Fête du Trône 2006

Le Maroc, chantre de la solidarité africaine

«Le Maroc ressemble à un arbre dont les racines nourricières plongent profondément dans la terre d’Afrique et qui respire grâce à son feuillage bruissant aux vents de l’Europe» ! L’image, soutenue par ce propos fort, avait été suggérée par Feu Hassan II, dans son livre «Le Défi», publié en 1976.

18 Avril 2012 À 21:15

Trente-sept ans plus tard, elle est plus que jamais d’actualité. C’est dire que l’Afrique n’a jamais cessé d’occuper une place précieuse dans les cœurs des Marocains. Depuis l’avènement au Trône de Sa MajestéMohammed VI en 1999, on ne compte plus les visites d’État et de travail qu’il a effectuées dans plusieurs pays du continent. Elles marquent toutes le vif intérêt qu’il exprime à l’égard des peuples du continent, et traduisent surtout une vision stratégique du développement, de la coopération et de l’amitié multiséculaire. Elles illustrent surtout le succès de la fraternelle coopération Sud-Sud mise en œuvre par le Maroc.

En témoigne la volonté manifeste de contribuer au dénouement des crises qui secouent depuis quelques temps la région sahélo-saharienne, l’Afrique de l’Ouest et menacent leur stabilité. Le Souverain a dépêché le ministre des Affaires étrangères à Abidjan, Niamey et Ouagadougou, porteur de messages aux présidents Alassane Ouattara, Issoufou Mahamadou et Blaise Compaoré. À chacun d’entre eux, outre l’inquiétude du Maroc face aux événements tragiques qui frappent la région, S.M. le Roi a proclamé sa volonté de mettre tout en œuvre afin de favoriser une issue constitutionnelle, aussi bien au Mali qu’en Guinée-Bissau.

Ces deux pays ont connu récemment ce qu’on appelle deux nouveaux «fronts de déstabilisation», des militaires s’étant insurgés pour prendre le pouvoir par la force, au mépris des lois constitutionnelles. Dans le fragile équilibre qui caractérise la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, une telle violation n’a pas manqué d’avoir de graves répercussions politiques et institutionnelles. De surcroît, sur fond de l’activisme islamiste déployé par al-Qaïda, la déstabilisation semble prendre une autre dimension, une grave tournure. Les chancelleries du monde entier ne peuvent pas ne pas réagir à ce qui s’apparente à une brèche significative dans le fragile espace stratégique que constitue désormais cette région. Les gouvernements africains et maghrébins, sans exception, sont interpellés. Le Sahel constitue depuis bientôt cinq ans le terreau où prospère «à ciel ouvert» le terrorisme islamiste. Il est dénommé «zone grise» par les géopoliticiens et les stratèges occidentaux. Peut-être, commence-t-on à prendre la réelle mesure d’une menace qui déferle comme un spectre.

À coup sûr, le coup d’État militaire au Mali, suivi d’une inquiétude générale, l’offensive et la conquête armée par les Touaregs d’une grande partie du territoire malien auxquelles il a donné lieu, l’auto-proclamation par ceux-ci d’une «république indépendante», l’entrée en scène d’islamistes d’une nouvelle obédience, semblent avoir pris de court tous les gouvernements, mis au pied du mur. L’entrée en scène du président burkinabé, médiateur désigné par la CEDEAO, les intermédiations interafricaines, les condamnations par le monde entier des forfaits commis, les appels récurrents au retour à l’ordre constitutionnel, la volonté affichée enfin un peu partout pour favoriser une issue légale, ne restent pas de vaines tentatives.

L’intervention de Sa Majesté le Roi dans ce sens participe de son irréductible détermination à sauvegarder et défendre la constitutionnalité et conforter la légalité. Le Maroc, engagé dans le combat de l’unité africaine, reste fidèle à sa vocation. Parmi les premiers cofondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1962, devenue l’Union africaine, il ne s’est jamais départi de sa mission historique. C’est un objectif d’avant-garde constant, aux antipodes des discours lénifiants, une profession de foi qui privilégie l’action et anticipe sur l’histoire.

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