Spécial Marche verte

La biodiversité à l'épreuve de la gouvernance

Création officielle du comité marocain pour l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La conservation de la nature dans la région de la Méditerrannée passe impérativement par la concertation, l'entraide et une bonne communication entre les différents intervenants.

09 Octobre 2011 À 11:57

Les relations entre le Maroc et l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) viennent d'être renforcées par la création officielle du comité national pour l'UICN. La convention de partenariat pour la mise en place et le fonctionnement de ce comité, signée entre le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification (HCEFLD), la Société protectrice des animaux et de la nature (Spana), l'Association Ribat El Fath pour le développement durable (ARFD) et l'Association marocaine pour l'écotourisme et la protection de la nature (AMPNE), a été signée lors du Forum des membres de l'UICN d'Afrique du Nord, réuni du 5 au 7 octobre à Rabat.

Ce comité marocain a pour objectif de regrouper les membres marocains pour l'UICN en vue de développer et de soutenir les programmes de cette organisation internationale écologique au Maroc.
Ce nouveau-né veut aussi contribuer à l'élaboration et la mise en œuvre de la stratégie marocaine de conservation et de l'utilisation durable des ressources naturelles.
Il devra se réunir, sur convocation du coordonnateur, au moins une fois tous les trois mois. Il peut associer à ses réunions toute personne portant intérêt à la conservation de la nature ou appartenant à l'une des structures de l'UICN.

Tout autre membre marocain, admis à l'UICN, a le droit de devenir, s'il le souhaite, membre de ce comité.
Pour les associations qui souhaitent profiter de l'expérience de cette grande organisation de protection de l'environnement – c'est une Union démocratique qui rassemble plus de 87 états, 117 organismes gouvernementaux et 919 ONG, ainsi que près de 11.000 scientifiques et experts bénévoles répartis dans quelque 160 pays, l'adhésion annuelle coûte 3.200 DH.

Pour les responsables de l'UICN, l'expérience a montré que ses membres en Afrique du Nord, actuellement au nombre de 16, ainsi que les experts de la région affiliés aux six commissions thématiques de l'UICN (aires protégées, gestion des écosystèmes, sauvegarde des espèces, droit de l'environnement, éducation et communication et politiques sociales, économiques et environnementales), même s'ils prennent part aux ateliers de validation, ont rarement eu l'opportunité de participer à toutes les étapes du processus de préparation du programme quadriennal de l'UICN 2013-2016.

Cela a engendré une faible appropriation du programme de la part des membres après sa validation, le considérant plutôt comme étant celui du secrétariat du l'UICN. Pour remédier à cette situation, le forum de Rabat, auquel ont participé l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte, en présence des différents membres des commissions de l'UICN, a pour objectif la préparation des membres de l'Afrique du Nord pour une participation efficace au prochain Congrès Mondial de la Nature de l'UICN à Jeju en République de Corée du Sud, du 6 au 15 septembre 2012, dont le thème est «Résilience».

Durant leurs travaux, les participants à la rencontre de Rabat ont discuté des renforcements des capacités des membres de l'UICN de la région, des aires protégées terrestres et marins ainsi que de la conservation et de la restructuration des écosystèmes dégradés.
Ils ont également traité de la Liste rouge des espèces et des écosystèmes, de l'économie «verte», de l'écotourisme et de l'éducation environnementale.

Lors de ce forum, il a été question aussi d'encourager la communication entre les membres de l'UICN œuvrant pour la conservation de la nature en Méditerranée. «Le centre UICN de Malaga est une plate-forme de connaissance, de coopération et de communication.
Il y a beaucoup d'experts qui travaillent sur la Méditerranée, mais nous ne savons que peu de choses sur ces personnes ainsi que sur leurs projets», a lancé Antonio Troya Troya, directeur de l'UICN-Med.

Programme unique

Pour l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la préparation 2013-2016 devra se faire d'une manière participative en prenant en considération les préoccupations de toutes les parties prenantes en charge des questions de conservation de la nature en Afrique du Nord.
Cela est d'autant plus vrai que l'UICN appuie désormais l'approche du «Programme unique», qui suppose l'implication préalable de ces trois piliers (secrétariat, membres et commissions) dans la conception, la mise en œuvre et l'attente des résultats du programme quadriennal de cette organisation écologique.
Par ailleurs, il a été noté également que les membres de l'UICN en Afrique du Nord n'ont pas bénéficié jusqu'à présent des opportunités qu'offrent les Congrès mondiaux de la nature qui se tiennent tous les quatre ans, notamment en termes de formulations et de présentation de motions prenant en considération les priorités et enjeux de conservation en Afrique du Nord.
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