Fête du Trône 2006

Coran, science et modernité

Par Mohamed Lansari
Consultant-chercheur universitaire.

Le Coran nous parle le langage du 21e siècle : celui de la science et de la technologie, celui du savoir et du droit.

18 Mars 2012 À 11:15

Défiant le temps et les déraisons, le Coran a toujours suscité les passions les plus diverses. Il se révèle être aujourd’hui une source inépuisable de thèmes de réflexions et de recherches, dans tous les domaines, sans exclusive ! Même si le Coran est un, ses lectures sont multiples. Il y a 14 siècles, sa principale force était appréhendée sur le plan linguistique, il mettait au défi poètes et écrivains de toute l’Arabie, ou d’expression arabe, de produire des textes aussi riches, dans la même teneur et rigueur. Aujourd’hui, le Coran nous parle le langage du 21e siècle : celui de la science et de la technologie, celui du savoir et du droit ! Le mot «science» et ses dérivées sont cités dans le Coran 811 fois, contre 14 fois seulement pour le mot «prière», 14 fois pour le jeûne, 13 fois pour «Al Hajj» (le pèlerinage), et 32 fois pour la «Zakat» !

Tous les textes coraniques font l’apologie du travail bien exécuté (dans plus de 450 versets !), de l’harmonie dans les relations entre les Hommes, dans tous les domaines, en insistant toujours sur le respect et la dignité humaine. Le plus long verset dans le Coran (V.282 - & 2 –Al Baqara), ne concerne aucun des cinq piliers de l’Islam, mais bien le Droit Commercial, les obligations et contrats commerciaux entre les gens ! La législation la plus élaborée dans le Coran concerne le Droit privé, en l’occurrence le droit de la Femme : depuis la reconnaissance de son droit à la vie, jusqu’à son droit à l’héritage, en passant par sa vie conjugale et sa sexualité. Aucune législation dans le monde n’est arrivée à élaborer un «Droit de la femme» aussi précis et sophistiqué que celui existant dans le Coran.

La raison et la foi

Si le Saint Coran est avant tout un cadre de référence quant aux obligations et les interdits, un ordre moral, et «Dikr» (rappel), il est aussi «Furqân» c’est-à-dire : «Discernement» (entre le bien et le mal). Dans tous les sujets controversés et souvent sensibles, Dieu en appelle à notre raison, avant de s’adresser à notre Foi. : «C’est ainsi que, de tous les serviteurs de Dieu, seuls les savants le craignent véritablement. Dieu est puissant et clément») (V28 - § 35 «Fâter»-Le Créateur») « (Nous continuerons à leur montrer Nos signes, aussi bien dans l’Univers qu’en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’ils reconnaissent que ce Coran est bien la vérité. Ne suffit-il donc pas que ton Seigneur soit témoin de toute chose ? Mais ils continueront à avoir des doutes sur leur comparution devant leur seigneur, comme si la science de Dieu n’embrassait pas toute chose ! »). La nouvelle génération des intellectuels, qui a voulu rationaliser tous ses rapports avec le monde, et qui s’est affublée du titre pompeux «les nouveaux penseurs», jette un regard de compassion, voire de mépris à l’égard de tout ce qui relève du religieux en général, et de l’Islam en particulier, en se faisant le porte-parole de «l’école laïque» en Europe !

Ces intellectuels, n’ayant aucune formation dans le domaine religieux, mais souvent issus des missions culturelles étrangères installées dans les pays du Maghreb, servent d’alibi dans les conférences ou débats télévisés, à diverses tentatives de dénaturation de l’Islam en général, et du Coran en particulier, par des méthodes machiavéliques et insipides, ou en isolant tout simplement des versets de leur contexte global. Contrairement aux fausses idées colportées dans ces cercles, l’Islam n’a jamais été contre les débats d’idées. Bien au contraire ! Les versets sont trop nombreux à cet égard pour les citer tous, mais il suffit de mentionner ici ce «rappel à l’ordre» à notre prophète, bien-aimé, Sidna Mohammed, (que la Paix de Dieu soit sur lui), dans le verset 158, § «AL Imrän»(la Famille d’Imrane) : «C’est par un effet de la grâce de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais brutal ou inhumain avec eux, ils se seraient tous détachés de toi. Sois donc bienveillant à leur égard ! Implore le pardon de Dieu en leur faveur ! Consulte-les quand il s’agit de prendre une décision ! Mais, une fois la décision prise, place ta confiance en Dieu, car Dieu aime ceux qui mettent en Lui leur confiance».

Afin de nous rappeler l’importance des consultations et des délibérations entre les citoyens, Dieu en a fait tout un chapitre, intitulé «Ash’Shurâ»(la délibération, ou la consultation), en particulier dans son verset 38 ! On ne peut pas faire plus clair, en matière de démocratie, de justice ou de consultation des citoyens ! L’Islam avance inexorablement vers son extension et sa notoriété, sans se soucier des nombreuses brebis galeuses, ici et là. À l’instar de la science, en particulier les mathématiques, il repose sur quelques postulats simples, mais qui resteront irréversibles et immuables au fil des temps : «Dieu existe.

Il n’y a de dieu que Dieu.

Il est l’unique.». «Le Saint Coran est la quintessence de tous les écrits sacrés. Il est Sa voix.» «Sidna Mohammed est son dernier messager. Il est Le messager de tous les Hommes».En dehors de ces postulats, tout peut être discuté en Islam. Mais le Coran, texte sacré par définition, n’appartient à personne, c’est un discours transcendantal, du Seigneur à ses fidèles sujets, par conséquent ne souffrant d’aucune transgression ou modification : §18, V27, «Al Kahf»- la Caverne»: «Récite ce qui t’a été révélé du livre de ton Seigneur, dont nul ne saurait altérer les paroles et en dehors de qui tu ne saurais trouver de refuge.» 

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