20 Juin 2012 À 17:16
Les pouvoirs publics ont lancé une vaste campagne d’assainissement et de lutte contre l’occupation illégale du domaine public. Désormais, on peut circuler aisément dans plusieurs rues et boulevards de la ville. Les marchands ambulants ont été obligés de déserter la chaussée. Néanmoins, si les habitants saluent cette initiative, ils rappellent les opérations précédentes de lutte contre le phénomène des «ferrachas» qui n’ont jamais abouti. «Le plus indiqué aujourd’hui est de favoriser l’approche du dialogue et des pourparlers avec cette catégorie sociale», explique un responsable à la préfecture.
Et d’ajouter qu’on ne peut plus tolérer que les marchands ambulants continuent à squatter le domaine public. En effet, dans certains points de la ville notamment au niveau du «souk de la Fontaine», du «souk joutia» d’El Alia et à Mesbahiat, il est difficile sinon impossible de circuler sans gêne. De même, toutes les rues avoisinant les marchés de boulevard Houria et rue la Fontaine sont occupées par les marchands ambulants depuis longtemps. Cette situation véhicule une image peu reluisante de la ville. Elle freine l’essor de Mohammedia et génère de multiples problèmes environnementaux et de santé. «Cette situation, souligne cette ménagère, dure depuis longtemps, nous avons tenté de combattre ce fléau en vain, les actions entreprises par les services concernés sont encourageantes néanmoins, il faut un suivi rigoureux, mais surtout l’implication des associations de quartiers sans oublier la sensibilisation. L’espace public occupé illégalement a pris des allures inquiétantes.
Certains n’hésitent plus à squatter les rues, les devants des maisons, les places publiques croyant qu’ils en ont le droit, même les trottoirs et le carrelage sont occupés par des voitures qui y stationnent à longueur de journée». Effectivement, le cas du boulevard Hassan II est éloquent. Les divers programmes de recasement des marchands ambulants n’ont pas abouti. Ces derniers sont de plus en plus nombreux, leurs activités désorganisées dénaturent le paysage urbain et créent de nombreux problèmes. «Le plus important aujourd’hui est la mise en place de mécanismes de financement pour aider cette catégorie de personnes fragiles à s’intégrer et à développer leurs activités dans un cadre légal. Les efforts doivent concerner la restructuration des zones commerciales sur la base d’un plan de réaménagement de celles investies par les marchands ambulants», indique un acteur associatif.
Et d’ajouter que les tentatives de déplacement des marchands ambulants ont échoué parce que les places réservées à ces derniers sont situées dans des endroits loin de la clientèle. Le fléau des marchands ambulants ne risque pas de disparaître tant que les problèmes de l’exode rural, du chômage et de la pauvreté ne sont pas réglés. Pour l’instant, l’unique alternative pour atténuer le phénomène se concentre sur la multiplication des campagnes d’assainissement en y impliquant les habitants eux-mêmes.