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L'ONDA atteint son altitude de croisière

«L'ONDA est un prestataire de services et non un bâtisseur d'infrastructures. Le statut d'entreprise publique n'est pas antinomique avec la performance.» Le ton est ferme et décidé. C'est un véritable exercice de transparence auquel s'est livré le directeur général de l'ONDA, Dalil Guendouz, lors de sa rencontre avec la presse hier à Casablanca. L'occasion pour lui de présenter sa nouvelle vision du voyage et surtout le bilan de l'Office depuis sa nomination le 2 février 2010.

Le capital humain et la logique de résultats au cœur du nouveau plan stratégique 2011-2016.

25 Octobre 2011 À 20:37

D'un point de vue commercial, malgré la crise du secteur à l'échelle internationale, l'ONDA parvient tout de même à réaliser une croissance à deux chiffres, ce qui dénote la confiance dont jouit l'infrastructure aéroportuaire marocaine. En effet, le chiffre d'affaires de l'année 2010 a progressé d'environ 10 % pour atteindre 2,6 milliards de DH. Les revenus de l'Office, rappelons-le, proviennent essentiellement des redevances aéroportuaires (1,164 milliard de dirhams), suivies des redevances de survol (1,04 MMDH), puis les ressources extra-aéronautiques (concession commerciale, location de services ou de terrains industriels pour 397 millions de DH).

En termes de trafic, le nombre de passagers transitant par les 25 aéroports du Royaume a atteint 15 millions de personnes en 2010, soit une hausse de 15%, contre une moyenne mondiale de 6 %. «L'aéroport de Nador affiche la quatrième plus grande croissance mondiale, soit +39 %», souligne le DG de l'Office. «Tous les indicateurs commerciaux sont au vert», se félicite-t-il. Seul bémol, l'activité du fret qui, quand elle ne stagne pas, s'inscrit en légère baisse (-1% à 55 mille tonnes en 2010). Interpellé par ce constat, le management a lancé en février dernier une étude dans l'objectif de définir le futur positionnement stratégique de l'Office dans la chaîne logistique des services de fret aérien. «Les installations fret doivent absolument être concentrées à Casablanca, Rabat, Tanger et Agadir», a conclu l'étude. L'enveloppe budgétaire estimée pour la mise à niveau des plates-formes du nouveau schéma directeur s'élève à 865 millions de DH.
Une autre étude, non moins importante, concerne le segment du Handling (assistance en escale). Lancée il y a six mois, ses résultats ont permis de définir un plan d'action s'étalant sur la période allant de 2011 à 2018. Parmi ces actions figurent un nouveau modèle de gestion de la qualité ainsi qu'une révision des grilles tarifaires.

Le capital humain, insiste le DG de l'ONDA, sera au cœur du nouveau plan stratégique 2011-2016. Désormais, une logique de résultats doit prévaloir sur celle de moyens. «Le nouvel organigramme, annoncé en août dernier, s'accompagne par des contrats d'objectifs déclinés par pôles et par directions», annonce Dalil Guendouz. En revanche, certaines vérités révélées hier donnent à réfléchir. Des 2 650 collaborateurs de l'Office, plus de 53 % ne possèdent pas le baccalauréat. Pis encore, 12 % des effectifs partiront à la retraite en 2016, voire 30 % à l'horizon 2021. Sachant qu'en parallèle, même si la capacité du trafic ainsi que la surface aéroportuaire exploitée ne cessaient d'augmenter depuis 2001, l'effectif, lui, serait resté quasiment stable.

Notons enfin qu'un programme de 316 départs volontaires est prévu au cours des cinq prochaines années. En attendant sa concrétisation, place à l'optimisation des ressources existantes.
En effet, l'Office compte lancer un plan de formation dédié à 700 ingénieurs, 300 contrôleurs et 110 électroniciens de la sécurité aérienne d'ici 2016. Globalement, l'ONDA s'engage à affecter 2,5 % de sa masse salariale à la formation continue du personnel, alors que jusque-là, seuls environ 0,5 % y étaient consacrés.

Aéroport Mohammed V : nouveau look dès l'été 2012

Si le tramway est appelé à révolutionner le schéma de circulation urbaine de Casablanca, le team Dalil Guendouz, lui, veut faire de même au niveau de l'aéroport Mohammed V. Dès son arrivée, il avait opté pour l'arrêt immédiat du chantier du terminal 1. Une décision judicieuse, se défend le DG de l'ONDA, suite notamment aux conclusions d'une étude mandatée auprès du cabinet espagnol Ineco. Celle-ci avait relevé divers zones de défaillance en termes de trafic, de fonctionnalité, d'architecture et de traitement de bagages. La géométrie du terminal 1 impose une partie centrale de dimensions très petites, ce qui induit des problèmes de gestion des files d'attente, étant donné que cette zone était dédiée à la fois à l'enregistrement, aux filtres de passeports, à la sûreté et à l'embarquement. La reprise des travaux du terminal 1, annonce l'ONDA, débutera le 1er novembre 2011 pour s'achever au cours de l'été 2012. Quant au terminal 2, sa finalisation est prévue pour l'été 2012. D. Guendouz annonce par ailleurs l'allègement des procédures réservées aux vols domestiques, lesquels seront séparés des vols internationaux au départ comme à l'arrivée.
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