Salon international de l'agriculture de Meknès

Les exportations des produits de la mer en manque de diversification

Les ventes à l’étranger des produits de la pêche restent marquées par une double concentration : sur les espèces exportées et sur les marchés ciblés.

Les exportations des produits de la mer se concentrent essentiellement sur l’UE.

06 Mai 2012 À 11:16

Les exportations marocaines des produits de la mer restent marquées par une double concentration : sur les espèces exportées et sur les marchés ciblés. Il s’agit là de l’une des principales conclusions que l’on peut tirer d’une étude qui vient d’être publiée par la Direction des Études et des prévisions financières sur les performances des exportations marocaines des produits de la mer sur le marché mondial. En effet, selon cette étude, les exportations marocaines des produits de la mer portent essentiellement sur quatre principaux produits qui représentent à eux seuls 80% des exportations totales du secteur. Il s’agit des céphalopodes congelés avec une part de 27%, les conserves de pélagiques (37%), composées notamment de la sardine, le poisson blanc frais (8%) et les crustacés congelés, portant principalement sur les crevettes décortiquées (6%).

En termes de marchés, ces ventes à l’étranger se concentrent essentiellement sur les pays de l’Union européenne et sur quelques pays africains et asiatiques avec des parts de marchés différentes selon le marché et le type de produit en question. Ainsi, les pays de l’UE absorbent près de 70% des exportations marocaines des produits de la mer. Cette concentration est davantage accentuée si on fait l’analyse par pays. En fait, le marché espagnol accapare à lui seul 46% de la valeur des exportations totales du secteur. Ces expéditions vers les marchés de l’UE sont marquées ces dernières années, note l’étude, par une tendance haussière pour les céphalopodes congelés et les conserves de pélagiques.

Globalement, le Maroc dispose d’un positionnement sur le marché de l’UE, en dominant pour les conserves de sardines et en s’imposant parmi les principaux fournisseurs de poulpe congelé pour l’Espagne. Par contre, le Maroc reste faiblement présent sur le marché des poissons frais de l’UE, avec une part qui ne dépasse pas 14%, malgré la disponibilité d’un fort potentiel de production nationale. Néanmoins, nuance l’étude, «avec le recul des parts de marché des principaux concurrents, notamment la France dans un contexte de raréfaction des ressources, des opportunités certaines se présentent pour gagner de nouvelles parts de marché». À ce sujet, l’étude a rappelé l’exemption des droits de douane appliqués à des produits issus de l’agriculture et de la pêche, ce qui permettra un accès privilégié du Maroc à ce marché demandeur. Mais encore faut-il répondre aux normes de qualité imposées.

S’agissant du marché asiatique, «région à potentiel important pour les produits marocains», les exportations des produits de la pêche restent limitées au poulpe congelé et concentrées sur le Japon qui est un gros consommateur de crustacés, de mollusques et de coquillages. De plus, la position du Maroc sur le marché du poulpe est sous la menace de certains concurrents, particulièrement la Chine et la Mauritanie.

Le Maroc n’a pas non plus pu profiter du grand potentiel du marché africain, puisque la présence des produits halieutiques marocains sur ce marché ne dépasse pas 11% de la valeur des exportations totales des produits de la mer. De même, le Maroc reste très faiblement présent sur le marché russe, dont les importations ont atteint 40,5 millions de dollars en 2010, provenant essentiellement de l’Ukraine (50%). Or, relève l’étude, la Russie est depuis longtemps considérée comme le plus grand importateur des sardines, qui sont des produits phares pour le Maroc et dont il est premier producteur mondial. Le manque à gagner est encore plus grand en ce qui concerne les États-Unis. En fait, ce pays constitue, désormais, selon l’étude, le principal importateur de poisson et de produits de la pêche.

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