Naissance de SAR Lalla Khadija

Une ambiance festive à la Médina

Durant trois jours, les Nuits de la Médina proposent au public marocain et étranger du Festival de Fès des musiques sacrées du monde de vivre un voyage artistique et initiatique au cœur des ruelles mythiques de la Médina, patrimoine universel de l’humanité.

Les sœurs Mahsa et Marjan Vahdat (Iran).

12 Juin 2012 À 17:58

Les «Nuits de La Médina» font vibrer les ruelles de la vieille ville de Fès sur les rythmes du festival, pendant trois jours, permettant au public marocain et étranger de découvrir les secrets spirituels, historiques et architecturaux de ce patrimoine universel de l’humanité. Du 11 au 13 juin, la place Bab El Makina est désertée laissant place à trois sites de la Médina (Dar Mokri, Dar Adiyel et le musée Batha) qui abritent des prestations musicales d’une grande variété artistique et rythmique.

Dès la première nuit du 11 juin, le public a répondu présent, poussé par la soif de découvrir les mythiques ruelles de la Médina et de vivre un voyage nocturne à la fois artistique et initiatique. Le public de Dar Mokri, a été plongé au cœur du chant et de la poésie persane avec les sœurs Mahsa et Marjan Vahdat (Iran). Représentant l’évolution actuelle du chant persan, les sœurs Vahdat ont mis en valeur l’héritage musical persan, unique en Orient, portant la poésie persane vers de nouveaux espaces libres et ouverts avec leurs voix qui s’envolent et s’entrecroisent dans un véritable labyrinthe modal. La grande chanteuse, Ihsane Rmiki, s’est produite pour sa part à Dar Adiyel, accompagnée de l’ensemble Zaman Al Wasl, pour le plus grand plaisir des amoureux de l’art des mouwachahates d’al Andalous, cette prestigieuse tradition musicale arabe qui évoque les villes mythiques d’Orient : Alep, Damas, Le Caire. Pour ce qui est du musée Batha, il a accueilli le conteur guinéen Mory Djely Kouyaté et le pianiste français Jean-Philippe Rykiel, qui ont gratifié le public d’un show d’exception où la voix et le piano se rencontrent et se marient pour révéler l’émotion profonde de l’âme africaine.

La programmation de la deuxième nuit, le 12 juin, est aussi riche et variée que la première. Outre un concert de Rabbi Haim Louk et l’ensemble arabo-andalou de Fès, dirigé par Abderahim Souiri à Dar Mokri, sur fond de «matrouz», style musical qui, à la croisée des univers poétiques juifs et arabes, mêle subtilement paroles en arabe et en hébreu.

Réjouissance

Les chants berbères devraient résonner à Dar Adiyel avec Cherifa, la poétesse du Moyen Atlas. Distinguée par un registre émotionnel qui évolue entre sentiment de réjouissance et de souffrance et réflexions spirituelles, Cherifa a cette forte voix qui déchire l’atmosphère et qui se fait l’écho de cette géographie des montagnes, de ces terres volcaniques si caractéristiques du Moyen Atlas. Par ailleurs, le musée Batha devrait abriter un concert présenté par l’ensemble Nour (France-Iran). Avec une démarche musicale qui vogue des polyphonies sacrées occidentales à la déclamation du chant mystique persan, l’ensemble Nour inspire une sérénité profonde d’où émane un véritable sentiment de volupté spirituelle restituant en même temps une démarche anciennement commune entre Orient et Occident.

Les Nuits de la Médina devraient se poursuivre le 13 juin, avec la troisième et dernière nuit qui réserve aux spectateurs des moments artistiques uniques. À Dar Mokri, ils pourront ainsi assister à la prestation de l’ensemble Ibn Arabi (Maroc) qui s’inspire du répertoire des zaouïas et des grands poètes et se fait ainsi le garant de la grande tradition arabo-andalouse. À Dar Adiyel, ils auront l’opportunité de découvrir Chants archaïques et sacrés du peuple occitan grâce au groupe français «Terra-Maïre», composé de Marie-Ange et Béatrice Lalanne, une mère et sa fille. Alors qu’au musée Batha, ils auront le privilège de vivre le vibrant hommage, qui sera rendu à Mahmoud Darwich à travers une création de Rodolphe Burger.

Le 14 juin, le Festival des musiques sacrées du monde, initié par la fondation Esprit de Fès, reprendra son rythme normal et ses rendez-vous traditionnels avec des prestations musicales de choix, à la place Bab El Makina ainsi qu’au musée Batha.

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