Michael Hoey et Karen Lunn sur le podium

Mieux gérer les déchets

Une rencontre qui s’inscrit dans le cadre du projet européen «Coopération en matière de développement urbain et de dialogue».

Parmi les «récupérateurs», des concierges et des gardiens de parkings.

20 Mai 2012 À 12:24

«C’est une injustice sociale commise à l’égard des récupérateurs, qui ne cessent de puiser dans les poubelles ou dans les décharges sauvages pour gagner leur vie. Ces trieurs qui travaillent dans des conditions difficiles sont mal payés, tandis que les grossistes, eux, en fournissant moins d’effort, gagnent davantage d’argent», a indiqué Hamid Chrifi, coordinateur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Enda Maghreb, lors du séminaire de clôture du projet «Gestion optimisée des déchets en méditerranée» (GODEM). Une rencontre qui s’inscrit dans le cadre du projet européen «Coopération en matière de développement urbain et de dialogue», financé par l’Union européenne (UE) et réalisé également en partenariat avec l’Association des cités et régions (ACR) pour le recyclage et la gestion durable des ressources.

Ce rendez-vous, qui a réuni plusieurs représentants étrangers, a été l’occasion pour présenter l’état des lieux et l’organisation de la filière de tri et récupération des déchets dans deux quartiers pilotes de Rabat (Agdal et Hay Riyad), étudier la faisabilité ainsi que le business-plan pour la création d’un centre de tri et d’une coopérative des récupérateurs. «Selon notre étude, il existe plus de 80 récupérateurs dans le quartier de l’Agdal. Ces trieurs, qui tirent un chariot de 250 kg, gagnent en moyenne entre 70 et 120 DH par jour. Ils vivent tous dans la précarité», a expliqué Mouna Edrissi, directrice du bureau d’études Genesis.

L’état des lieux a montré aussi que parmi les récupérateurs, il y avait aussi des concierges, des gardiens d’immeubles, de parkings, d’administration, etc. Pour ce qui est des matières collectées, le verre, le plastique, le papier, le carton, les métaux ferreux et non ferreux constituent l’essentiel des produits recyclés. Par ailleurs, les sociétés intéressées par ces produits à recycler se trouvent à Casablanca, Tanger, etc. Pour le papier carton, il est acheminé principalement vers la Compagnie marocaine du carton et du papier (CMCP) à Kénitra. Mustapha Benbouya, chef de la division de l’environnement et de l’amélioration de la qualité de vie à la commune urbaine de Rabat, a exposé également le bilan du projet pilote de la décharge d’Oum Azza à Rabat, relatif à la structuration des récupérateurs de l’ancienne décharge d’Akreuch. «Notre projet a servi à réhabiliter le métier de récupérateur de déchets.

Certains diplômés-chômeurs sont devenus chefs d’équipe ou agents de pointage», a noté M. Benbouya. Quant à Luca Cantarella, de la direction de l’environnement de la région italienne du Piémont, il a présenté l’expérience de la coopérative Arcobalena en matière de tri des déchets et qui fait aussi de l’insertion sociale par l’embauche d’anciens détenus, des toxicomanes, etc. Mais une question qui reste posée : ce genre de projets ne risque-t-il pas d’hypothéquer toute politique nationale de tri sélectif à la source ? «Dans le passé, nous avons réalisé une expérience de tri sélectif dans un quartier à Rabat, mais celle-ci a échoué en raison du manque de sensibilisation du public en matière de tri sélectif. Pour le moment, rien n’a été fait pour ces récupérateurs et c’est pour cette raison que nous avons opté pour ce projet», a répondu Fatiha Balkoula, représentante du conseil régional de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer. La coopération entre les deux rives de la Méditerranée se poursuivra, puisque Rabat devra intégrer le réseau le réseau ACR+Med en novembre prochain. Ce projet s’élargira aux pays de l’Union pour la Méditerranée.

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