Naissance de SAR Lalla Khadija

Dans les coulisses du centre «Oum Keltoum»

La ville blanche n’est pas toujours tendre avec ses habitants. Les citoyens du quartier Sidi Moumen en sont l’exemple. Quartier pauvre et difficile, les jeunes et moins jeunes de Sidi Moumen ont dû mal à sortir de la sphère de la pauvreté et des conditions précaires.

Des professeurs bénévoles apprennent aux femmes à lire et à écrire. Ph. Seddik

18 Mars 2012 À 12:00

Consciente de ce problème, une bienfaitrice sous le nom d’«Oum Keltoum», avec l’aide de la famille Berrada, a décidé d’ouvrir un centre social pour venir en aide à cette population désœuvrée. Une population dont les jeunes quittent le cursus scolaire prématurément, n’ont pas de formation afin d’intégrer un emploi valorisant, dont les femmes ne savent pas lire ou écrire et dont les adolescents sont victimes de la drogue ou la délinquance. «Les habitants d’ici ont perdu toute confiance en eux et se sentent rejetés par la société», explique une bénévole du centre.

«Nous essayons de leur donner confiance en eux-mêmes en les dotant des mêmes moyens que tout citoyen marocain pour vivre décemment», continue la même source. En effet dans ce centre, des moyens sont mis en place pour qu’ils puissent reconquérir leur citoyenneté. Deux classes où des professeurs bénévoles apprennent aux femmes à lire et à écrire, premier pas vers l’indépendance et la parité. Des cours de mécanique ou autre métier formateur sont octroyés à des jeunes à la recherche d’un métier pour vivre décemment. Des salles de couture et de fabrication de bijoux sont mises à disposition des jeunes femmes pour s’assurer un revenu.

De plus, les jeunes bénéficient de cours de soutien pour réintégrer l’école qu’ils ont quittée par manque de suivi et d’accompagnement. Face à ces formations traditionnelles, s’ajoutent des formations culturelles puisqu’on accorde de l’importance à la créativité et au talent.

«Des salles où les enfants peuvent s’exprimer à travers le cinéma, la musique, la danse ou encore la peinture puisque l’on est conscient de l’importance de la culture et de l’expression créative chez l’enfant », explique la bénévole. « Un de ces enfants deviendra un grand chanteur ou un talentueux chorégraphe un jour », continue la bénévole pleine d’optimisme puisqu’elle a foi en ces enfants.Un optimisme qui ne s’arrête pas là, puisque ce centre a deux objectifs : créer un centre de désintoxication pour jeunes et une ligne d’écoute gratuite pour que les gens des quartiers puissent poser toutes les questions qui les préoccupent.

«Nous attendons les fonds de mécènes pour mener à bien ces projets, auxquels on croit et tient», explique la bénévole. L’appel est donc lancé pour permettre à ce « magnifique centre », comme l’a dénommé Martine Aubry, de réaliser un rêve, celui de toute une génération en difficulté…

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