapidement très bien écrire et d'autres vont présenter pendant bien plus longtemps pattes de mouche, lettres déformées et autres ratures. A la maternelle, l'enfant va passer diverses étapes: du dessin au graphisme pour arriver à l'écriture. Petit à petit, il affinera sa concentration, sa posture, sa pression sur le crayon, la souplesse de son poignet, sa motricité fine, sa coordination œil/main... Grâce au dessin, il apprend à articuler son bras, de l'épaule au poignet jusqu'aux doigts, et aussi à coordonner ses gestes selon les supports et les outils que lui donne sa maîtresse: grand papier, carton, feutres, crayons ou peinture. Au fil des années, il fait alors des vagues, des ponts, des pointes... Autant d'exercices réalisés en classe qui lui permettent de se familiariser aux lettres capitales.
Lorsqu'il s'agit d'un enfant dysgraphique (qui a des problèmes d'écriture), ce dernier peine à coordonner finement les gestes de ses mains: il a du mal à écrire son prénom, même en majuscules. Il rechigne à dessiner, à colorier et les travaux manuels ne l'attirent pas. Au CP, les difficultés explosent. Car l'écriture exige beaucoup de l'enfant: il lui faut à la fois bien se représenter le mouvement à effectuer de la main et penser en même temps au sens de ce qu'il écrit. Pour que cela aille vite, le tracé doit devenir un automatisme, afin de permettre de se concentrer sur le sens de ce qui est écrit. L'enfant dysgraphique n'y arrive pas. Chaque tracé occupe toute son attention. Il attrape une crampe. Et il a bien conscience de son handicap. Bien souvent, il se sent alors honteux, se décourage et déclare ne pas aimer écrire.
Dans ce cas, rien ne sert de lui faire écrire des lignes le soir à la maison. Il faut au contraire dédramatiser et privilégier des activités annexes, très proches de l'écriture et qui amènent l'enfant naturellement à tracer des formes ressemblant à des lettres. C'est d'ailleurs ce qu'il fait en moyenne section et en début d'année de grande section en classe.
Pour cela, il faut que l'enfant se sente détendu: la relaxation l'aidera grandement. Le but est de lui faire sentir son bras dominant devenir lourd, puis l'autre, puis ses jambes, puis ses épaules. Il doit ensuite garder cette lourdeur (et donc cette détente) quand il écrit (d'abord debout, puis assis).
Ainsi la crampe redoutée sera-t-elle évitée.