Spécial Marche verte

Une maladie peu connue au Maroc

● La sclérose en plaques est une maladie chronique qui touche particulièrement les jeunes leur causant, si elle n’est pas diagnostiquée à temps, toutes sortes de handicaps.
● La sensibilisation demeure donc indispensable pour faire sortir cette maladie de l’ombre.

Les symptômes de cette maladie complexe qui apparaît de façon inexpliquée sont des troubles moteurs qui se traduisent par une instabilité et des problèmes d’équilibre.

31 Juillet 2012 À 18:22

Maladie inflammatoire chronique du système nerveux, la sclérose en plaques (SEP) est considérée comme une maladie rare qui touche quelque 10 000 Marocains. Peu connue au Maroc, cette maladie peut avoir de très graves conséquences en cas de retard de diagnostic. Pour faire des éclairages sur cette maladie et informer le grand public sur le degré de sa gravité, l’association Al Hanae de Fès, de lutte contre la sclérose en plaques (HanaSEP) a organisé dernièrement à Fès, une rencontre de sensibilisation.

Présent à cette occasion, Pr Belahsen Mohamed Faouzi, chef du service de neurologie au CHU Hassan II de Fès a fait savoir que la sclérose en plaques présente des symptômes relatifs aux différentes fonctions du système nerveux. «La SEP est une maladie inflammatoire, qui touche le système nerveux, dont la particularité réside dans le fait qu’elle affecte surtout le sujet jeune, entre 20 et 40 ans. Les symptômes de cette maladie complexe qui apparaît de façon inexpliquée, sont outre, des troubles moteurs qui se traduisent par une instabilité, des problèmes d’équilibre, des risques de chute, et un besoin, parfois, d’une canne pour se déplacer, des troubles visuels, ou encore des fourmillements et des pertes de sensation. Ces symptômes se manifestent sous forme de poussées qui s’installent de quelques heures à quelques jours, pour diminuer ensuite progressivement. Le problème avec ces poussées c’est qu’au fur et à mesure que la maladie évolue, elles peuvent laisser des séquelles qui peuvent devenir handicapantes.

En effet, plus les poussées s’accumulent plus les séquelles neurologiques, de handicaps moteur, sensitif et sensoriel deviennent nombreuses», a expliqué Pr Belahsen. Le danger de la SEP est effectivement lié à son évolution qui peut aboutir, si le traitement n’est pas instauré à temps, à un handicap susceptible de perturber l’activité professionnelle et sociale du sujet. Cependant, l’évolution de la SEP diffère selon les individus. Le plus souvent, au début de la maladie, il est impossible de prédire, pour un patient donné, quels seront la fréquence et le degré de récupération des poussées, ni son état neurologique au bout de quelques années.

L’évolution dans le temps et l’expression de la maladie sont très variables d’un patient à l’autre, et également chez un même patient. Diagnostiquée grâce au progrès technique de l’imagerie par résonance magnétique (IRM), la sclérose en plaques est une maladie chronique qui n’a pas de traitement curatif définitif. Les traitements qui existent aujourd’hui ralentissent l’évolution de la maladie, cependant, ils coûtent extrêmement cher (plus de 10 000 DH/mois). «La recherche scientifique a contribué à la découverte de beaucoup de médicaments qui ralentissent d’une manière nette, évidente et prouvée scientifiquement l’évolution et l’aggravation de cette maladie.

Le problème pour les patients marocains, c’est que la plupart ne sont pas mutualistes, et n’ont pas les moyens de se procurer ces médicaments très coûteux. Nous espérons avec la généralisation du Régime d’assistance médicale (RAMED), que ce problème sera résolu et que les hôpitaux et les centres hospitaliers du Maroc metteront à la disposition des personnes atteintes de cette maladie les médicaments nécessaires», a précisé Pr Belahsen.Avec des traitements extrêmement coûteux, le plus grand problème posé par la sclérose en plaques au Maroc reste la prise en charge, surtout pour les patients non mutualistes. 

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