Suite aux différentes actions nationales lancées telles que l'Initiative nationale du développement humain (INDH), le Programme de conservation et de développement des forêts, charte sur l'environnement, Plan Maroc Vert, plan énergétique et tenant compte des nouvelles orientations au niveau international (Stratégie décennale pour le renforcement de la mise en œuvre de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, adaptation aux changements climatiques, financement de la dégradation des terres par le Fonds pour l'environnement mondial, etc.), le Maroc, a engagé le processus d'actualisation du Programme d'action national de lutte contre la désertification (PANLCD).
LE MATIN
18 Juin 2011
À 18:01
« La désertification touche toutes les régions du pays à des degrés différents. Pour lutter efficacement contre ce phénomène naturel, qui concerne notre pays à plus de 90%, nous devons opter pour la coordination des initiatives réalisées dans ce domaine et abandonner l'approche sectorielle», a souligné Omar Mhirit, spécialiste de la forêt, lors de la présentation de l'étude « Adaptation du Programme d'action national de lutte contre la désertification (PANLCD) aux spécificités zonales ». Une rencontre organisée par le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLD) pour célébrer la Journée mondiale de la lutte contre la désertification du 17 juin sur le thème « Les forêts maintiennent le fonctionnement des terres arides » à l'institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II à Rabat.
Désormais, l'adaptation du PANLCD s'appuie sur huit «zones homogènes». Cinq objectifs stratégiques ont été fixés à ce nouveau programme. Primo, gérer durablement les ressources naturelles en les valorisant selon leurs potentialités tout en réduisant la pression humaine. Secundo, diversifier les activités par la mise en place d'actions génératrices de revenus. Tertio, mettre en œuvre efficacement ce programme par la diminution de la pauvreté et la gestion rationnelle des ressources naturelles. Quant au quatrième objectif, il s'agira d'assurer une meilleure connaissance des phénomènes de désertification et dégradation des terres et leur suivi et évaluation. Enfin, le cinquième objectif consiste à mobiliser des ressources en faveur de la mise en œuvre du PANLCD au niveau national et international. Cette feuille de route guidera l'action de l'ensemble des acteurs associés à la lutte contre la désertification. « Il s'agit d'assurer l'aménagement des bassins versants et renforcer les programmes de conservation des eaux et du sol pour réduire l'érosion hydrique et la dégradation des sols sur 6 millions d'hectares à l'horizon 2030 », a ajouté M. Mhirit. Autres actions prévues, la lutte contre l'ensablement avec une cadence moyenne annuelle de fixation des dunes de l'ordre de 800 à 1000 ha dans les régions menacées ainsi que la réhabilitation et la reconstitution des écosystèmes forestiers et des espaces boisés pour renforcer le rythme de la régénération des forêts naturelles afin de couvrir une surface de 10 000ha/an et en accélérant la cadence des reboisements pour atteindre une surface de 40 000 ha/an sur dix ans.
La lutte contre la désertification devra aussi passer selon ce PANLCD actualisé par l'aménagement des espaces de parcours permettant de réduire la pression pastorale et la dégradation des terres sur une surface de l'ordre de 6 millions d'hectares pour les dix prochaines années. Autre axe prévu dans cette guerre contre la désertification, la lutte contre la pauvreté par le développement de l'agriculture solidaire en zones pluviales : reconversion des exploitations fragiles, substitution des cultures extensives par des arbres fruitiers (olivier, amandier, figuier, dattier, etc.) à haute valeur marchande sur 175 000 ha. « Pour chaque zone homogène, nous allons proposer des projets fédérateurs qui se réaliseront avec les principaux acteurs concernés», a indiqué Mohamed Ghanam du HCEFLD.
Expériences internationales
Le Maroc a adhéré à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) en 1994 et l'a ratifiée en 1996. Pour honorer ses engagements à l'égard de la communauté internationale d'une part, et afin de dynamiser les programmes sectoriels d'autre part, le Royaume a adopté un Programme d'action national de lutte contre la désertification (PANLCD) en juin 2001. L'option retenue par ce programme a été de privilégier les mesures susceptibles de compléter les programmes sectoriels existants, de catalyser leur mise en œuvre et de promouvoir une véritable dynamique de développement, basée sur l'intégration, la territorialisation, le partenariat et l'approche participative. Si le PANLCD a enregistré des acquis dans plusieurs domaines, néanmoins des insuffisances demeurent au niveau conceptuel et en matière d'approches, d'où la nécessité d'ajustements pour l'actualiser à la lumière notamment des expériences internationales.