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Le corps de Arafat exhumé pour autopsie

L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire française pour élucider les causes de sa mort.

Après l’exhumation du corps, les experts ont décidé de procéder à l’autopsie sur place. bPh. AFP

27 Novembre 2012 À 17:47

La tombe de Yasser Arafat a été ouverte mardi pour quelques heures, le temps d’effectuer des prélèvements, confiés à des experts internationaux qui doivent tenter de déterminer huit ans après si le dirigeant historique palestinien a été empoisonné.L’opération, qui s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire française pour assassinat, a commencé à 5 h locales et s’est achevée en milieu de matinée avec la fermeture de la tombe.

«Toute la procédure est achevée. Les prélèvements ont été effectués sans sortir la dépouille de la tombe et ont été remis aux experts français, suisses et russes», a déclaré dans un communiqué Taoufiq Tiraoui, le président de la commission d’enquête palestinienne sur la mort de Arafat. «Une source palestinienne avait précédemment indiqué que la dépouille avait été transportée dans une mosquée jouxtant le mausolée, mais selon M. Tiraoui, les experts ont décidé d’un “commun accord” de procéder à l’opération sur place.»La dépouille n’ayant pas été sortie de la tombe, la cérémonie militaire d’inhumation qui était prévue a été annulée, selon M. Tiraoui, qui devait tenir une conférence de presse en début d’après-midi.«Trois juges français, saisis d’une enquête pour assassinat sur plainte contre X de la veuve d’Arafat, Souha, assistaient à l’opération, en présence de la plus haute autorité islamique palestinienne, le mufti Mohammad Hussein.» Le plus grand secret a entouré l’exhumation, hautement sensible symboliquement, et politiquement.L’accès à la Mouqataa, le QG de l’Autorité palestinienne où se trouve la tombe, était interdit mardi aux médias. Une ambulance était garée dans l’enceinte du complexe et des experts vêtus de combinaisons blanches ont été aperçus près du mausolée.En fin de matinée, les bâches bleues qui dissimulaient le mausolée depuis quinze jours ont été ôtées, ont constaté des journalistes.

Les experts internationaux – Russes et Suisses ayant été mandatés par l’Autorité palestinienne – doivent tenter de déterminer si le dirigeant palestinien a été empoisonné au polonium. Cette hypothèse a été relancée par la diffusion en juillet d’un documentaire d’Al-Jazeera révélant des traces de cette substance radioactive sur des effets personnels du dirigeant palestinien.«Arafat est mort à 75 ans le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire de la région parisienne, où il avait été transféré avec l’accord d’Israël qui l’assiégeait depuis plus de deux ans à la Mouqataa.» Les causes de sa mort n’ont pas été élucidées, et beaucoup de Palestiniens accusent Israël, qui a toujours nié, de l’avoir empoisonné.Recherche de traces de polonium 210Même huit ans après la mort du leader palestinien, les prélèvements qui doivent être effectués mardi sur sa dépouille peuvent révéler s’il a été victime d’un empoisonnement au polonium 210, une substance radioactive très toxique. «On a une chance de détecter» un tel empoisonnement chez Yasser Arafat «sous réserve qu’il ait reçu une dose correspondant à la dose mortelle, c’est-à-dire quelques microgrammes», peu avant son décès en novembre 2004, a déclaré Jean-René Jourdain, adjoint à la directrice de la Protection de l’Homme de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français. Le polonium 210 a une période radioactive de 138,4 jours, autrement dit la moitié de ses atomes se désintègre tous les 138,4 jours. Yasser Arafat étant mort voici plus de huit ans, cela signifie que si cette substance radioactive était bien présente dans son corps, sa concentration actuelle devrait être deux millions de fois moindre.

«Mais si on retrouve des traces de polonium, ça ne veut pas dire qu’il s’agit de polonium artificiel» et donc d’un empoisonnement. «Il faut faire attention, car on trouve du polonium dans la nature, dans les premiers centimètres de la surface du sol notamment», a souligné M. Jourdain. «Il faudra faire des analyses, qui prennent quelques semaines, pour faire la différence entre le polonium d’origine artificielle et le polonium d’origine naturelle», a-t-il ajouté.

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