20 Mai 2012 À 10:28
Il ne se passe pas un jour sans qu’on remarque la présence d’animaux errants dans la rue, ignorés, maltraités et même violentés. Si une minorité de chiens et de chats est chouchoutée par leurs propriétaires qui prennent soin d’eux jusqu’au moindre détail, des milliers d’autres petites bêtes font face chaque jour à leur triste sort. Elles sont délaissées, abandonnées, victimes de cruautés, de violence, etc. Les chevaux, les mulets et les ânes, quant à eux, servent de moyens de transport d’une certaine catégorie sociale. Cela ne veut pas dire que leurs conditions sont plus favorables que les chats et chiens de rue. Bien qu’ils soient indispensables et rendent beaucoup de services, leurs propriétaires ne les protègent pas. Les pauvres bêtes sont traitées comme de simples objets, sans âme, sans émotion. Par conséquent, elles souffrent de différentes maladies, de blessures, parasitoses, carence nutritionnelle…
En effet, la détresse des animaux au Maroc est bien visible, sauf que cela n’intéresse pas beaucoup de monde. Heureusement, il existe quelques institutions qui s’occupent de la protection des animaux. Elles s’activent depuis des années pour leur assurer un toit, de la nourriture et des soins vétérinaires. Une mission compliquée et qui relève d’un véritable parcours du combattant face à l’insouciance d’une grande majorité. L’Association Hanane pour la protection des animaux et de l’environnement (AHPAE) en est une. Se situant au quartier Gauthier à Casablanca, l’association a pour objectif d’accueillir, soigner, nourrir et protéger des animaux. Elle accueille des chats et des chiens errants, âgés, aveugles ou malades, mais non contagieux. Ces animaux sont généralement abandonnés suite à des blessures qui les handicapent ou à cause de leur âge avancé. Hanane Abdel Mouttalib, fondatrice de l’AHPAE, souligne que la situation désastreuse dans laquelle vivent les animaux au sein de la société marocaine est le résultat de fausses idées ancrées dans les mentalités. «L’animal a toujours eu une place dans la vie des humains.
Le problème qui se pose actuellement est que nous perdons les repères de génération en génération. En effet, avec le temps, les gens ont perdu l’étique animale à cause du manque de sensibilisation et d’éducation.Nous sommes donc devenus totalement insouciants envers les animaux», explique-t-elle. «Je tiens également à préciser que la cruauté et la maltraitance animale ne sont, en aucun cas, liées à la pauvreté. La preuve c’est que les animaux des grandes villes sont beaucoup plus maltraités que les animaux vivant dans le milieu rural.
On peut facilement constater que plus on s’éloigne des villes, moins les animaux sont battus et malades», poursuit la fondatrice de l’AHPAE. Cette dernière rappelle également que les animaux abandonnés et souffrants dans nos villes reflètent une mauvaise image du citoyen marocain surtout vis-à-vis des touristes. Selon elle, des associations étrangères ont été contactées par des touristes au Maroc pour signer des pétitions contre la maltraitance des animaux. L’Union marocaine pour la protection des animaux (UMPA) œuvre également dans le domaine de protection des animaux.
Il s’agit d’un vaste refuge animalier à Bouskoura, près de Casablanca, qui s’étend sur 6 000 m2. Cet abri, équipé de locaux pour les équidés, les chiens, les chats et les oiseaux, vise à améliorer le sort des animaux, et ce, en soignant leurs blessures, en soulageant leurs souffrances ou leurs maladies à titre gratuit. Elise Baron Beguin, assistante bénévole de l’UMPA, s’exprime sur la situation des animaux au Maroc, plus particulièrement dans certaines fourrières. «Il y a quelques années, quand je suis allée à la fourrière de Casablanca pour récupérer un chien, j’ai vu l’état de la fourrière et la souffrance de ces chiens errants et entassés par 5 ou 6 dans des cages tellement petites que je suis revenue pour essayer de soulager la douleur de ces pauvres animaux».
Et d’ajouter : «A force de patience et de discussion, notre union a réussi à prendre en charge l’euthanasie des animaux errants de la fourrière alors qu’avant ces animaux étaient euthanasiés avec de la strychnine, puissant poison, les chiens mourraient dans des souffrances atroces et mettaient parfois 3 à 4 jours pour mourir. Nous ne pouvons malheureusement pas recueillir tous les animaux qui y sont amenés (7 000/8 000 environ par an), nous pouvons juste améliorer leurs derniers moments et en sauver quelques-uns».