25 Mai 2012 À 15:13
Le débat va continuer en vue de «l’introduction possible» d’euro-obligations, des titres de dette mutualisés dans la zone euro, sur la base du rapport que présentera en juin le président du conseil de l’Union européenne (UE), Herman Van Rompuy, mais «dans un avenir dont la date n’est pas spécifiée». M. Van Rompuy, comme il l’a annoncé à l’issue du sommet des 27, présentera en juin un rapport sur une méthode de travail pour approfondir l’Union économique et monétaire. Ce rapport sera élaboré «en coopération étroite» avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, celui de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, et celui de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. «Suite à ceci, le travail va se poursuivre (...) pour envisager dans un avenir dont la date n’est pas spécifiée l’introduction possible -mais il n’y a pas de conclusions là dessus-, d’euro-obligations», des titres de dette mutualisés, a poursuivi la porte-parole.
Elle a rappelé que dans le livre vert que la Commission a publié en novembre sur la création d’euro-obligations, «certaines options pourraient nous amener à un changement de traité». Les euro-obligations ont fait partie des thèmes dominants du sommet informel de mercredi, et deux camps s’opposent sur la question, l’un mené par la France qui les soutient, l’autre par l’Allemagne qui s’y oppose. «L’introduction d’euro-obligations ne stabiliserait pas la zone euro et elle favoriserait les pays menant de mauvaises politiques budgétaires», a déclaré jeudi à Paris le ministre allemand de l’Économie, Philipp Rösler.
«Nous considérons que les euro-obligations ne sont pas le bon instrument pour stabiliser l’Europe, car elles élimineraient la pression poussant nos partenaires à mener des réformes et elles mineraient la discipline de marché», a-t-il déclaré au cours d’un point de presse en marge d’un forum de l’OCDE. «Les euro-obligations récompenseraient les pays ne menant pas de politiques budgétaires saines et puniraient ceux qui essayent réellement d’avoir une politique budgétaire saine et de consolider leur budget et c’est pourquoi nous les rejetons», a-t-il insisté. «Nous pensons que la croissance est quelque chose qui ne peut pas simplement s’acheter, mais que des réformes sont nécessaires, qu’il s’agisse du marché du travail, des privatisations, etc.», a-t-il poursuivi. Quant à François Hollande, il a demandé lors du sommet informel de Bruxelles que la «perspective» des euro-obligations soit «inscrite» au menu de l’Union européenne en vue du sommet de juin.
L’OCDE et la Banque mondiale ont rendu public jeudi un rapport sur les manières de parvenir à une meilleure répartition dans la société des fruits de la croissance économique, notamment au travers d’une politique d’innovation plus judicieuse et par la croissance verte. «Une croissance forte n’est pas nécessairement inclusive, en ce sens que tous les membres de la société, habituellement, n’en bénéficient pas au même degré», a expliqué l’économiste en chef de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), Pier Carlo Padoan.
Le rapport de près de 300 pages intitulé «Promoting Inclusive Growth: Challenges and Policies» se penche notamment sur la manière d’utiliser la politique de l’innovation. «Le soutien de l’État à la recherche-développement ne devrait pas privilégier certains secteurs, comme la haute technologie, mais viser plutôt un large éventail d’activités susceptibles de créer des emplois pour les travailleurs hautement qualifiés comme pour les travailleurs peu qualifiés», explique le club des pays riches dans un communiqué.