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La Cité Innovation ouvre ses portes

Le Centre universitaire d'Interface CURI de l'Université de Fès est désormais transformé en cité de l'innovation avec l'appui du ministère du Commerce, de l'industrie et des nouvelles technologies. La cité devrait accueillir des entreprises innovantes, des projets en incubation et des spin-off.

12 Juillet 2011 À 18:17

La première cité d'innovation ouvre ces portes à Fès. Le coup d'envoi a été donné en grande pompe le 9 juillet à la présidence de l'Université de Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès par le ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Ahmed Réda Chami, et le président de l'Université de Sidi Mohammed Ben Abdellah Farissi Esserghini en présence notamment des représentants des autorités de la ville, des opérateurs économiques et de banquiers.

«Le Centre universitaire d'Interface CURI transformé avec l'appui du ministère du Commerce, de l'industrie et des nouvelles technologies en cité de l'innovation devrait accueillir des entreprises innovantes, des projets en incubation et des spin-off et permettre d'augmenter les contrats de recherches entre l'USMBA et les entreprises. Il s'agit aussi de promouvoir et d'encourager les initiatives entrepreneuriales émanant des chercheurs et lauréats de l'USMBA et créer des pôles de compétences régionaux et nationaux avec une visibilité internationale», indique le président de l'Université. De son côté le ministre du Commerce et de l'industrie a souligné que les responsables de l'Université de Fès ont été rapides et ont répondu favorablement au plan de développement régional des cités de l'innovation présenté par le ministère.

«Cette bonne réactivité a permis la signature le 1er mars 2011 à l'occasion du 2ème Sommet de l'innovation, d'une convention-cadre pour la mise en place de la cité de l'innovation de Fès entre le MICNT et l'USMBA, l'élaboration d'un plan d'action pour la mise en place des différentes composantes de la cité de l'innovation de Fès, le lancement des discussions avec le Technopark de Casablanca au sujet de la gestion de l'espace d'accueil de la cité de l'innovation de Fès, la préparation d'un schéma de réaménagement de la cité et du business plan relatif à la gestion de l'espace d'accueil et le lancement d'un appel à projets auprès des structures de recherche de l'USMBA pour identifier les projets de R&D pouvant être hébergés dans l'espace R&D de la cité de l'innovation de Fès », explique-t-il. Aujourd'hui, sur de bons rails, la cité d'innovation va accueillir 14 premiers projets identifiés.

Il reste l'élaboration du statut de l'Association de l'innovation, l'identification des partenaires potentiels publics et privés en tant que membres de l'Association et l'élaboration du cahier de charges et du contrat relatifs à la concession. Les retombées économiques de ce projet pour la région de Fès sont importantes. La cité peut, selon Ahmed Réda Chami, accueillir 20 projets en incubation simultanément et par cycle d'incubation (1,5 à 2 ans), 10 spin off et entreprises technologiques dans la pépinière et l'espace entreprises. Il est aussi attendu une croissance de 20%/an du volume des contrats de la R&D de l'USMBA en plus de l'insertion professionnelle des doctorants (plus de 33% de projets de doctorants étudiés/incubateur) et l'accueil de 50% de l'offre de formation continue de l'université (en particulier domaines technologiques) et des engagements de contrats de R&D > 10 MDH pour les 3 premières années d'activité », ajoute t-il. Et sont ciblés essentiellement les entreprises innovantes, les doctorants /Chercheurs, les porteurs de projets et les diplômés ingénieurs.

Pour le financement de ce chantier, le ministère a mis en place de nouveaux instruments. Il s'agit du programme de soutien à la R&D technologique doté d'une enveloppe de 50MDH et des Fonds de soutien à l'innovation d'une enveloppe globale de 400MDH. Le Fonds d'amorçage de l'innovation étant en cours.
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Questions à : Farissi Esserghini • Président de l'Université Sidi Mohammed Ben Abdellah.

«Objectif : valoriser la recherche et assurer un retour sur investissement du CURI»

• Pourquoi la transformation du CURI en cité d'innovation ?

La transformation du CURI en Cité de l'innovation répond à un grand besoin de l'Université pour valoriser la recherche et assurer un retour sur investissement du CURI. Celui-ci a coûté depuis sa création en 2006, à l'Université quelque 56 millions DH. Il est doté d'équipements et de matériels d'analyses dernier cri. Mais nous n'arrivons pas à le valoriser. Nous étions d'ailleurs en cours de créer une joint-venture avec un partenaire français pour justement valoriser le CURI et les 80 laboratoires que nous avons regroupés en cinq pôles: Le cluster sur l'eau, l'environnement et développement rural lancé avec des partenaires nationaux et étrangers, le pôle sur les plantes médicinales et aromatiques, le pôle sur le patrimoine culturel, le pôle sur les technologies de l'information et de communication, le pôle sur la biochimie et la biologie et le pôle sur le dialogue des civilisations. Et passer d'une gestion bureaucratique à une gestion entrepreneuriale au service de nos partenaires régionaux locaux et nationaux. Mais dès qu'une commission du ministère du Commerce et de l'Industrie nous a proposé le plan de développement régional des cités de l'innovation, nous avons été séduits et convaincus des retombées aussi bien scientifiques qu'économiques de ce plan.

• Et le projet de joint-venture avec le partenaire français ?

Nous avons laissé tomber le projet de joint-venture pour adhérer à la stratégie du ministère qui répond à nos objectifs et ambitions. Nous avons ainsi proposé la transformation du CURI en cité d'innovation au lieu de perdre du temps à construire de nouveaux locaux. Nous avons réagit rapidement parce que nous étions sur la même longueur d'onde avec le ministère. Celui-ci cherche à valoriser l'innovation et la recherche scientifique à travers l'implantation des clusters et l'Université Sidi Mohammed Ben Abdellah a aussi dans le cadre de sa stratégie de valorisation de la recherche a implanté des clusters pour rapprocher les chercheurs des entreprises. Il nous fallait juste des partenaires pour nous permettre de booster nos projets. Et le ministère, avec son projet de cités d'innovations, nous ouvre des horizons prometteurs.

• Est-ce que l'Université cède totalement la gestion du CURI transformé en cité d'innovation au ministère du Commerce et de l'industrie ?

Le projet est composé d'un espace recherche et développement orienté vers le marché dont la gestion sera confiée à une association comprenant des partenaires et experts de choix tels que la CDG et des bailleurs de fonds, un espace d'accueil comprenant un incubateur et une pépinière dont la gestion sera concédée à une société de gestion. Et enfin il y a la création d'une société de valorisation de la recherche et développement. Les termes de la convention entre le ministère de l'Industrie et l'Université de Fès sont d'ailleurs clairs. Il s'agit pour les deux parties de renforcer leur partenariat en vue de mobiliser leurs moyens et compétences pour redynamiser le CURI et lui donner un nouveau souffle en l'érigeant en cité de l'innovation. Il s'agit aussi de promouvoir la recherche et développement, l'innovation et le transfert technologique au sein des entreprises. Il est question surtout du rapprochement entre l'entreprise et l'Université et la promotion à la création de l'entreprise innovante. C'est un partenariat gagnant-gagnant pour les différents intervenants et pour un Maroc meilleur.
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