LE MATIN
06 Juin 2011
À 18:17
«La dernière réunion que nous avons eue avec les responsables remonte au mois de mars 2010. Nous avons à plusieurs reprises attiré l'attention du ministère sur la nécessité de prendre en considération les revendications des inspecteurs du travail mais en vain. Nous avons donc décidé d'observer une grève nationale d'un jour. Le choix du 8 juin comme une date pour notre débrayage est un choix symbolique, puisqu'il coïncide avec l'entrée en vigueur de l'actuel code du travail», affirme Abdessamad Assim, secrétaire générale du syndicat national des inspecteurs et des fonctionnaires du ministère du Travail. Les syndicalistes sont même allés jusqu'à demander l'intervention du Premier ministre pour accélérer l'ouverture d'un dialogue entre les fonctionnaires et le ministère de tutelle.
C'est dire que les relations entre les deux parties sont devenues très tendues. «Le but de notre débrayage est d'attirer l'attention sur les conditions actuelles dans les inspections de travail. D'ailleurs, nous ne serons pas les seuls à observer une grève. Trois autres syndicats, affiliés notamment à la FDT, l'UGTM et la CDT, ont appelé également à une grève le 8 juin pour des raisons similaires liées globalement aux conditions du travail», poursuit M. Assim. Pour ce dernier, de nombreux points contenus dans le dossier revendicatif des syndicats restent toujours en suspens. Les syndicats demandent ainsi l'instauration d'un statut spécial pour les inspecteurs en conformité avec les conventions internationales 81 et 129 sur l'inspection du travail.
Une source syndicale affirme que le statut entré en vigueur en 2007 est resté en deçà des aspirations des fonctionnaires. Selon la même source, le statut n'aurait rien apporté de nouveau concernant les indemnités. Or cette question figure parmi les priorités des grévistes. Les syndicalistes revendiquent ainsi la mise en place de critères communs pour calculer les indemnités octroyées aux inspecteurs pour les visites de contrôle, quels que soient leurs grades. «Nous rencontrons également un grave problème au niveau des ressources humaines. Cela s'applique également à la formation puisqu'un seul institut de formation existe à Rabat sans pour autant jouer un rôle important», explique le secrétaire général du syndicat.
Par ailleurs, les syndicalistes demandent de régulariser la situation de certaines inspections du travail. Le dossier revendicatif des grévistes contient des points supplémentaires qui touchent à d'autres aspects ayant trait au travail quotidien des inspecteurs.
Rappel
Les syndicats affirment qu'ils sont prêts à entamer un dialogue sectoriel pour discuter avec les responsables de toutes ces questions. Pour rappel, les syndicats avaient décidé de ne pas travailler le 1er mai dernier. De même, le ministère avait connu une série de grèves et de sit-in observés par les fonctionnaires des Caisses des allocations forfaitaires de travail (AFT). Contactés pour avoir leurs réactions après l'annonce de cette grève nationale, les services du ministère sont restés injoignables.