24 Avril 2012 À 17:44
«Une journée heureuse commence par une découverte, se fortifie par des échanges et trouve harmonie et félicité quand le curieux, le passant et l’esthète accompagnent le soir vos passions », c’est en ces mots qu’on peut résumer la philosophie de Khalid Gharib. Attentif aux empreintes laissées par l’histoire dans les arts marocains. Cet auteur va au-delà des simples représentations artistiques, sondant toutes les aires culturelles du Maroc. L’ouvrage «La main au Maroc » propose une collection au-delà des superstitions primitives et des multiples expressions identitaires dont fait objet le Maroc. Un travail de gros calibre, que le lecteur peut voir dès le début de l’ouvrage. Des représentations larges et exhaustives d’un ensemble de pièces, collectées dans toutes les ères culturelles du Maroc. Bijoux en métal nobles, imprimés, lampes, vêtements, tissages, broderies, manuscrits, amulettes et multiples objets utilitaires entourant aussi bien la vie quotidienne, que les grandes cérémonies. Il s’agit également, à travers cet ouvrage, de porter un regard sensible sur ces artisans et orfèvres, musulmans et juifs, qui dans une complicité fraternelle, ont façonné des formes et des styles dont les arts marocains se confortent toujours.
A ce titre, Khalid Gharib propose une lecture allant au-delà des simples superstitions primitives et des multiples expressions identitaires. C’est, en ce sens, une étude nous invitant à suivre le capturant voyage qu’il a fait autour de la « Khamsa » marocaine. Et ce, en partant à la découverte des multiples voies inexplorées de l’histoire marocaine, dépoussiérée et approfondie. Car la «Khamsa» a toujours investi de plusieurs significations dans la tradition marocaine. En amulette, ou en décor, elle porte des messages différents. Khalid Gharib décrypte pour nous quelques-uns de ces messages venus de mondes écroulés ou oubliés depuis, mais dont quelques feux ultimes se cramponnent à la «Khamsa». Après avoir sillonné les continents, multiplié les pérégrinations entre l’Orient et l’Occident, relié le Machreq au Maghreb, la «Khamsa» s’est frottée en cours de route à de multiples civilisations, épousant toutes les croyances. Et ce n’est qu’au bout de toutes ces aventures qu’elle a finalement choisi une terre d’élection, un royaume, le Maroc. A noter que les collections présentées dans ce livre sont, également, le fruit d’une riche collaboration avec des collectionneurs comme Paul Dahan et Bill Gross.
Ces derniers ont partagé leurs passions pour la «Khamsa» : symbole immortel d’une mémoire allant au-delà des frontières. Aussi, les pièces glanées par Bill Gross et Paul Dahan trouvent dans ce livre sur la « Khamsa » de Khalid Gharib, des pages amicales. Les textiles, les bijoux et les manuscrits disent dans la pluralité des graphismes, les résonnances que la main rencontre dans la mémoire marocaine à travers des objets, des écrits et des bénédictions attestant de l’ouverture et de l’histoire de ce pays.