Fête du Trône 2006

Des circonscriptions sous haute tension

Ce sont en général les profils des candidats qui se présentent aux élections qui enflamment les circonscriptions électorales.

La partie ne sera pas facile dans certaines circonscriptions où la bataille électorale s'annonce rude.

07 Novembre 2011 À 15:52

Les premiers moments qui accompagnent les élections législatives se font déjà jour. En effet, depuis le 3 novembre dernier, les premiers candidats aux élections du 25 novembre ont veillé à être les premiers à déposer leurs candidatures. Compétition qui donne déjà une idée sur l'ardeur qui va marquer la rivalité électorale dans les jours qui viennent. Dans ce sens, les observateurs parlent déjà de «circonscriptions à haute tension» ou de «circonscriptions de la mort»... Qualificatifs qui dénotent de l'agressivité qui prévaut dans ces circonscriptions. Ce qui pose plus d'une question sur les raisons qui poussent à les qualifier ainsi. Car, ce sont les mêmes textes juridiques qui s'appliquent à tous les cercles électoraux, les mêmes règles, les mêmes conditions pour se porter candidat… Pourtant, la concurrence électorale pour certaines sièges semble avoir un enjeu plus important que dans d'autres sites électoraux.

En fait, cette dénomination de « circonscription de la mort» vient du fait de la nature des profils qui se portent candidats dans ces arrondissements. Il s'agit souvent de candidats qui ont une «notoriété politique». Ainsi, leur candidature se déroule sous les projecteurs des médias, des observateurs des élections ainsi que des électeurs...
Certes, cet élément n'est pas suffisant à lui seul pour parler d'une telle circonscription. En effet, s'ajoute à cela le fait qu'il doit y avoir plusieurs candidats du même calibre qui se disputent les sièges en lice quand il s'agit d'une compétition entre des partis forts.

D'ailleurs, depuis les législatives de 2002, date de l'adoption du mode électoral par liste, qui sous-entend, plus que l'uninominal, la compétition sur les sièges concernés, certaines circonscriptions sont toujours prisées et sont donc à haute tension. C'est le cas par exemple de la circonscription d'Anfa. Cercle où les candidats affrontent des ministres, des secrétaires généraux de partis et d'autres figures de proue des formations politiques. En 2007, Yassmina Badou, ministre istiqlalienne, a affronté le secrétaire général du parti des Forces Citoyennes (et ancien patron des patrons), Abderahim Lahjouji.

Elle revient se présenter dans la même circonscription dans laquelle se prépare à l'affronter le candidat du parti de Mohamed Khalidi, parti de la Renaissance et de la Vertu, le prêcheur Abdelbari Zamzmi. Candidat qui était arrivé, en 2007, à lui rendre la vie dure ainsi qu'aux autres candidats comme Wadie Ben Abdellah, membre du bureau exécutif du Rassemblement National des Indépendants (RNI). S'il se représente dans la même circonscription, il ne manquera pas d'être soutenu par les alliés du RNI, les partis formant le G8.
Un peu plus au nord, dans la circonscription de Ben M'sick, c'est un autre ministre istiqlalien, Karim Ghellab, qui procure à la course électorale une ardeur toute particulière dans ce périmètre connu pour être une zone populaire par excellence. Là, il doit faire face à ses rivaux classiques.
Il s'agit en premier lieu du candidat de l'Union Constitutionnelle, Mohamed Joudar qui avait fait un bon score face à Karim Ghellab en 2007...

La capitale ne manque pas, non plus, de circonscriptions très prisées par des figures politiques. C'est le cas des circonscriptions où se présentent des calibres comme Driss Lachguar, ministre chargé des relations avec le Parlement au nom de l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), Abdelkader Tatou du Mouvement Populaire (MP), Omar Bahraoui, les candidats du Parti de la Justice et du Développement (PJD), ceux du RNI... D'autres circonscriptions connaîtront également une animation toute particulière. Il s'agit de celle où se présentera par exemple le secrétaire général du PJD, Abdelillah Benkirane (Salé), là où sera candidat le président du RNI, Salaheddine Mezouar (Meknès), le premier secrétaire général de l'USFP, Abdelouahed Radi (Bni Hssen Sidi Slimane), le chef du MP, Mohand Laenser à Boulmane...

Des ministres et autres hommes d'affaires contribueront pour leur part à insuffler de la vivacité dans la compétition électorale dans leurs circonscriptions. C'est le cas du ministre de l'Agriculture Aziz Akhannouch à Taroudante, Aniss Birou à Berkane, Mohamed Amer et Reda Chami à Fès... L'homme d'affaires, Miloud Chaabi va animer la course électorale à Kénitra, Mohamed Sajid à Taroudante... C'est dire que les prochains jours ne manqueront pas d'apporter de grandes surprises à ce niveau.

Profil attendu des candidats

Les électeurs s'attendent à ce que les prochaines élections apportent un net changement par rapport aux précédentes. Ils aspirent surtout à ce qu'il y ait des candidats ayant un profil intéressant, notamment des gens instruits.
Les statistiques des élections de 2007 avaient montré qu'il y avait parmi les candidats 57 % ayant un niveau d'instruction supérieur, 30 % ayant un niveau secondaire et 13 % d'un niveau primaire. Par professions, 23 % des têtes de listes venaient de l'enseignement et du secteur public, 17 % étaient des chefs d'entreprise, commerçants ou artisans, 14 % venaient du secteur privé, 13 % des professions libérales, 8 % de l'agriculture et 25 % de divers autres métiers.
Copyright Groupe le Matin © 2026