Salon international de l'agriculture de Meknès

Mémorandum des acteurs maritimes

Les professionnels se sont constitués en réseau et ont émis une série de propositions visant à promouvoir le développement du secteur maritime.

Le secteur maritime souffre de l'absence d'une stratégie maritime nationale intégrée.

28 Décembre 2011 À 12:12

Les acteurs du secteur maritime se fédèrent pour mieux se défendre, notamment face à la forte concurrence étrangère. Pour faire entendre leur voix, il n'y a pas mieux que l'occasion de la campagne électorale du dernier scrutin législatif. En fait, ils en avaient profité pour préparer et envoyer aux différents partis politiques un mémorandum contenant une série de propositions de mesures visant à promouvoir le développement du secteur maritime.
Maintenant que ce rendez-vous électoral est achevé et que le nouveau gouvernement est sur le point d'être constitué, ils reviennent à la charge pour rappeler leurs attentes et leurs revendications, en s'adressant à la presse, à travers leur jeune groupement, baptisé Réseau des associations maritimes et portuaires du Maroc (RAMPM).

Mais pourquoi un tel réseau ? La réponse est simple, selon ses initiateurs. « Les acteurs du secteur maritime subissent les effets d'une organisation institutionnelle fragmentée, de l'absence d'une stratégie maritime nationale intégrée, d'une économie libéralisée et d'une concurrence étrangère acerbe ».
Par leur initiative, ces acteurs fédérés militent donc pour sortir de cette situation, via une série de mesures qu'ils demandent aux pouvoirs publics de prendre et d'activer, aussi bien à court qu'à moyen terme.
Ainsi, à court terme, les revendications des professionnels du secteur maritime portent notamment sur les aspects législatif et fiscal de leurs activités. Il s'agit de l'adoption de lois réglementant les professions d'agents maritimes, courtiers d'affrètement et experts maritimes (projet de lois déjà prêt ou en cours), d'une loi instaurant le pavillon BIS pour les navires de commerce (projet de loi déjà prêt) et de programmes de recherches scientifiques publiques en partenariat avec les universités et les centres de recherches.
Ils demandent également une équité fiscale, « pour établir une concurrence loyale » entre les entreprises marocaines et leurs concurrentes étrangères et l'amélioration de la politique de formation et d'emplois des marins.

S'agissant du moyen terme, soit 5 ans maximum, les acteurs maritimes fédérés au sein de ce réseau appellent à une bonne gouvernance, par le biais d'une kyrielle de mesures. Il s'agit notamment de la modernisation de l'arsenal législatif en matière de protection du littoral et l'environnement marin, de sûreté et sécurité portuaire et en mer, et d'encadrement de l'activité économique liée à l'industrie maritime et navale. De même, on appelle à la création d'un conseil supérieur de la politique maritime et portuaire et au regroupement dans un seul département ministériel des différentes administrations maritimes pour une gestion plus rationnelle.

On milite également pour la signature d'un contrat-programme entre l'Etat et les professionnels pour l'émergence d'une industrie maritime nationale, le développement des compétences et la réorganisation de la gouvernance publique des secteurs maritimes et portuaires. Du reste, ces acteurs appellent à doter les futurs conseils régionaux, issus des élections régionales, de prérogatives en matière
de politiques maritimes pour le lancement de projets de développements maritimes locaux, en concertation avec les acteurs professionnels et associatifs.
Enfin, on soutient la création de l'observatoire national maritime et portuaire, qui aura pour mission de «mesurer et suivre les différents indicateurs de performance des deux secteurs et leur positionnement par rapport à l'international».

Objectifs à atteindre sur 5 ans

Par leur démarche revendicatrice, les acteurs maritimes visent plusieurs objectifs. Il s'agit notamment d'atteindre 35% de parts de marché pour les entreprises nationales pour un chiffre d'affaires du secteur estimé à 34 MMDH en 2017 (soit 12 MMDH). Il s'agit également de disposer d'une flotte marchande nationale comptant 50 navires (dont au moins 5 vraquiers, 5 pétroliers et 4 chimiquiers) avec une capacité de chargement de 500.000 t et améliorer la compétitivité du commerce extérieur national, avec une flotte marchande nationale compétitive. De même, on vise à créer 10.000 emplois additionnels directs et indirects et attirer des investissements de plus de 18 MMDH.
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