Naissance de SAR Lalla Khadija

Les étudiants, entre révisions et inquiétude

● C’est la fin de l’année universitaire et le moment de faire le bilan pour beaucoup d’étudiants. Comment vivent-ils ce moment particulier, où et comment se passent les révisions ?
● Si le stress domine, les étudiants se montrent en majorité confiants quant à l’issue de leurs examens.

Les étudiants fréquentent assidûment les bibiothèques en période d’examens, mais c’est chez eux qu’ils préfèrent généralement réviser.

08 Mai 2012 À 17:35

Il est 14 heures. C’est la pause à la fac. Les étudiants se donnent rendez-vous à la buvette de la faculté, dans la cour ou encore à la bibliothèque. Examens, travaux et révisions obligent. Tous les étudiants se retrouvent les mains pleines de livres, de cahiers, en plus du traditionnel sandwich et de la boisson. Dans la buvette, en plein déjeuner, bouquins et sacs s’étalent sur les tables, pour quelques minutes de petites révisions. L’atmosphère est détendue. Cet étudiant en première année explique ses débuts difficiles. «J’ai connu une petite traversée du désert au début, car mon passage du lycée à la Faculté s’est fait dans la confusion. Les cours à la faculté étaient durs et devaient être suivis avec beaucoup de concentration, plus qu’au lycée». Il explique que les étudiants ont plus de responsabilités et plus d’autonomie. On leur demande de rendre plus de travaux individuels : exposés, comptes-rendus de conférences, ateliers... mais «on finit par s’y habituer», termine-t-il, optimiste quant à l’issue des examens.

Ahallal Amal, étudiante en Master 1, Genre, société et culture, vit sa quatrième année de faculté. Elle abonde un peu dans le même sens. Selon cette fonctionnaire, les débuts sont difficiles pour toutes les études universitaires. Elle constate même que «plus on avance, plus on subit le poids de la faculté». Son cas est particulier, elle travaille et étudie en même temps. À la Faculté des sciences de Casablanca, les étudiants partagent le même avis. «Les études en sciences sont très rudes, il n’y a pas de temps pour les futilités. Concentration et persévérance sont les mots d’ordre», lance Yassine.Mais le plus difficile, c’est de suivre les études en arabe au lycée et d’étudier en français une fois à la faculté. Cette situation est aberrante et impacte forcément la compréhension. Il faut faire des sacrifices incommensurables au début. Fayrouz évoque ses années de lycée où elle a étudié en arabe, mais son intérêt constant pour la langue française a facilité son arrivée à la faculté. Contrairement à plusieurs de ses camarades, elle n’a pas connu de difficultés pour réussir son baptême du feu.

Le lieu des révisions

En dehors de ces difficultés quotidiennes, les révisions se font normalement, mais les cafés ne sont plus aussi prisés qu’avant. La bibliothèque est un des lieux les plus fréquentés en cette période d’examen. Celle de la faculté de Aïn Chock est pleine de monde, mais les étudiants se contentent d’y réviser leurs cours sans consulter les ouvrages. Ahallal n’a jamais emprunté un seul livre de la bibliothèque, elle préfère consulter les sites internet et les ouvrages qui proviennent de ses professeurs. «La bibliothèque est trop peu fournie pour une faculté aussi grande» estime-t-elle. Les étudiants scientifiques consultent beaucoup les ouvrages de mathématiques, car les cours seuls ne garantissent pas le niveau requis pour les concours des grandes écoles. Mais en règle générale, la plupart des étudiants préfèrent faire leur révision une fois à leur domicile. Ils s’y sentent très à l’aise, même si ça peut parfois les déconcentrer.

Diplômes ne riment pas toujours avec emploi

Les étudiants ne savent pas toujours ce qu’ils feront une fois leur diplôme en poche. Il y a une proportion égale entre ceux qui optent pour des études plus poussées et ceux qui veulent rapidement travailler. Hayate, étudiante en dernière année d’études hispaniques à Aïn Chok, estime qu’il vaut mieux faire un Master dans la même faculté, «car la licence seule semble insuffisante pour trouver un emploi». Cependant, Hayate a déjà une expérience du marché de l’emploi. Elle a déjà travaillé dans des centres d’appel, mais «c’est difficilement conciliable avec les études», selon elle. C’est pourquoi elle a quitté ce job.

Ali, étudiant en anglais, veut devenir professeur. Il se donne tous les moyens pour enseigner dans les années qui viennent. Pour l’instant, son ambition c’est un Master qui pourra lui ouvrir toutes les portes. La majorité des scientifiques ne pensent qu’à intégrer les grandes écoles d’ingénieurs, d’économie, de gestion qui donnent plus de chance sur le marché de l’emploi. À Aïn Chock, une annonce de recrutement d’étudiants est pourtant collée sur la porte de la bibliothèque. Certains étudiants s’y intéressent, mais évoquent la question du temps et préfèrent pour le moment se consacrer pleinement à leurs révisions.

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