LE MATIN
23 Juin 2011
À 17:58
Le deuxième accord sera-t-il le bon? En tout cas, les responsables au ministère de la Justice croisent les doigts pour que la réunion d'aujourd'hui puisse aboutir sur un arrêt définitif du mouvement de protestation initié par les greffiers de Justice. Cinq mois après la signature d'un premier accord, le ministère de la Justice et les responsables du SDJ (syndicat démocratique de la Justice), affilié à la FDT (fédération démocratique du travail) vont sceller un nouvel accord. En effet, le SDJ, syndicat majoritaire dans le secteur, a annoncé dans un communiqué la suspension de son mouvement de protestation après la décision des responsables gouvernementaux de satisfaire ses revendications. Le conseil national du syndicat réuni dans une session extraordinaire, a accepté les propositions du gouvernement pour arrêter le mouvement de débrayage. Ainsi, des augmentations nettes oscillant entre 800 et 2900 dirhams seront ajoutées aux salaires des greffiers en plus des 600 dirhams ajoutés dans le cadre du dialogue social pour tous les fonctionnaires du secteur public. Le gouvernement a proposé également l'institution d'indemnités pour les heures supplémentaires et la permanence. En outre, de nouveaux grades seront créés et le pourcentage des promotions sera augmenté pour atteindre 36%.
Enfin, l'échelle 7 sera supprimée alors que les administrateurs et techniciens embauchés après la publication du décret 2-08-71, seront titularisés. Cette fois-ci les deux protagonistes semblent être déterminés pour mettre un terme à un conflit social qui dure depuis des années. Si les premiers signes de tensions entre le ministère de tutelle et les greffiers de Justice sont apparus lorsque Abdelwahed Radi était toujours chargé du portefeuille de la Justice, le conflit a pris une autre tournure après l'arrivée de Me Mohammed Naciri à la tête du ministère. Une série de grèves décrétée par les différents syndicats des fonctionnaires de la Justice, avait fini par paralyser l'ensemble des tribunaux pendant une période prolongée. Les dégâts se chiffraient à des millions de dirhams et pis encore, les justiciables et les avocats ont commencé à manifester leur ras-le-bol. C'est ainsi qu'un premier accord est signé le 14 février dernier. L'accord portait sur la présentation au Parlement d'un projet d'amendement du statut général de la fonction publique pour permettre aux fonctionnaires de la justice de bénéficier d'un statut particulier. Il prévoyait le déblocage des émoluments dus aux fonctionnaires au titre de l'année 2010. Mais l'accalmie qui s'est installée après la signature de ce premier accord n'aura duré que quelques semaines. Les grèves ont repris de plus belle. Les syndicats ont affirmé alors que le gouvernement n'a pas honoré toutes les clauses de l'accord.
Et les tribunaux ont replongé de nouveau dans une paralysie quasi-générale. La situation était devenue plus délicate après l'annonce de l'association des Barreaux du Maroc d'organiser un sit-in devant le Parlement. Mais l'association vient de suspendre toutes les décisions de son bureau après que le ministère de la Justice soit parvenu à un accord avec les représentants des fonctionnaires pour l'arrêt des grèves. L'association a justifié, dans un communiqué, sa décision par le fait d'avoir reçu une correspondance qui lui a été adressée par le ministre de la Justice, l'informant sur l'aboutissement à un accord avec les représentants des fonctionnaires du ministère relatif à l'arrêt des grèves du personnel de la Justice et la satisfaction des revendications de cette catégorie.
A noter enfin que le SDJ a manifesté des réserves concernant notamment la distribution des augmentations salariales ainsi que le rabaissement des années de fonction pour demander une promotion. En dépit de ces réserves, les syndicalistes assurent que la décision de suspendre les grèves est définitive.