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Voyage dans l’univers pictural de Bellamine

Jusqu’au 15 janvier, la galerie d’art L’Atelier 21 présente les œuvres récentes du peintre Fouad Bellamine. Celui qui a déclaré qu’il n’y avait pas de peinture marocaine, mais que des peintres marocains… fait voyager le public au cœur de sa passion. L’artiste signera d’ailleurs sa monographie lors de cette exposition.

Bellamine continue sur sa trajectoire marquée par l’expérience du plaisir de peindre.

05 Décembre 2012 À 15:42

Fouad Bellamine vous emmènera, à travers cette exposition, dans son univers où il se joue de la matière, se livrant sans retenue au plaisir de peindre. Aussi rare que cela puisse être, ce talentueux artiste laisse, pour une fois, s’exprimer les accumulations, les plaques, la masse, le volume, les reliefs et les coulures de la peinture. Il faut dire qu’avec une carrière de plus de quarante ans, Bellamine a acquis une grande familiarité avec l’acte de peindre. Cette intimité avec la peinture se voit dans l’interpénétration des couleurs, la maîtrise du ton sur ton sans jamais voiler l’éclat des couches de soubassement. Né en 1950 à Fès. Au terme de ses études secondaires, il quitte sa ville natale en 1967 pour l’École des arts appliqués de Casablanca. Il expose pour la première fois en 1972 à la galerie «La découverte» à Rabat. La même année, il intègre l’enseignement en qualité de professeur d’arts plastiques avant de poursuivre sa formation par un diplôme d’études appliquées en Histoire et théorie de l’art à l’Université de la Sorbonne, Paris VIII. Pendant les années soixante-dix, Fouad Bellamine accorde un vif intérêt au débat sur la problématique identitaire au Maroc et ses répercussions sur l’art et la culture. D’ailleurs, cela le conduira plus tard à dire : «il n’y a pas de peinture marocaine, il n’y a que des peintres marocains…»

Sa passion pour la peinture et l’histoire de l’art se double d’une curiosité qui l’implique dans la recherche aussi bien du point de vue théorique que pratique. Entre visible et invisible, abstrait et concret… Avec entêtement, mais aussi avec beaucoup de réalisme, l’artiste nous conte sa façon de voir le monde qui l’entoure. «L’évolution de l’art en Occident le passionne, il est ouvert et attentif à toutes les nouvelles tendances, ce qui le conduira très tôt à réaliser des installations et fera de lui l’un des premiers peintres “installationnistes” au Maroc» indique les responsables de cette exposition à ce sujet. Cependant, la peinture est sa passion. Sa première exposition à Paris en 1980 est saluée par les critiques d’art. Fouad Bellamine s’installe à Paris où il résidera une dizaine d’années. Il peint pendant cette période des arcs, arches, voûtes où la gestuelle du corps est consubstantielle avec l’acte de peindre et le «faire espace».

Dans ses tableaux, la quête de lumière est fondatrice de l’espace pictural. De retour au Maroc, en 1990, il enseigne «L’histoire de l’art et l’expression plastique» au Centre pédagogique régional de Rabat et continue son parcours de peintre. Il est dans une abstraction architecturale incarnée par le parallélépipède (Table des dieux) plus tard surmontée d’une demi-sphère (Marabout) devenant peu à peu «motif» récurrent qu’il explore et traite en plaçant la peinture en position de sujet, non sans lyrisme.

Fouad Bellamine a exploité les voies de l’abstraction, mais sans toutefois s’y laisser enfermer. Il n’hésite pas pour cela à convoquer d’autres médiums tels que la photographie. «Le terme non-figuration convient mieux à ma peinture, parce qu’elle ne cesse de faire des clins d’œil… au motif.», affirme l’artiste. À noter qu’à l’occasion de son exposition à l’Atelier 21, l’artiste signera sa monographie, publiée par la prestigieuse maison d’édition Skira.

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