16 Avril 2012 À 15:20
La tension est palpable, les candidats se préparent. Des rêves et des destins sont en jeu. Une ambiance électrique en ce jour de demi-finale de la 7e édition qu’organise Maroc Cultures, juste avant le Festival tant attendu de Mawazine. Un tremplin qui puise son énergie dans le talent et la créativité de jeunes groupes et le parrainage du célèbre producteur Redone, qui promet un contrat de management et un album à la clé pour le vainqueur. C’est dire que l’enjeu est de taille. Un enjeu qui a fait perdre ses moyens au jeune groupe prometteur «Crutches and Stones», pourtant favori dès les premières étapes.
Le groupe «chouchou» du concours s’est fait éliminer à la veille de la finale. Ces jeunes de 20 ans à peine ont tout l’avenir devant eux, puisqu’ils savent mêler le rock, la country et la soul, un répertoire des générations précédentes avec une classe et une facilité déconcertante pour leur âge, comme s’ils avaient vécu une autre vie. Le tout joliment interprété par la voix rauque et puissante du chanteur Omar Benna.Pourtant, c’est un groupe discret depuis les débuts, «Mélimane», qui a fait sensation et surpris l’auditoire. Le groupe, qui monte et qui s’améliore de jour en jour, est un concept de la jeune et talentueuse Imane Ben Larbi, dont la voix profonde et passionnée a laissé le jury sans voix. Une brillante idée pop and blues, des mélodies efficaces et des paroles entraînantes, tel est le projet que vont défendre ces «Mélomanes» originaires de Mohammedia en finale.Face à eux, un tout autre genre, celui de «Hinder Minds», un mélange de Rock alternatif, inspiré du Métal et influencé par le Rock tout court. Subtil mélange que propose ce jeune groupe casablancais, qui capte l’attention de l’auditoire avec une aisance et un professionnalisme dignes des grands, le tout orchestré par le chanteur Med Deep. En somme, une finale qui promet créativité et passion en ce vendredi 20 avril avec trois finalistes de taille : Mélimane, Hinder Minds et le groupe à tendance Rock «Killing in the game» de Khémisset.
En attendant, le public a eu le droit à un concert pour fêter les vainqueurs de la demi-finale et consoler les heureux perdants, puisqu’ils ont tout à gagner de cette expérience enrichissante. Ce seront les lauréats de l’édition 2010 Africa United qui ouvriront le bal avec des airs venus d’Afrique, de reprises mythiques aux compositions originales. Le public danse, chante, la jeunesse est conquise. Ce sera ensuite au tour du DJ qui n’est plus à présenter, Younès B, d’enflammer la scène, avant de laisser la place à celui qui parle directement au cœur du peuple, l’ami de la jeunesse marocaine tourmentée : «Would Cha3b». Ce puriste de la culture hip-hop et ce compositeur touchant, malgré la force et la violence de ses mots, reflets tristes de la réalité du pays, puise sa force dans le quotidien, la rue, son entourage. Des mots qui touchent le public et qui s’emparent des corps et des âmes. Un «Would Cha3b» qui aurait pu composer une nouvelle chanson à la vue du spectacle à l’entrée, seul bémol de cette soirée qui se voulait une «ode à la jeunesse». Le vacarme à l’entrée sonnait faux et était en décalage avec l’esprit du concours et de la soirée.
Des jeunes qui insultaient et barraient le passage pour pouvoir rentrer. Ce qui n’a pas incité les organisateurs à ouvrir les portes, bien au contraire. Mais interdire l’accès est-il une solution quand on sait que Génération Mawazine est dédiée au jeune public et que l’accès devrait être permis moyennant peut-être un droit d’entrée, droit d’entrée qui était pourtant proposé à 30 dh ? Cependant, cette réaction des organisateurs peut se comprendre, vu les incidents de la semaine dernière où on a assisté à des jets de bouteilles et de verres sur la scène et le public.Une fausse note de ce jeune public qui, au lieu de dépenser son énergie dans la violence gratuite, pourrait optimiser cette énergie en savourant un concert gratuit, synonyme de partage et de rassemblement. Rendez-vous est pris la semaine prochaine pour que «Génération Mawazine» fasse de cette génération en décalage, une génération «Mawazouine».