L'Alliance pour la démocratie prévoit l'intégration professionnelle de 200.000 jeunes par an et l'institution d'une procédure avec zéro autorisation pour encourager l'entrepreneuriat.
L'alliance propose une nouvelle procédure pour les porteurs de petits et moyens projets avec zéro autorisation.
LE MATIN
17 Octobre 2011
À 17:25
Deux semaines après l'annonce de sa création, l'Alliance pour la démocratie qui regroupe huit partis politiques présente son programme électoral commun. Les formations politiques en question, à savoir le RNI (Rassemblement national des indépendants), le PAM (Parti Authenticité et Modernité), le MP (Mouvement Populaire), l'UC (l'Union Constitutionnelle), le PS (Parti Socialiste), le PGV (Parti de la Gauche Verte), le PT (parti travailliste) et le PRV (Parti de la Renaissance et de la Vertu) se sont penchées sur l'élaboration d'un programme électoral commun au lendemain de l'annonce de leur alliance. Le programme était déjà prêt ce week-end. Les bureaux politiques des partis concernés devaient se réunir hier pour valider son contenu avant sa présentation à l'opinion publique. Une conférence de presse devra avoir lieu aujourd'hui ou demain, en fonction de la disponibilité des dirigeants de l'alliance pour la démocratie. Au cours de cette conférence, le contenu du programme sera officiellement présenté. Les premières informations ont déjà commencé à filtrer sur le sujet. Le groupe des huit partis table ainsi sur la création de 200.000 emplois par an. Selon un membre de la commission chargée de l'élaboration du programme électoral commun, il s'agit de postes qui seront destinés aux chômeurs pour une intégration professionnelle permanente.
Quant aux diplômés chômeurs, le groupe des huit partis promet l'intégration de 70% des lauréats des universités nationales. L'une des idées phares du programme de l'Alliance pour la démocratie consiste en la promotion de l'initiative et la liberté d'entreprendre. L'alliance propose une nouvelle procédure pour les porteurs de petits et moyens projets avec zéro autorisation. Concrètement, les entrepreneurs d'une certaine catégorie de projets n'auront plus besoin d'avoir des autorisations délivrées par les autorités compétentes. Les porteurs de projets devront uniquement se conformer à un cahier des charges alors que le contrôle des autorités devra s'effectuer a postériori.
Autre objectif de l'alliance, l'amélioration du rendement du rôle du secteur privé et le renforcement des institutions étatiques qui seront appelées à jouer un rôle de régulation et de contrôle. L'accent est mis également dans le programme commun sur la réforme du secteur de la justice et le développement de son efficacité. Concernant la réforme de la Caisse de compensation dont les charges ont connu une augmentation vertigineuse ces dernières années, notre source n'a pas donné de données sur la vision de l'alliance sur le dossier se contentant d'affirmer que plusieurs pistes de réforme sont en cours d'étude.
Cependant, même si l'alliance de huit partis présentera un programme électoral commun, cela n'a pas empêché chaque formation politique d'élaborer son propre programme électoral. C'est le cas de l'UC dont le programme est aujourd'hui prêt. «Le programme de notre parti est un mixage entre l'apport des cadres de l'UC et des expertises extérieures. Nous avons également pris en compte les développements de la situation régionale et dans le monde arabe avec notamment la montée des revendications sociales», explique Mohamed Ali Hassani Sabaî, membre du bureau politique de l'UC. Et d'ajouter : «Nous avons abordé dans le programme la rationalisation du champ politique et le travail parlementaire pour le mettre en conformité avec les dispositions de la nouvelle Constitution.
Nous avons insisté sur la reddition des comptes par les responsables». Dans les secteurs sociaux, l'UC donnera la priorité à l'emploi. Sabaî affirme que son parti a étudié de nouvelles niches d'emploi pour les jeunes notamment dans les métiers mondiaux du Maroc (offshoring, automobile, l'aéronautique et l'électronique) et dans les collectivités locales puisque les communes demeurent sous-encadrés.
Coopération
L'idée d'une coopération politique est née au lendemain de l'élection d'un nouveau maire de la ville de Tanger. Trois partis, à savoir le PAM, le RNI et l'UC, avaient coordonné leur action pour élire un seul candidat. Les trois formations ont signé le même jour une charte de bonne gouvernance. Quelques temps après, le Mouvement populaire va rejoindre le groupe. Les observateurs parlent alors de l'émergence d'un nouveau pôle libéral qui se positionne comme une force politique pour les prochaines élections. Mais la coopération entre les membres du pôle se fera d'abord sur le plan local notamment à Tanger mais également Marrakech et Rabat. A l'approche de la date des élections législatives, les quatre partis ont décidé d'élargir leur alliance pour englober quatre nouvelles formations. L'Alliance pour la démocratie a donc vu le jour le 5 octobre dernier.