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La gauche jubile, la droite assume

Le nouveau président prendra part aujourd’hui aux côtés de Nicolas Sarkozy aux cérémonies marquant la fin de la Seconde guerre mondiale.

François Hollande est attendu sur plusieurs chantiers prioritaires, notamment le rétablissement des équilibres budgétaires.

07 Mai 2012 À 16:59

Le nouveau président français élu François Hollande prendra officiellement ses fonctions le 15 mai, lors d’une cérémonie de passation de pouvoir avec le président sortant Nicolas Sarkozy. C’est ce qu’a annoncé hier la présidence française, précisant que cette date a été fixée «d’un commun accord entre le secrétaire général de l’Élysée Xavier Musca et le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici».Par ailleurs, le nouveau président élu prendra part aujourd’hui aux côtés de Nicolas Sarkozy aux cérémonies du 8 mai marquant la fin de la Seconde guerre mondiale, selon la même source.

Les réactions de la presse écrite française ont été différentes, selon qu’on est proche de la droite ou de la gauche. «Normal !», titre en Une avec un portrait du vainqueur le quotidien «Libération», proche des socialistes, pour qui cette victoire était attendue. «Enfin (...) la joie. La joie immense de voir une parenthèse se refermer, une malédiction se dissiper», se félicite le journal ajoutant : «qu’il est possible, donc, d’aller contre les valeurs de l’époque pour faire vivre ce qui rassemble, au lieu de suivre la pente naturelle, d’écouter la petite voix qui parle en chacun de nous et engage à ne vivre nos vies que pour défendre des intérêts individuels».

Pour sa part, «l’Humanité», quotidien communiste, estime que la «large victoire» est «un non net et sans bavure à cinq ans de Sarkozysme». «Le résultat de cette élection est d’abord la sanction d’une politique ultralibérale, antisociale et autoritaire, d’une complicité proclamée entre l’oligarchie et l’Élysée», écrit l’éditorialiste du journal.

De son côté, «Le Parisien» titre tout simplement sur «la victoire de François Hollande» et propose de revivre l’événement depuis le fief du candidat socialiste à Tulle (centre de la France), avec les différentes scènes de liesse, notamment à l’emblématique place de la Bastille à Paris, prise d’assaut par les sympathisants de gauche, ainsi que les moments de déception dans le QG de campagne de Sarkozy.

Réformes capitales

Pour sa part, «Le Figaro», proche de la droite, rend hommage au président sortant Nicolas Sarkozy qui aura été «dignement défait après s’être battu jusqu’au dernier souffle». «L’Histoire jugera le quinquennat (qui s’achève) et retiendra qu’ayant affronté la pire crise économique et financière de ces cinquante dernières années, il (Sarkozy) a néanmoins engagé des réformes capitales et tenu fièrement la place de la France à l’international et joué un rôle décisif dans le sauvetage de l’Europe et de l’euro», ajoute son éditorialiste. L’hebdomadaire de droite «L’Express» publie une lettre de son directeur Christophe Barbier au président élu, dans laquelle il souligne que «la gauche a bénéficié de la sagesse des Français, attachés à l’alternance».

«Si vous trahissez vos promesses, la France qui souffre, de ses nerfs comme de sa chair, ne vous laissera pas faire (...) Si les décisions ne viennent pas de suite, si les résultats n’arrivent pas vite, la colère populaire vous cueillera à l’automne», avertit l’éditorialiste. «L’état de grâce sera de courte durée», renchérit «La Croix», en référence aux défis de la crise économique qui attendent François Hollande.Sous le titre «Le temps des preuves», le journal écrit que «c’est sur ses épaules (de Hollande) que repose désormais le poids des responsabilités, si lourdes à l’heure d’une crise économique et financière qui n’en finit pas de secouer l’Europe». «L’euphorie de la victoire, tant attendue par la gauche depuis les années Mitterrand et le choc de 2002, ne doit pas en masquer l’enjeu», ajoute-t-il.

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