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Sarkozy et Hollande convoitent les voix de l’extrême droite

L’objectif est de récupérer au maximum les voix des jeunes, non diplômés, ouvriers, employés, ruraux inquiets du déclassement social et de la mondialisation.

Sarkozy et Hollande se livrent une guerre sans merci par médias interposés. Ph. AFP

25 Avril 2012 À 17:35

Le favori de la présidentielle en France, le socialiste François Hollande, et le président sortant Nicolas Sarkozy intensifient ouvertement leur chasse aux 6,4 millions d’électeurs de l’extrême droite, en «crise» ou en «souffrance», qui feront la décision au second tour.La stratégie diffère, mais, pour les deux finalistes, l’objectif est sans ambiguïté : récupérer au maximum les voix de ces jeunes, non diplômés, ouvriers, employés, ruraux inquiets du déclassement social et de la mondialisation qui ont massivement voté pour la candidate du Front national, Marine Le Pen (17,90% des suffrages). «À moi de convaincre les électeurs du Front national (FN)», annonce mardi dans le quotidien Libération François Hollande, bien placé avec ses 28,6% pour le second tour, le 6 mai. Les premiers sondages publiés depuis dimanche donnent d’ailleurs un rapport de force inchangé, à 54/46 en sa faveur.

Pour le candidat socialiste, l’enjeu est de récupérer les déçus de la gauche, partis se réfugier au FN par désespérance sociale et non par adhésion aux thèses extrémistes. «C’est ma responsabilité de m’adresser tout de suite à ces électeurs qui n’adhèrent pas forcément aux idées du FN-l’obsession de l’immigration en particulier, mais qui expriment avant tout une colère sociale», explique-t-il.Dans ce but, il s’est rendu mardi dans l’Aisne, un département rural du Nord de la France où Marine Le Pen est arrivée deuxième au premier tour. «Pour ces catégories qui souffrent, les ouvriers, les employés, les retraités, tous ceux qui sont dans l’inquiétude (...) les jeunes, je veux dire à tous ceux-là que tout ce que je déciderai sera juste et qu’ils ont un espoir à avoir», a-t-il lancé. Dans ce département qui a perdu de nombreux emplois industriels ces dernières années, M. Hollande a défendu «le travail pour tous» après avoir visité l’usine d’un équipementier automobile.Il a estimé, sans le nommer, que Nicolas Sarkozy, qui veut faire du 1er mai une Fête du «vrai travail», était le «candidat du vrai chômage».

Soucieux de ne pas être accusé d’avoir gagné grâce à l’extrême droite ou d’avoir fait des concessions, le Parti socialiste insiste parallèlement sur sa volonté de ne récupérer «que» cette part-là des électeurs de Marine Le Pen et non pas «la grande partie qui est xénophobe», selon le porte-parole du parti, Benoît Hamon.François Hollande a d’ailleurs confirmé son intention d’accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales, une mesure que la droite compte agiter comme un chiffon rouge pour attirer les électeurs du Front national.

Pour Nicolas Sarkozy (27,2%), qui n’a pas réussi à arriver en tête du premier tour pour donner un élan à sa candidature, l’enjeu est d’attirer «les petits» et «les sans-grade» qui en 2007 avaient contribué à le faire élire avant de retrouver le giron du FN parce que selon lui il faut faire plus pour lutter pour la sécurité et contre l’immigration.Il faut «prendre des engagements suffisamment précis pour que les électeurs (du Front national) sachent qu’on a compris leur message», a-t-il martelé lors d’un meeting à Longjumeau (près de Paris).Reprenant ses thèmes de prédilection, il a rappelé qu’il ne voulait pas en France de «l’excision», de «l’enfermement des femmes derrière une prison de tissu», d’une «immigration incontrôlée» ou du «vote communautaire».

À la différence de la gauche qui, selon lui, «se bouche le nez» en d’adressant à l’électorat de Marine Le Pen, le sortant n’entend pas faire de distinction entre bons et mauvais électeurs du FN. «Ce vote n’est pas répréhensible», a-t-il répété.Pourtant, ses prises de positions très directes inquiètent certaines personnalités de son camp dans la perspective des législatives de juin où, dans de nombreuses circonscriptions, les candidats de l’extrême droite pourraient être en position d’arbitres.

Avec agence

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