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L'équipe Benkirane très attendue sur les chantiers sociaux

09 Janvier 2012 À 22:20

L'actuel gouvernement hérite d'un défi majeur qui est de réussir la corrélation entre les réformes et leur impact social. Réforme de la santé, programme d'urgence dans l'enseignement, scénarios possibles pour le sauvetage des systèmes de retraite, climat des affaires sont des actions que l'on cherche toujours à traduire dans les faits. C'est d'autant plus crucial que le travail d'un gouvernement n'est jamais à l'abri d'être sanctionné par les institutions mondiales qui effectuent chaque année des classements. Quand bien même ces systèmes de notation pourraient-ils être discutables, la note accordée engage l'image d'un pays. L'équipe Benkirane qui doit se réunir pour la deuxième fois en conseil de gouvernement, jeudi prochain, aura forcément à l'esprit l'idée d'améliorer les indicateurs économiques et humains. Au-delà des micmacs politiques et procéduraux inhérents au début de mandat, le gouvernement désigné sera très attendu sur des sujets plus concrets.

D'abord, il va falloir agir sur l'incohérence qui existe entre deux classements : celui de la Banque mondiale sur le doing business qui enregistre une amélioration de 21 points (passant de la 115e à la 94e place) et celui du développement humain qui lui enregistre une glissade de la 114e à la 130e place entre 2010 et 2011. Certes, ce dernier classement effectué par le Pnud a été contesté par le précédent gouvernement, mais la problématique d'amélioration des indicateurs sociaux reste toujours d'actualité. Encore faut-il savoir que le classement de la BM sur le climat des affaires au Maroc fait surtout la part belle à la protection des investisseurs (+56), tandis que la création d'entreprises a connu une dégringolade de 11 places.

Aujourd'hui, la compétitivité du pays dans le système mondialisé revient comme sujet phare et souci de toute équipe gouvernementale. Mais cette compétitivité est étroitement liée aux indicateurs sociaux. Car si le revenu est appelé à s'améliorer comme promis par le PJD qui dirige le gouvernement, le risque de voir les investisseurs étrangers déserter le pays en conséquence est présent. Par ailleurs, l'actuel Exécutif est conscient de l'importance d'améliorer le rendu en ce qui concerne les programmes et projets de l'INDH. Car, quand bien même le Maroc serait cité comme exemple à suivre en matière d'ingénierie sociale grâce à l'expertise acquise via l'Initiative nationale pour le développement humain, le suivi des projets et les critères de choix des associations restent perfectibles. En effet, le Maroc a fait le choix de la transparence en livrant des indicateurs véridiques aux institutions mondiales, mais il y a toujours moyen de faire mieux. Dans les secteurs de la santé et de l'éducation, la qualité et le service rendus n'arrivent pas au niveau escompté. Car il n'y a pas de raisons à ce que des pays comme la Tunisie, la Jordanie ou encore l'Égypte continuent de faire mieux. La durée moyenne de scolarisation des personnes âgées de 25 ans et plus est de 4,4 années seulement alors que le Royaume vise 10 ans.

La Turquie et la Tunisie sont déjà à 6,5 ans et la Jordanie peut se targuer d'une moyenne de 8,6 années. L'amélioration du niveau de vie des Marocains est également un défi à prendre à bras-le-corps. Il est l'un des indicateurs les plus visibles, mais aussi les plus perceptibles par la population. L'action du gouvernement Benkirane sera jugée sur les projets qui introduisent des changements palpables et dans des délais courts. La bonne gouvernance est la panacée pour rationaliser le travail gouvernemental et lui conférer plus d'impact. C'est la raison pour laquelle on a ajouté l'appellation gouvernance au ministère chargé des Affaires générales. Toutefois, là où le bât blesse, c'est au niveau de la cohérence et la complémentarité des politiques publiques. La plupart des projets sociaux, que ce soit dans le logement, la santé ou l'éducation, souffrent d'un déficit de structures de valorisation et de viabilisation. Et ce, principalement à cause de cette absence, à la peau dure, de synergie entre départements ministériels. Peut-être que l'actuel gouvernement dépassera les clivages politiques entre partis pour jeter les ponts entre les différents ministères.
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