12 Juillet 2012 À 18:31
Le Maroc contribue activement à l’instauration d’une nouvelle politique monétaire dans la région euro-méditerranéenne, en mesure d’apporter des réponses pertinentes et efficaces aux nouveaux défis auxquels fait face le système monétaire et financier, aussi bien dans cette région qu’au niveau mondial. En effet, la capitale économique du Royaume a abrité hier une importante rencontre entre la Banque centrale européenne (BCE) et les 17 banques centrales de la zone euro constituant l’Eurosystème, d’une part, et les banques centrales des pays méditerranéens non membres de la zone euro, d’autre part.
Cette rencontre, consistant en le septième séminaire de l’Eurosystème avec les banques centrales des pays méditerranéens, présidé par Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM), et le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, a connu une concertation intense et approfondie et a débouché sur un certain nombre de recommandations. C’est ce qu’ont annoncé, lors d’une conférence de presse, les deux co-présidents de ce séminaire de haut niveau organisé par BAM et la, BCE et tenu à huis clos à Casablanca. Ainsi, les gouverneurs des banques centrales qui ont pris part à cette rencontre ont notamment conclu sur la nécessité d’accroître l’intégration budgétaire et financière au niveau de cette région et de traiter avec succès les défis visant à atteindre une croissance plus élevée avec des situations budgétaires soutenables et un bon fonctionnement des systèmes financiers.
Ils ont également appelé à établir des cadres macro-prudentiels solides et des politiques dotées de moyens d’action appropriés. Ils ont aussi profité de cette occasion pour relativiser le rôle des banques centrales quand il s’agit de faire face à la crise. En effet, comme l’a encore souligné le gouverneur de Bank Al-Maghrib lors de la conférence de presse, certes, les banques centrales peuvent apporter un appui temporaire, mais elles ne peuvent pas se substituer aux actions des gouvernements pour s’attaquer aux origines de la crise.
Globalement, les discussions ont porté sur trois grands axes : les évolutions économiques et financières, la mise en œuvre de la politique monétaire et les politiques macro-prudentielles et de stabilité financière.Pour le premier point, les participants au séminaire ont examiné les récentes évolutions économiques et financières dans cette région. Ils ont noté que les économies des rives sud et orientale de la Méditerranée ont fait face à l’impact des chocs internes et externes, consistant notamment en des incertitudes engendrées par les processus de changement politique dans la région et la hausse des prix énergétiques et alimentaires. Ce qui nécessite, d’après eux, d’apporter des réponses de politique économique appropriées, en mesure de générer une croissance soutenue et durable et de créer des opportunités d’emploi dans ces pays.
S’agissant du deuxième point, les participants ont discuté des cadres opérationnels de politique monétaire dans l’Eurosystème et les pays méditerranéens et ont partagé leurs points de vue sur les expériences et défis récents à cet égard. Ils ont discuté des mesures non conventionnelles prises par l’Eurosystème au cours de la crise, tout en mettant l’accent sur le rôle des gouvernements dans la gestion de la crise. Les participants ont également passé en revue quelques points spécifiques auxquels sont confrontés les pays du sud et de l’est de la Méditerranée.