L'humain au centre de l'action future

Rock’n’roll et rythm’n’blues à l’honneur au Théâtre national Mohammed V

● Un vibrant hommage a été rendu au chanteur Vigon, lors d’une soirée où il s’est produit devant une salle de théâtre archicomble.
● Un public nostalgique fut emporté par sa voix interprétant des tubes qui ont enchanté le monde.

22 Mai 2012 À 16:58

Une soirée inoubliable où un public assoiffé de bonne musique a acclamé son idole, chanté et dansé comme il ne l’a jamais fait. Une assistance bien particulière qui a passé des moments agréables se rappelant la belle époque de la chanson des années 60. «C’est comme si c’était hier où on attendait, devant notre petit poste de télévision, le passage de Vigon aux côtés des grands de l’époque. C’était le bon vieux temps», témoigne un sexagénaire très ému par tout ce qu’il vient de vivre durant ce spectacle. «Ils doivent penser à nous, de temps en temps, ces organisateurs de festivals. Nous aussi, nous avons nos idoles qui nous rappellent notre jeunesse comme Vigon». Ce natif de la capitale a grandi dans la médina sans jamais penser qu’un jour il sera une grande star. Il a commencé le chant à Rabat en compagnie d’orchestres de variétés tels les Toubkal, les Rolls ou encore les Golden Hands. «J’ai toujours la nostalgie de cette époque dont je me rappelle encore. D’ailleurs, j’ai gardé le contact, jusqu’à maintenant, avec le guitariste Aziz. Ce virtuose que j’ai connu alors que la guitare était encore plus grande que lui. Il était très doué. On a fait de bonnes choses ensemble. A l’époque, on évoluait dans les bases américaines», souligne l’artiste.

Mais le destin en a voulu autrement, car Vigon devait quitter ses amis pour aller chercher du travail. Alors qu’une autre aventure l’attendait au tournant : celle de devenir une star de la chanson. Il accumule soirée, prestations privées et autres festivals qui remplissent son emploi du temps jusqu’à l’éloigner un peu du Maroc. Mais, est-ce sa faute ou celle de nos programmateurs qui ne l’ont jamais sollicité ? On ne sait pas, mais c’est comme ça que cela s’est passé jusqu’au jour où il décide de venir s’installer à Agadir en 1978. Il y reste 23 ans d’affilée avant de retourner en France. Il se trouve que Mawazine a voulu se rattraper et pense à lui rendre hommage dans cette 11e édition en lui remettant le trophée du festival. Un beau moment d’émotion pour le «fils du pays».

«C’est la première fois qu’on m’invite dans un festival au Maroc, alors que je suis sollicité partout dans le monde. C’est pour cela que la nouvelle génération au Maroc ne me connaît pas. Maintenant c’est arrivé, tant mieux. Peut-être ce sera le départ d’autres prestations. Je ne sais pas. Moi, j’ai toujours accepté ce que le Bon Dieu m’a donné. Je marche avec le destin. Je pense que j’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. La chanson est la chose que j’aime le plus. Je ne programme jamais dans ma vie, les choses viennent comme ça. Et ça a toujours marché avec moi de cette manière. Dieu m’a donné une voix. Avec ça, je me donne du plaisir. Je n’en demande pas plus», renchérit l’artiste. C’est vrai que Vigon a eu énormément de chance dans sa vie, car il a pu, durant sa carrière, chanter aux côtés plus grandes stars connues mondialement telles les Moody Blues, les Yardbirds, Ronnie Bird, Antoine, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, entre autres. Sur ses rythm’n’blues et rock’n’roll, il a toujours émerveillé avec sa voix et sa forte présence sur scène. La disparition de sa fille à l’âge de 25 ans, en août, a été un coup dur pour lui. Son décès l’a plongé dans un profond désarroi. C’est ce qui a poussé Vigon à se porter candidat dans l’émission The Voice, afin de lui rendre hommage et saluer sa mémoire.«Moi je m’en fous de la carrière, je l’ai déjà eue. Avant j’étais heureux, maintenant je ne le suis que lorsque je chante», déclare Vigon.

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