Si cette ville aux origines ancestrales dégage un air de quiétude et de sérénité et semble engagée à sa manière dans la course du développement à l'instar des autres villes du Royaume, ses atouts constituent des fondements solides au service de sa relance.
La splendeur de ce rivage se révèle dans ses deux plages et également dans la somptuosité de leurs sites et la qualité de leur sable.
LE MATIN
22 Octobre 2011
À 15:55
De par son originalité, sa spécificité historique et géographique, et de par son patrimoine civilisationnel, Safi possède toutes les composantes et les atouts nécessaires lui permettant de se placer parmi le gotha des villes touristiques les plus prisées du pays. Pour peu que certains projets structurants en suspens et souffrant depuis des années durant soient mis en chantier sans plus aucun retard. Le transfert du port minéralier, par exemple, prévu en face des installations du complexe chimique, la réhabilitation du port actuel à travers la création d'une ligne maritime pour le commerce, la mise en place d'un terminal à conteneurs pour l'import export, la construction d'une plage de plaisance ou encore d'une voie rapide reliant Safi-Marrakech dont la réalisation ne peut plus attendre eu égard à l'état de dégradation très avancé de cette route régionale qui relie deux principaux pôles économiques d'une région aussi prometteuse.
Le retard continu et incompréhensible apporté à la mise en chantier de ces grands projets a été d'un effet pervers dans la mesure où il continue toujours à hypothéquer le décollage de cette ville qui n'arrive plus à emboiter le pas pour s'inscrire dans la dynamique de développement enclenchée par notre pays sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu le glorifie. Face à cette situation qui ne fait que perdurer, Safi ne désespère pas et continue de croire en ses potentialités dont notamment le tourisme qui, comme précisé dans un récit rédigé par le professeur Mohamed Amine Serghini, constitue une opportunité intrinsèque de développement pour la ville. Dans son récit des faits, Amine Serghini, enseignant chercheur à la faculté des sciences , université Ibn-Zohr à Agadir et safiot de souche, met en relief l'intérêt virtuel que revêt cette ville de Safi, cité de la côte atlantique et de la poterie qui a connu, selon l'auteur, ses moments de gloire dans le passé grâce à la position géographique de son port, aux richesses de la région d'Abda et à la beauté de son site alliant la vallée de Chaâba, sa magnifique plage et la vue imprenable sur la médina depuis les hauteurs de Sidi Bouzid.
Si cette ville aux origines ancestrales dégage un air de quiétude et de sérénité semble engagée à sa manière dans la course du développement à l'instar des autres villes du Royaume, ses atouts constituent des fondements solides au service de sa relance. En effet, une des formes du tourisme la plus prisée aujourd'hui est le tourisme anti stress où le visiteur, national ou étranger, ne cherche que le calme et l'authenticité et revient vers la nature en fuyant tout produit à connotation artificielle. Et, c'est dans ce contexte que se dressent alors les tendances de la teinte touristique où Safi parait en mesure de s'engager. Dans une description vivante et pittoresque, l'auteur expose avec beaucoup de fidélité et précision le patrimoine dont dispose cette ville dont le rivage a su conserver tant du côté nord que côté sud, son caractère sauvage de rencontre entre la mer et la terre offrant une diversité alliant à la fois des plages d'une beauté rare et un faciés géologique rocheux digne des tableaux d'art. La splendeur de ce rivage se révèle dans ses deux plages et également dans la somptuosité de leurs sites et la qualité de leur sable. Il s'agit de la plage de la ville, là où la mer a su creuser de manière frontale les couches rocheuses qui se dressent en hauteur à Sidi Bouzid et se pointent en muraille naturelle et protectrice de la plage en question. L'autre plage étant celle de «Lalla Fatna», située à une encablure de 12 kilomètres au nord de la ville.
Du haut de ce rivage, la vue panoramique sur l'océan est captivante. Son sable doré suffisamment protégé par une coupe frontale en hauteur dans les couches rocheuses qui dissimulent jalousement ce site dont tout le monde s'accorde sur la particularité de son microclimat. Toujours au nord de la ville, une troisième plage dite «Sid Lboudala» se pointe à l'horizon et s'impose par son caractère vierge et sauvage. Paraissant comme une presque île et connue par la fraîcheur exceptionnelle de son climat très convoité en période de canicule ou en cas de quête de poisson de qualité. Il s'agit là d'un site qui fait également le bonheur des amateurs de pêche et des spéléologues et ce, grâce à sa grotte «Goraâni» qui rivalise avec la grotte «Charkarkar» située à 12 kilomètres au nord ouest de Chémaïa à proximité du lac salé de «Zima». Du coup, on s'aperçoit que la côte nord de la ville de Safi se dresse le plus souvent en hauteur face à la mer offrant ainsi des vues idylliques à l'image de celle du cap de Safi (ex Borj Nador), de Sidi Khlil ou encore de Sidi Bouchta où l'accès des pêcheurs à leurs barques en mer nécessite assez souvent des gestes on peu plus acrobatiques. Ce tronçon côtier abrite aussi Sidi Benkrara, un site apaisant connu par ses grottes et la qualité de ses eaux douces souterraines.
La falaise de Sidi Bouzid
En descendant la falaise de Sidi Bouzid en direction vers la ville, les grillades de poisson frais sont là pour offrir les délices de la sardine grillée et des plats cuisinés à la safiote à tout visiteur avisé. Il convient de rappeler dans ce cadre que l'art culinaire de Safi s'offre le privilège d'occuper encore et toujours une des positions les plus honorables au niveau de la cuisine marocaine. En allant vers le sud de la ville, on constatera non sans étonnement un paysage tout à fait contrastant par rapport à la partie nord. En effet, la côte située au sud de la ville offre, hormis le Jorf Lihoudi, Agraba et la falaise de Souiria, un paysage plutôt aplati jouxtant le niveau de la mer et dégage une quiétude jusqu'à la plage de Souira kédima dont l'aménagement récent mérite d'être souligné. La station balnéaire de Souira Kédima, une des plus prisées en été, notamment marquée par la forteresse dite «Agouz» ne se contente plus d'estivants saisonniers mais attire de vrais résidents qui viennent pour investir et s'y installer définitivement. Au-delà d cette plage, la côte reprend son air sauvage aride.