30 Mars 2012 À 16:31
Les dirigeants arabes, réunis jeudi en sommet à Bagdad, ont appelé le régime syrien et l’opposition à un dialogue «sérieux» et rejeté toute intervention militaire en Syrie, où l’armée poursuivait ses assauts sur les villes rebelles.
A Damas, le président Bachar al-Assad a annoncé avoir accepté le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan, mais a lié sa réussite à l’arrêt des «actes terroristes», en référence aux opérations menées par les rebelles qui combattent le régime, des déclarations jugées «décevantes» par Washington.
A l’exception de la Tunisie, aucun des 21 pays représentés n’a appelé directement à un départ du président Assad lors de ce sommet de la Ligue arabe organisé à Bagdad pour la première fois depuis plus de 20 ans.Dans sa résolution finale, les pays arabes demandent au «gouvernement syrien et à toutes les composantes de l’opposition d’adopter une attitude positive envers la mission de M. Annan en entamant un dialogue national sérieux basé sur le plan soumis par la Ligue arabe et la résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU».
Ils se déclarent par ailleurs en «faveur de l’unité et la stabilité de la Syrie et contre toute intervention militaire».Ils «condamnent les violations des droits de l’Homme contre les civils et considèrent le massacre de Baba Amr commis par les forces militaires et de sécurité syriennes comme des crimes contre l’humanité».Baba Amr et d’autres quartiers rebelles de la ville de Homs (centre) ont fait l’objet de pilonnages incessants pendant des semaines par les autorités syriennes pour faire plier la révolte contre le régime, qui a éclaté en mars 2011 et dont les violences ont fait plus de 9.100 morts selon une ONG.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, présent au sommet, a appelé le président Assad à appliquer sans délai le plan de M. Annan qui prévoit la cessation des violences par toutes les parties, la fourniture d’aide humanitaire et la libération des personnes détenues arbitrairement.Le président Assad a indiqué avoir accepté ce plan, soulignant que son pays «n’épargnera aucun effort pour (le) faire réussir », dans une déclaration rapportée par l’agence officielle Sana.Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi y a vu un «signe d’espoir», mais a jugé que le plan devait être appliqué «immédiatement».
«Pour faire réussir la mission d’Annan, il faut faire tarir les sources du terrorisme visant la Syrie et en provenance de pays qui ont annoncé avoir financé et armé les groupes terroristes», a-t-il dit.Le sommet de Bagdad, qui s’est tenu sous ultra-haute sécurité, officialisait aussi le retour de l’Irak dans la famille arabe et a été marqué par une visite historique de l’émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, plus de vingt ans après l’invasion de son pays par les troupes de Saddam Hussein.