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La rébellion dans l'embarras

Les principaux responsables politiques de la rébellion libyenne étaient très embarrassés et se refusaient mardi à tout commentaire sur Seif al-Islam et Mohamed, deux des fils du colonel Mouammar Kadhafi, dont ils avaient annoncé l'arrestation la veille à Tripoli.

23 Août 2011 À 19:01

Sollicités par l'AFP à Benghazi (est), plusieurs responsables haut-placés au sein du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion, ont refusé de s'exprimer à ce sujet.
Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a tenu une conférence de presse dans la matinée à l'occasion de la visite du ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, mais n'a à aucun moment abordé le sujet, ignorant les questions pressantes des journalistes internationaux. La veille, M. Abdeljalil avait affirmé que Seif al-Islam et son frère Mohamed Kadhafi, deux des fils du Guide libyen, avaient été arrêtés dimanche à Tripoli par des combattants rebelles lors de leur avancée éclair dans la capitale. Les deux hommes sont «entre de bonnes mains, et sous contrôle de nos révolutionnaires», avait-il assuré.

Mohamed est parvenu à s'échapper, selon une source rebelle, qui n'a donné aucune précision sur les circonstances de son évasion. Et Seif al-Islam a fait une apparition surprise dans la nuit de lundi à mardi devant des journalistes dans la résidence Bab Al-Aziziya du colonel Kadhafi, ainsi que dans un hôtel proche, renforçant le sentiment de confusion régnant à Tripoli depuis le lancement de l'offensive rebelle. «Nous aurions pu les emprisonner, mais nous avons souhaité qu'ils soient bien traités», a simplement commenté une source rebelle, sous couvert de l'anonymat, laissant entendre que les deux hommes avaient été simplement placés en résidence surveillée. «La situation à Tripoli reste très confuse», a expliqué à l'AFP un autre membre du CNT, qui a également requis l'anonymat. «Les communications entre Tripoli et Benghazi sont également très difficiles, personne n'a une idée claire de la situation», a reconnu cette source. «J'ai reçu plusieurs scénarios sur l'évasion de Mohamed, il y a énormément de questions qui restent sans réponse: je n'ai pas compris notamment comment il avait conservé des gardes armés à ses côtés après son arrestation», s'est interrogé le même responsable, qui n'a pas exclu une «manipulation».
Le numéro deux de la rébellion, Mahmoud Jibril, doit s'exprimer mardi dans l'après-midi sur le sujet, au cours d'une conférence de presse spéciale à Benghazi, ont assuré les services de communication du CNT.

Au-delà de leur impact psychologique sur le terrain, en pleine bataille de Tripoli, la fuite de Mohamed puis l'apparition surprise constituent incontestablement un sévère camouflet pour le numéro un de la rébellion et la direction politique du mouvement. Cela pose une nouvelle fois la question de la crédibilité du CNT, comme de sa réelle emprise sur les combattants sur les lignes de front.
Le mystérieux assassinat du chef d'état-major de la rébellion le 28 juillet dernier, les dissensions croissantes entre ses dirigeants mais également le peu de progrès sur le terrain militaire suscitaient jusqu'il y a encore quelques jours de nombreuses interrogations. Ces interrogations ont depuis lors été balayées par les avancées des rebelles à partir de la mi-août.

Le trafic internet redémarre en Libye

Le trafic internet a commencé à redémarrer en Libye dans la nuit de dimanche à lundi, a confirmé mardi à l'AFP la société Cedexis, spécialisée dans l'optimisation des réseaux et qui surveille par conséquent de près leur fonctionnement. «Le trafic monte et vient d'être multiplié par 7,8» en Libye entre dimanche et lundi, a indiqué à l'AFP Julien Coulon, le cofondateur de Cedexis, qui se définit comme un «aiguilleur du net».
La société est en mesure de compiler les requêtes en provenance de la Libye sur les sites qu'il compte comme clients, tels que lemonde.fr, les sites d'Euronews ou de France Télévisions, mais aussi dailymotion ou encore Netlog, un réseau social de type Facebook assez populaire au Maghreb.

«On n'est pas encore au niveau de mars 2011 mais ça redémarre», a ajouté M. Coulon. Toutefois, le trafic libyen «reste encore timide» par rapport à la période avant le conflit en Libye, a-t-il estimé.
Des habitants de la capitale Tripoli avaient indiqué dès lundi que, pour la première fois depuis le début de l'insurrection en Libye, mi-février, la connexion à internet était à nouveau disponible dans certains quartiers.
Les services internet et les SMS avaient été coupés dès le début de la crise libyenne par le régime de Mouammar Kadhafi.
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