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L'épargne nationale augmenterait en 2012

L'accroissement de l'épargne nationale serait dû notamment à l'amélioration de l'épargne intérieure qui représenterait 24,1 % du PIB en 2012 au lieu de 23,4 % en 2011.

04 Juillet 2011 À 15:45

L'épargne nationale, qui joue un rôle économique stratégique, puisqu'elle permet d'assurer un schéma de financement sain de l'économie nationale et de préserver un niveau d'endettement soutenable, devrait se réinscrire l'année prochaine dans une tendance haussière, après une baisse prévue cette année. En effet, d'après le Haut commissariat au Plan (HCP), l'épargne nationale devrait passer de 30,8% du PIB en 2010 à seulement 30,4% cette année, avant de repartir à la hausse en 2012 pour se situer à 31,1% du PIB. Cette amélioration est due notamment à l'épargne intérieure qui représenterait 24,1% du PIB en 2012 au lieu de 23,4% en 2011. Parallèlement, les revenus nets en provenance de l'extérieur se maintiendraient à environ 7% du PIB.
Toutefois, parallèlement, le besoin de financement s'accroîtrait également. Il serait de l'ordre de 4,6% du PIB au lieu de 4,3% en 2011, compte tenu du taux d'investissement qui représenterait 35,7% du PIB en 2012, selon les estimations du HCP. Mais globalement, il est prévu, selon le même organisme, que l'accroissement de la consommation finale nationale serait moins élevé que celui du PIB nominal. Ce qui permettrait de dégager une amélioration des capacités de l'économie nationale à mobiliser des parts importantes du revenu intérieur pour l'investissement. Pour l'année en cours, le HCP prévoit que le volume de l'investissement brut devrait se situer à près de 34,7% du PIB.

Par ailleurs, cette amélioration en vue de l'épargne intérieure serait due notamment aux augmentations de salaires opérées aussi bien dans le secteur public que privé. Car, certes, ce supplément de revenu va servir en priorité la consommation, mais les ménages devront allouer une partie à l'épargne. Il est à noter à ce sujet, d'après le ministère des Finances, que les ménages consacrent, en moyenne annuelle, 82,8% de leur revenu disponible brut à leurs dépenses de consommation et réservent près de 17,4% à leur épargne brute.
En outre, compte tenu de l'accélération du rythme des investissements depuis 2007, l'épargne couvre de moins en moins les investissements, dégageant ainsi un déficit structurel de financement, selon l'Observatoire de l'entrepreneuriat (BMCE). Avec les besoins grandissant du Trésor, ce déficit se traduit par l'exacerbation des tensions sur les liquidités bancaires. En fait, on note, selon l'Observatoire, une croissance continue du rythme de progression des crédits par rapport aux dépôts : le taux d'emploi a évolué de 76,5% en 2002 à 87,3% en 2009 et 94% au premier trimestre 2010. Il est à rappeler qu'en 2009, on a observé un coup de frein à l'épargne nationale brute qui n'a progressé que de 0,6%, avec 228 milliards de DH, après avoir enregistré un accroissement de 13,7% en 2008 et une augmentation annuelle moyenne de 8,6% entre 2003 et 2007.

La décélération de l'épargne nationale s'explique essentiellement, selon le ministère des Finances, par la baisse importante des transferts des MRE. En effet, après près d'une décennie de hausse régulière, ces transferts ont marqué une rupture en 2008 en enregistrant une baisse de 3,5% pour se situer à 53,1 milliards de DH, contre une hausse de 15% en 2007. Ce recul s'est transformé en trend baissier, avec un recul annuel des volumes transférés de 5,3% en 2009 par rapport à 2008, en lien avec les effets de la crise chez les principaux partenaires du Royaume. Par conséquent, l'épargne extérieure, qui représentait 9% du PIB en 2007 et 8,2% en 2008, est passée à 5,9% en 2009, ramenant sa part au niveau de l'épargne nationale à 19,1% en 2009, contre 24,8% en 2008 et 27,8% en 2007.

Besoins de financement en hausse

Les besoins de financement du Maroc ne cessent de s'accroître, essentiellement avec le lancement des différents plans sectoriels et projets d'infrastructure. Le montant nécessaire à la réalisation de ces projets est estimé à plus de 300 milliards de DH, ce qui impose une meilleure mobilisation de l'épargne, selon l'Observatoire de l'entrepreneuriat.
Or, fait-il remarquer, le type d'épargne mobilisé est incompatible avec le financement des grands projets étalés sur le long terme (10-20 ans). En effet, 70% de l'épargne au Maroc est constituée de placements liquides à court terme ne permettant pas le financement d'investissements structurants. L'épargne de moyen et long termes (bons du Trésor, OPCVM, titres de sociétés, épargne institutionnelle, obligations, fonds d'investissement) reste limitée, autour de 6% du PIB.
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