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Un voyage musical dans la région du Golfe Persique

● Le duo Kayhan Kalhor et Erdal Erzincan (Iran-Turquie) a émerveillé le public éclectique du Chellah, lors de sa prestation à Mawazine.
● Un concert digne des grands maîtres virtuoses du monde.

Le concert a permis au public de découvrir les sons et les mélodies métissées de l’Iran et de la Turquie.

24 Mai 2012 À 18:03

C’est toujours dans la magie de ce lieu chargé d’histoire et de symboles que se produisent les plus belles mélodies venues du monde entier. La beauté du lieu et son aura en font un creuset de prestige pour ces artistes et groupes venant de très loin. Les concerts authentiques de grande qualité qui y sont programmés, chaque année, drainent de plus en plus de mélomanes passionnés par ce genre musical.Le duo Kayhan Kalhor et Erdal Erzincan (Iran-Turquie) a fait partie de la programmation de la 11e édition de Mawazine, apportant, de ce fait, un autre souffle musical venant de l’Orient. Leur prestation fut l’occasion d’une découverte très impressionnante de sons et de mélodies métissées entre l’Iran et la Turquie. Un brassage qu’on n’a pas l’habitude d’écouter, mais qui n’a pas manqué d’éblouir le public de fins connaisseurs présents pour ce concert un peu particulier. Des morceaux immortels sur lesquels le temps n’a aucune prise.

Car quand Kayhan Kalhor joue avec son instrument, le kamantché, une vièle à quatre cordes, on croit entendre des pleurs, du vent ou de la pluie. C’est pour cela qu’il a intitulé ses derniers albums «The Rain» ou «The Wind». Ce natif de Téhéran en 1963 a reçu une formation musicale dès l’âge de sept ans et a été forgé grâce à ses multiples voyages à Rome et Ottawa, où il a étudié la musique occidentale. Celle-ci lui a donné le goût du métissage et du dialogue.

Sa rencontre avec le Turc Erdal Erzincan n’est pas la première du genre, car il a déjà fait des collaborations aussi fructueuses avec des musiciens et des formations de talent, tels le Kronos Quartet californien, le violoncelliste sino-américain Yo Yo Ma ou le sitariste indien Shujaat Husain Khan. Puis avec le Turc Erdal Erzincan, considéré comme le plus grand joueur de baglama (luth à manche long ou court dérivé du saz). Leurs prestations tous les deux sont d’une harmonie incroyable qui ne manque pas d’émerveiller le public. C’est le cas du concert du Chellah qui a laissé l’assistance ébahie par la virtuosité et la finesse d’un jeu très professionnel. Une rencontre inédite entre musique perse et musique turque grâce à ce mélange de musiques orientale et contemporaine qui transporte le spectateur dans un voyage de rêve.

Ce goût du métissage, que Kayhan a gardé de ses voyages à Rome et Ottawa, donne naissance à des musiques qui sonnent vrai et vont au-delà des clichés ou clivages auxquels on peut les rattacher. D’où sa capacité à capter des publics variés et de tous les âges. «Mon âme s’est instantanément mise à rêver aux sons du kamancheh de Kayhan Kahhor, du baglama d’Erdal Erzincan, instruments mis au service de 12 improvisations basées sur des musiques turque et de la région du Golfe Persique, toutes plus belles les unes que les autres», témoigne un spectateur, connaisseur en la matière. En effet, Kayhan est considéré comme l’un des rares musiciens persans à faire une synthèse et à produire une musique à la fois sophistiquée et séduisante capable de toucher au-delà du cercle des initiés.

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