Spécial Marche verte

Une mobilisation générale s’impose

Bien que nous soyons munis d’un arsenal juridique relatif aux dons d’organes et malgré tous les efforts fournis au niveau de la formation des praticiens sur ce type d’interventions, le nombre de greffes est toujours insignifiant auMaroc.

Mustapha Ramid et Houcine El Ouardi apportent leur soutien effectif à la cause du don d’organes. bPh. MAP

03 Mai 2012 À 17:01

Des centaines de patients sont, chaque année, en attente d’une transplantation. Qu’il s’agisse d’un rein, d’une cornée, d’un foie ou d’un cœur, ce n’est pas toujours facile de trouver un donneur. Certes, c’est une situation qui dure depuis des années, mais il est grand temps de changer la donne. Dans le but d’insuffler une nouvelle dynamique au dossier du don d’organes, trois ministres se sont donné rendez-vous, mercredi dernier, lors d’un point de presse organisé par le CHU Ibn Rochd et la Faculté de médecine et de pharmacie à Casablanca.

Il s’agit du ministre de la Santé, Houcine El Ouardi, le ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid et le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq. Tous les trois ont insisté sur la nécessité de sensibiliser les citoyens sur l’importance du don d’organes, appelant à une mobilisation de la part de tous les intervenants sur cette question. Ils ont, en effet, lancé un plaidoyer pour l’organisation de campagnes de sensibilisation sur le don d’organes lors de cette rencontre, tout soulignant l’importance de cette action susceptible de sauver la vie de plusieurs malades en danger de mort. Un nombre faible de volontaires«Malgré les efforts déployés par le gouvernement et la société civile ainsi que les mesures législatives relatives aux dons et aux implantations, le nombre de volontaires est toujours très faible. Par conséquent, le nombre de transplantations effectuées au Maroc est très insuffisant. Les greffes de reins par exemple se sont établies à 256 opérations, tandis que celles concernant la cornée se situent à 2 005 opérations», souligne M. El Ouardi. Et d’ajouter : «Le nombre limité de volontaires pour le don d’organes s’explique principalement par des considérations d’ordre éducatif et culturel des citoyens marocains. C’est pourquoi le seul moyen pour combler ce besoin est de multiplier les campagnes de sensibilisation en vue de persuader le plus grand nombre de personnes quant à l’importance et la noblesse de ce geste humanitaire».

De son côté, M. Ramid, qui s’était inscrit il y a quelques semaines dans les registres de dons d’organes après le décès pour donner l’exemple, a également insisté sur l’importance de la sensibilisation du grand public afin d’augmenter le nombre de donneurs d’organes. Il a, dans ce sens, appelé les professionnels de la santé à adhérer à cette opération et à donner l’exemple aux citoyens afin qu’ils s’inscrivent massivement dans les registres ouverts à cet effet et de manière permanente auprès des tribunaux de première instance. «Les 16 000 médecins du Maroc devraient être les premiers à s’inscrire dans les registres de dons d’organes après le décès puisqu’ils sont les mieux placés pour connaître l’importance de ce geste», a-t-il indiqué. «Sur une période de onze années, seulement 800 personnes se sont inscrites dans les registres, alors qu’en juin 2011, en Allemagne, 10 000 pharmaciens ont participé à une campagne qui avait pour objectif de convaincre quelque 7 millions de nouveaux donneurs annuellement», poursuit-il.

Des mots qui n’ont pas laissé indifférent le ministre de la Santé qui s’est précipité sur le registre dédié aux volontaires pour le don d’organes pour s’y inscrire et d’ajouter ainsi son nom à la liste des donneurs. Pour sa part, Ahmed Toufiq a souligné que le côté religieux requiert l’implication des Oulémas et la mobilisation des prédicateurs pour participer aux campagnes de sensibilisation et d’explication des contours et tenants et aboutissants des dons d’organes, affirmant que cette action est conforme aux principes, préceptes et valeurs de l’Islam. «À mon avis, le ministère de la Santé devrait saisir le Conseil supérieur des Oulémas à ce sujet pour promulguer une “fatwa” incitant les citoyens à le faire et transcender les obstacles psychologiques entravant le don.

Il serait aussi judicieux d’ouvrir des cercles de discussion dans les médias avec la participation d’hommes de religion, de praticiens et de spécialistes afin d’apporter l’éclairage nécessaire sur l’opération de don qui revêt un caractère humain et social», affirme le ministre des Habous et des Affaires islamiques.

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