Naissance de SAR Lalla Khadija

Les infrastructures sanitaires ne sont pas prêtes pour le Ramed

● Les services de santé sont mobilisés pour généraliser le régime donnant droit aux démunis de bénéficier des soins publics gratuits.

Avec la mise en place du Ramed, les infrastructures hospitalières actuelles de la ville s’avèrent très insuffisantes.

02 Mai 2012 À 12:15

Pour faciliter l’obtention de la carte du Régime d’assistance médicale (Ramed) donnant droit aux soins, de nombreuses mesures ont été prises au niveau des différents arrondissements de Mohammedia qui ont été dotés des moyens humains pour réussir cette opération. Des guichets ont été ouverts, réservés à l’accueil des personnes désireuses de bénéficier de cette carte, et des dispositions ont été prises pour faciliter les procédures et permettre à toutes les personnes qui répondent aux exigences du Ramed de bénéficier de ce régime.

Face à une demande accrue en matière de soins, notamment après le lancement du Ramed, comment s’est préparé le secteur de la santé à Mohammedia et quelles sont les dispositions prises ? La ville dispose-t-elle de structures hospitalières, du personnel médical et paramédical suffisant et adapté pour répondre aux exigences du Ramed ? Le moins que l’on puisse dire, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, est que Mohammedia, en dépit de ses multiples potentialités, ne dispose en tout et pour tout que d’une seule structure hospitalière, d’une capacité de 148 lits, pour plus de 320 000 habitants. Le déficit actuel concerne l’absence des services de la réanimation, de la neurologie, de la chirurgie cardiovasculaire ainsi que l’absence d’un scanner.

Les centres de santé, au total 13, dont 7 ruraux, sont-ils dotés en moyens humains et matériels suffisants pour la prise en charge des bénéficiaires du Ramed et des autres malades ? À titre d’exemple, la commune rurale d’Echellalate, qui compte environ 40 000 habitants, ne dispose que d’un seul dispensaire. À l’exception du centre de santé d’Aïn Harrouda, les autres dispensaires des diverses communes rurales relevant de la préfecture de Mohammedia ne disposent pas de service d’accouchement.

En dépit du déficit actuel, des aménagements ont été entrepris au niveau de l’hôpital Moulay Abdellah et les moyens humains et matériels ont été renforcés pour accueillir dans de bonnes conditions les malades. En marge du lancement du Ramed, tous les services se sont mobilisés pour permettre aux bénéficiaires d’avoir droit aux prestations et soins disponibles.

«Malgré l’aménagement de l’hôpital et l’amélioration des services de soins obstétricaux et des urgences, des problèmes subsistent. Ils s’accentueront avec l’afflux considérable des bénéficiaires des cartes du Ramed. Nous sommes conscients, a souligné un responsable au niveau de la délégation préfectorale de la santé, du déficit actuel relatif aux infrastructures sanitaires.

Le développement spectaculaire de Mohammedia et sa région n’a pas beaucoup profité au secteur sanitaire, dont les infrastructures ne répondent plus aux réels besoins de la population et de Mohammedia où sont implantées de nombreuses unités chimiques et parachimiques, sans oublier la densité ferroviaire et autoroutière ainsi que la poussée démographique, les bidonvilles, etc».

En cas d’hospitalisation d’urgence, le patient est pris en charge immédiatement à l’hôpital Moulay Abdellah. Les cas sérieux, de «niveau 3», sont acheminés au centre hospitalier régional de Casablanca.Il est à noter qu’une formation a concerné les professionnels de la santé, les médecins, les infirmiers et le personnel administratif. «Malgré les efforts consentis, il faut impérativement songer à la construction d’un nouvel hôpital préfectoral adapté aux besoins de Mohammedia et de sa région», a précisé un bénéficiaire de la carte Ramed. «Au-delà de l’insuffisance des structures médicales, de la problématique des ressources humaines, de la transparence de l’accueil, etc., il faut songer à la maîtrise des équipements et du matériel médical pour améliorer le rendement au niveau des urgences et du service de la maternité», rétorque un autre bénéficiaire résidant dans un bidonville de la ville.

Pour les habitants de la ville, le Ramed doit inciter les services de la santé à agir efficacement pour améliorer la qualité des soins. En effet, il s’agit d’un grand chantier qui devrait mobiliser toutes les énergies pour améliorer la qualité des soins et instaurer une bonne gouvernance au sein des établissements hospitaliers publics.

Copyright Groupe le Matin © 2026