L'humain au centre de l'action future

Du melhoun à El Jadida

Après le succès éclatant du Festival «Jawhara», Azemmour et El Jadida abriteront durant trois nuits ramadanesques la première édition du festival international des Malhouniyat «Malhouniyat Azemmour». Et ce, les 11,12 et 13 août.

08 Août 2011 À 17:59

La première édition du festival international des Malhouniyat, qui se teindra du 11 au 13 août, sera l'occasion idoine pour le public d'Azemmour, fief du Malhoun, et d'El Jadida de renouer avec leur histoire, leur culture ancestrale et leur identité. Ce festival leur permettra surtout de savourer les charmes de cet art qui fait la gloire de cette région et de plonger dans la magie du verbe peaufiné en prouesses métriques et poétiques.
Des spectacles des plus féeriques alliant le religieux, le profane et le fantastique seront offerts au public d'Azemmour et d'El Jadida. Mouâad El Jamaï, gouverneur d'El Jadida, ambitionne à travers ce festival célébrer cet art du Malhoun zemmouri et rendre hommage à ses hommes et aux artistes qui s'efforcent à le préserver contre toute déperdition et défiguration. Ainsi, à travers ce grand art, qui constitue la mémoire collective de tout un pays, le public pourra se rendre compte que le Malhoun reste l'une des formes d'art qui joue le rôle de trait d'union entre son présent et son passé et qui traduit ses préoccupations quotidiennes.

Placée sous le signe «L'art du Malhoun, un moyen de dialogue des genres et des cultures «, cette manifestation culturelle inscrit sa démarche dans l'héritage poétique et musical des maîtres précurseurs de cet art à Azemmour, comme Ahmed Berkia, Ben Messaoud El Hejjam, Mekki Ouajjou, Jilali Labsir et autres. Au menu de cette édition, trois nuits ramadanesques: nuit du Malhoun, nuit du patrimoine méditerranéen et nuit des Andaloussiyates. C'est une première dans le genre puisque le Malhoun, musique andalouse, et l'Aïta meubleront dans un élan de fusion l'espace esthétique et artistique de la place Abraham Moul Niss à Azemmour et le parc Mohammed V à El Jadida (ou l'espace Labrija). Les habitants d'Azemmour et d'El Jadida auront également l'occasion d'explorer de nombreux styles musicaux, tels le Fado (Portugal), le Flamenco (Espagne) et bien d'autres (Algérie, Turquie...). En effet, les cinq soirées de ce festival (3 à Azemmour et 2 à El Jadida), organisées par l'Association provinciale des affaires culturelles, en collaboration avec la commune urbaine d'Azemmour et en partenariat avec l'OCP et le soutien du Conseil régional Doukkala-Abda, seront agrémentées de spectacles offerts par plusieurs maestros marocains, maghrébins, portugais et espagnols: Haj Mohammed Bajeddoub, Abdelkader Chaou(Algérie), Haj Abderrahim Rahimi, Ouled Bouâazzaoui, Asmaâ Lazrak, Mohammed Rouicha, Abdelâali Labriki, orchestre Abdelkrim Raïs, Mohammed Briouel, Abidate Rma Ouled Attouch d'Oued Zem, Nabil El Jaï, Troupe Sahara Boukraâ, Troupe musicale de Turquie, Mohamed Soussi, Majda Al Yahiaoui, l'orchestre Chabab Al Andalous de Salé, la Star du Flamenco Ana Ramon (Espagne), la Star du Fado Cuca Roseta (Portugal).

Ainsi, le public jdidi appréciera, jeudi 11 août, une grande soirée musicale animée par la star portugaise du Fado, Cuca Roseta, et Mohammed Briouel et son orchestre tandis que le vendredi 12 août, Mohammed Rouicha, Ouled Bouâazzaoui, Mohamed Soussi, Abdelâali Talbi, Asmaâ Lazrak et Abdelkader Chaou offriront au public jdidi une soirée haute en couleur. A Azemmour, le programme prévoit le 11 août la nuit d'Oum Rbia animée par Mohammed Rouicha, Ouled Bouâazzaoui, Haj Abderrahim Rahimi, Mohamed Soussi, Asmaâ Lazrak et Abdelkader Chaou. Le 12 août, les Zemmouris apprécieront les rythmes de la nuit Andalouse animée par la star espagnole du Flamenco, Ana Ramon, l'orchestre Chabab Al Andalous de Salé et Haj Mohammed Bajeddoub. Quant à la nuit de la Roche, qui aura lieu le samedi 13 août, elle sera animée par Abidate Rma Ouled Attouch d'Oued Zem, par la troupe Sahara Boukraâ, Haj Abderrahim Rahimi, Abdelâali Labriki d'Erfoud et la troupe musicale de Turquie qui offriront au public zemmouri une soirée inoubliable. Toutes ses soirées seront animées et présentées par Majda Al Yahiaoui et Nabil El Jaï.
Mais pourquoi du Malhoun dans les Doukkala ?
Selon Abdel Ilah Jennane, directeur du festival : «Azemmour, fief du Malhoun, et El Jadida, chef-lieu des Doukkala, ont besoin de retrouver leur authenticité. Et c'est à travers les festivals de la musique universelle ou traditionnelle tels que «Jawhara» et «Malhouniyat Azemmour» que l'on pourra perpétuer la tradition artistique savante et populaire de notre pays qui est une terre de tolérance et de cohésion. L'objectif visé à travers le «Malhouniyat Azemmour» est de mettre en valeur la musique marocaine traditionnelle et fidéliser un public local, national et étranger ». Et d'ajouter : «Cette première édition est l'occasion de faire connaître les artistes zemmouris qui ont véhiculé cet art à travers leurs célèbres œuvres.
De fait, ce festival international rend un vibrant hommage aux poètes, chanteurs et musiciens zemmouris de renom, tels Ahmed Berkia, Ben Messaoud El Hejjam, Mekki Ouajjou, Jilali Labsir... Grâce à ces gens, l'art du Malhoun a pu être vulgarisé durant plusieurs siècles».
À noter que l'organisation des festivals «Jawhara» et «Malhouniyat Azemmour» n'est qu'un premier pas dans une feuille de route culturelle et artistique que les villes d'Azemmour et El Jadida vivront tout au long de l'année. Et ce, grâce à la volonté et la détermination des responsables de la ville et de plusieurs personnes de la société civile.

Azemmour, symbole d'une culture raffinée

Azemmour était le fief du «Malhoun'', parvenu de Tafilalet. Mais elle est aussi un «lit fécond'' des arts plastiques que nous illustrent Chaïbia, Habbouli, Rahoul, Al Azhar, Dibaji et tant d'autres artistes. Azemmour tient aussi le flambeau de l'Aïta Doukkalia, en parallèle avec l'Aïta Abdiya. Elle rassemble également tout le prestige des arts traditionnels des Doukkala, en témoignent la tapisserie, la broderie, l'art culinaire, le tatouage... Le dragon brodé en couleur grenat, que les Marocains ne connaissent pas bien malheureusement, est un symbole d'une culture raffinée et d'un savoir-faire sans égal d'une région qui doit se sentir ‘‘timide'' en comparant son présent à son passé.
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