24 Octobre 2012 À 19:15
Alors que la rue continue de s’agiter par les sit-in des diplômés chômeurs, réclamant l’intégration «directe et immédiate» au rang de la Fonction publique, le gouvernement dirigé par Abdelilah Benkirane rétrécit le budget alloué à la création de postes budgétaires au titre de l’année budgétaire 2013. Une décision qui confirme, encore une fois, la conviction du chef du gouvernement que la création d’emploi relève du secteur privé et non des pouvoirs publics, notamment, en ce temps de crise, où l’État doit serrer la ceinture. À cela s’ajoute, le niveau qualifié par les spécialistes d’«alarmant» des dépenses salariales au Maroc. Autrement dit, l’administration publique reste relativement coûteuse.
Dans le projet de la loi des Finances 2013, le gouvernement a prévu la création de 24 340 nouveaux postes budgétaires pour l’exercice 2013. Un trend baissier par rapport à l’exercice 2012, avec 26 204. Pour le détail, 24 290 postes iront en 2013 aux ministères et aux institutions. Quant au reste, soit 50 emplois, ils seront répartis par le gouvernement entre les différents départements.
À travers son premier projet de la loi des Finances, le travail du gouvernement a été marqué par une dimension sociale. Celle-ci a été traduite, en particulier, par l’octroi d’un nombre assez important des postes budgétaires au profit des départements ministériels à caractère «social». Techniquement, le projet de la LOF 2013 propose l’ouverture de 8 000 emplois au ministère de l’Éducation nationale, 6 400 au département de l’Intérieur, 3 000 à l’Administration de la Défense nationale, 2 300 au ministère de la Santé ainsi que 1 000 à celui de la Justice et des libertés. Pour ce qui est du ministère de l’Économie et des finances et de la délégation générale à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, quelque 600 recrutements sont prévus pour chacun de ces deux départements. Alors que les ministères de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle et celui des Habous et des affaires islamiques embaucheront 500 personnes chacun. Quant au ministère de l’Équipement et du transport, il recrutera 300 personnes.
Le projet de la LOF a accordé 100 postes au profit du chef du gouvernement, les ministères des Affaires étrangères et de la coopération et celui de l’Agriculture et de la pêche maritime profiteront de 100 postes chacun. Quant au département de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, il bénéficiera de 90 nouveaux postes. Cinquante postes ont été consacrés au ministère de la Jeunesse et des sports, 30 autres reviendront au ministère de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, et autant à celui de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies. Quant au ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, il se retrouve en bas de la liste avec seulement 20 postes budgétaires pour l’année 2013. Sur un autre registre, le projet de la LOF alloue près de 199,26 milliards de DH aux dépenses de fonctionnement du budget général.
À l’instar de l’année budgétaire 2012, la palme d’or est revenue au département de l’Éducation nationale avec 35,78 milliards de DH pour les dépenses du personnel et 3,82 milliards pour le matériel et les diverses dépenses. Il est suivi du ministère de l’Administration de la Défense nationale avec 21,349 milliards de DH pour le personnel. Figure également sur le podium le ministère de l’Intérieur en troisième position. Avec un budget totalisant environ 18,36 milliards de DH. Les dépenses afférentes au personnel grèvent le budget de 15 milliards de DH.
Quant au département de la Santé, il s’est vu octroyer un montant global de près de 10 milliards de DH pour les dépenses du personnel ainsi que pour le matériel et les diverses dépenses du ministère. L’enseignement supérieur a bénéficié de près de 7,8 milliards de DH pour son fonctionnement.