11 Avril 2012 À 15:50
Face aux dangers de l’Internet, partout dans le monde, États et associations développent des programmes et outils pour sensibiliser le public aux risques de la toile. Ainsi pour découvrir les menaces qui guettent les enfants, Laila Kjiri, professeur à l’École nationale supérieure d’informatique et d’analyse des systèmes (ENSIAS), Université Mohammed V, Souissi-Rabat, invite les parents et éducateurs à un voyage dans l’univers de la cyber-criminalité à travers son livre «Guide pratique des risques liés à la cyber-criminalité envers les enfants». Un ouvrage commandé par l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco).
Selon cette spécialiste, «les adolescents peuvent recevoir une offre de nature sexuelle sur le web avec un risque de rencontre avec un pédophile. La classe d’âge ente 15 et 18 ans est particulièrement vulnérable, car les adolescents sont sensibles au regard des autres, impliqués dans des rapports de séduction et prenant facilement des rendez-vous extérieurs, sans leurs parents». Pour éviter de tomber dans le piège, Laila Kjiri propose d’aborder avec les enfants les questions de sécurité personnelle et d’exploitation sexuelle. «Il faut leur expliquer que les vidéos et photos peuvent rester en ligne à vie, pouvant entraîner des conséquences personnelles immédiates et professionnelles, ensuite. Un conseil : il faut conseiller à l’enfant de valoriser et préserver son intimité», ajoute l’intéressée. Autre danger qui guette les enfants sur internet, les jeux en réseaux violents. «Les jeunes peuvent entrer dans le cycle de la cybercriminalité par le biais des jeux en réseau. Ainsi, contrairement aux jeux sur console, le joueur ne contrôle plus le temps, car le jeu est sans fin, non plus lié au bouton “marche-arrêt” de la console de jeu, mais prolonger indéfiniment grâce aux joueurs qui se connectent du monde entier, selon leur propre fuseau horaire.
Les joueurs, après exposition aux jeux violents, deviennent souvent plus agressifs et excités», souligne-t-elle. Il y a aussi la cyber-intimidation qui se produit lorsque les enfants ou adolescents s’intimident mutuellement en se servant d’Internet, de téléphones mobiles ou d’autres cyber-technologies. «Les téléphones cellulaires intelligents sont une mine d’or d’informations qui n’attend que d’être exploitée par les cybercriminels.
À partir d’une photo prise par un téléphone intelligent et affichée sur un réseau social, il est possible grâce à certains logiciels d’obtenir des métadonnées telles que la date, l’heure et le lieu. Cette stratégie est appelée la géo localisation. Celle-ci ne constitue pas une infraction en soi, mais peut être utilisée à des fins illégales comme le harcèlement», note Laila Kjiri. Autre facettes de la cybercriminalité, le tourisme sexuel, les contenus érotiques ou pornographiques ou pédophiles, l’intimidation, le cyber-terrorisme, les menaces et insultes, le vol d’identité, le harcèlement, les escroqueries et arnaques, l’incitation à la haine et au racisme, non-respect de la propriété intellectuelle par le téléchargement illégal, etc. Face à ces menaces, il existe quelques solutions telles que l’utilisation des services d’un fournisseur d’accès et d’un logiciel de contrôle parental est une mesure utile de protection pour la navigation de son enfant sur Internet.