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Kofi Annan en Syrie

● Craintes d’une nouvelle offensive d’envergure dans la province d’Idleb, frontalière de la Turquie à la veille de la visite de l’émissaire international.

L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, attendu samedi.

09 Mars 2012 À 16:32

Les militants anti-régime craignaient vendredi une offensive d’envergure dans la province d’Idleb, frontalière de la Turquie, à l’instar de l’assaut contre Baba Amr à Homs, à la veille de l’arrivée à Damas de l’émissaire international Kofi Annan.Nouveau signe de blocage, la Russie a annoncé qu’elle était opposée au nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie qu’elle juge « déséquilibré », notamment car il ne contient pas d’appel à un cessez-le-feu des rebelles comme des forces gouvernementales.Dans la province d’Idleb, une région montagneuse du nord-ouest du pays, les forces du régime de Bachar al-Assad ont commencé vendredi à prendre d’assaut plusieurs villages. Des renforts s’y massent depuis plusieurs jours dans le but d’écraser la rébellion.

L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, attendu samedi, a mis en garde contre davantage de militarisation qui selon lui va aggraver la situation dans le pays meurtri depuis un an par les violences, un message relayé depuis des semaines par les Etats-Unis.Vendredi, les militants se préparaient à manifester de nouveau, cette fois-ci en hommage à la communauté kurde dont le soulèvement il y a huit ans à Qamichli (nord-est) a été maté dans le sang, au prix de dizaines de morts.Depuis des jours, les militants craignent une opération d’envergure imminente dans la province d’Idleb semblable à celle menée à Baba Amr, quartier de Homs (centre) repris par l’armée le 1er mars.« Nous craignons une opération d’envergure comme à Baba Amr, et pas un assaut normal », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Hiomme (OSDH).Un nombre important de chars et de soldats sont rassemblés dans le district de Jabal al-Zaouia, dans la province d’Idleb, selon Milad Fadl, un militant de la Commission générale de la révolution syrienne.« Le plus grand nombre de déserteurs (en Syrie) sont à Jabal al-Zaouia, c’est là-bas qu’il y a eu le plus grand nombre de défections », a expliqué Abdel Rahmane.

Dans cette guerre sans merci contre les rebelles, le régime du président Assad se targue de l’appui jusque-là infaillible de la Russie, qui a déjà bloqué deux résolutions des Occidentaux. Vendredi, Moscou a affirmé son refus d’un nouveau texte américain exigeant du régime qu’il mette fin à la répression.La Chine, autre alliée du régime, a annoncé l’envoi en Arabie saoudite, en Egypte et en France d’un nouvel émissaire, Zhang Ming, chargé d’expliquer la position de Pékin.Ces tractations diplomatiques et offensives sur le terrain interviennent au moment où le régime montre ses premiers signes de division après l’annonce jeudi par le vice-ministre du Pétrole syrien de sa démission pour dénoncer la « brutalité » du régime de Bachar al-Assad. Washington a estimé que cette annonce serait « une très bonne nouvelle », si elle était confirmée.Vendredi, la répression a fait au moins quatre morts dans la matinée, dont trois civils dans un assaut des forces régulières dans la localité d’al-Traimsé dans la province de Hama (centre). Celle-ci est adjacente à Idleb où les militants craignent le pire et d’où ont fui de nombreux habitants, notamment de Jabal al-Zaouia et de la ville d’Idleb.

Une réunion de coordination sur l’aide humanitaire internationale pour la Syrie s’est ouverte jeudi à Genève, au cours de laquelle les Etats-Unis ont annoncé que leur contribution passait de 10 à 12 millions de dollars. La France de son côté a décidé de « consacrer un million d’euros supplémentaires au fonds d’urgence humanitaire pour la Syrie qu’elle a créé le 14 février ».Plus de 25.000 réfugiés sont actuellement recensés par l’ONU dans les pays voisins de la Syrie, et les violences ont déplacé entre 100.000 et 200.000 personnes à l’intérieur du pays.Avant sa venue à Damas samedi, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a estimé que « la solution ultime réside dans un règlement politique », alors que l’opposition refuse toute négociation avant le départ de M. Assad.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a exclu une intervention militaire mais pas la fourniture « d’assistance non létale » à l’opposition.Selon l’OSDH, les violences ont fait quelque 8.500 morts, en majorité des civils, depuis le début de la révolte.

Avec agence


«Une très bonne nouvelle»

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a salué vendredi l’annonce de la défection du vice-ministre du Pétrole syrien Abdo Hussameddine, comme «une très bonne nouvelle». «La déliquescence du régime syrien a commencé. Les marques d’érosion vont continuer», a dit le ministre lors d’un point presse à Berlin.Washington avait estimé jeudi que l’annonce de cette défection serait «une très bonne nouvelle», si elle était confirmée. «Moi, l’ingénieur Abdo Hussameddine, vice-ministre du Pétrole (...) j’annonce ma démission (...). Je rejoins la révolution du peuple qui rejette l’injustice et la campagne brutale du régime», a-t-il déclaré jeudi dans un message vidéo posté sur le site YouTube. L’ancien ministre, passé dans la clandestinité pour sa sécurité, a appelé les autres membres du gouvernement à abandonner «un bateau qui coule», expliquant ne pas souhaiter finir sa vie «au service d’un régime criminel».

 

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