L'humain au centre de l'action future

Hymne à la féminité par Nour Eddine Ziyat

L'artiste peintre expose ses œuvres au Sofitel Diwan de Rabat du 23 juin au 10 juillet.

17 Juin 2011 À 15:13

À chacun ses armes pour chanter et louer la femme ! Nour Eddine Ziyat, inspiré par les cultures des différents pays qu'il a sillonnés et où il a vécu, a choisi la peinture : «Je commence d'abord, dit-il, par peindre le corps de la femme, puis j'occupe l'espace avec des motifs qui se veulent tantôt ondulants, tantôt géométriques où les rectangles et les sphères sont articulés dans un foisonnement de couleurs. Ainsi se mélangent des tons parfois rudes, souvent sombres, adoucis ici et là par des teintes claires et délicates qui, en s'imbriquant, créent des contrastes qui capturent la lumière…»
Dans ces tableaux, il y a toute la beauté des poèmes de Nizar Kabbani, le poète syrien qui a marqué Nour Eddine Ziyat. Le poète arabe contemporain le plus populaire et le plus lu, surnommé le poète de la femme et de la Oumma, qui a publié une trentaine de recueils de poèmes en hommage à la femme : «la Brune m'a dit», «l'Enfance d'un sein», «Samba», «Des poèmes sauvages», «le Livre de l'amour» et, à partir des années 70, sans pudeur aucune, il chantera l'amour pour la femme, des poèmes mis en musique et chantés par les plus grands, comme Mohamed Abdelwahab ou Abdel Halim Hafez, Feyrouz, Oum Kalsoum… et traduits en anglais, en espagnol... Dans d'autres tableaux de Nour Eddine Ziyat, des poèmes d'autres lieux l'inspirent. Dans ses tableaux aux couleurs de la terre sienne, on devine par exemple le poète sénégalais Leopold Sedar Senghor, foudroyé par la beauté de la femme noire et qui chante «ce fruit mur», la gazelle aux attaches célestes. Dans les tableaux bleutés, c'est le poète français Louis Aragon que l'on entrevoit.

Le fou d'Elsa pour qui la femme est «l'avenir de l'homme» et qui chante «les yeux d'Elsa», recueil d'une vingtaine de poèmes qui louent la femme qui lui donne «tous les pouvoirs».
Le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poèmes : «Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon cœur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent». Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui figurent au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits…
Pour Ziyat, ce sont ses tableaux, exposés un peu partout dans le monde, au Japon, en Allemagne, en Espagne, à Marrakech... explosion de couleurs et de formes, qui révèlent sa passion pour la femme, «la femme mère, la femme épouse, la femme du monde rural, la citadine, celle qui tout feu tout flamme provoque la flamme de la passion, qui provoque la convoitise, ou la confidence, la femme dans son quotidien, dans sa splendeur, la femme tout simplement», dit-il.

Mais comment est-il parvenu au summum de son talent ? quel est son cheminement pictural ? «je suis autodidacte... je me suis intéressé très tôt à la peinture comme moyen d'expression imprégné d'un vécu dans différentes cultures, marqué par la richesse des couleurs qui expriment la lumière de mon pays». «Couleurs, motifs, tout dans cette peinture abstraite suggère un mouvement, dit Aissa Ikken, une ligne, une partie du corps, une image féminine adulée qu'il dilue dans un conglomérat pictural transgressant ainsi sa tendance à l'abstraction…
Dans ses tableaux, il y a la part lumineuse et la part obscure.» C'est sa manière à lui, Noue Eddine Ziyat, de nous faire partager ses émotions, ses évasions, la combinaison de ses couleurs et le fruit de sa passion». Sa passion est aujourd'hui sa compagne, son épouse et sa muse qui, discrètement et efficacement, accompagne l'artiste peintre… qui expose à Sofitel Diwan de Rabat du 23 juin au 10 juillet.
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