17 Février 2012 À 18:08
«Je pense que cette année, le SIEL (Salon international de l’édition et du livre) a encore prouvé que c’est un événement incontournable de la scène littéraire à l’échelle internationale », a déclaré Hassan Nakhli, chef de la Division de la vulgarisation du livre au ministère de la Culture. Fort de ces quelque 500 000 visiteurs attendus durant ses 10 jours d’expositions, le SIEL est désormais un rendez-vous culturel important et prisé. Aussi, pour cette 18e édition, les amoureux du livre et de la lecture ont-ils pu faire le plein de débats et d’échanges. Said, étudiant, en est bien conscient « c’est ma 3e participation au Salon et c’est un réel plaisir de découvrir autant d’auteurs et de livres », déclare-t-il. Et d’ajouter que c’est l’occasion d’acquérir des livres à des prix abordables.
Au programme du Salon, dédicaces, rencontres d’auteurs, discussions autour de thèmes d’actualité ainsi que des ateliers de présentation de « livre-jeunesse ». Sans oublier la présence remarquée de l’Arabie saoudite en tant qu’invitée d’honneur. Ce pays a innové en proposant un stand empreint « d’interactivité », avec entre autres, une exposition de tableaux de peinture. Le CCME quant à lui, a affiché sa volonté de traiter les sujets chauds qui font l’actualité de la région avec notamment une table ronde autour du Printemps arabe et de la situation en Syrie. Une histoire de mots, mais aussi de maux pour ses organisateurs. À ce stade, Hassan Nakhli a confié : « ce n’est pas une mince tâche de regrouper de nombreux auteurs, plusieurs exposants dans une ambiance féerique ». Une prouesse organisationnelle saluée par plusieurs participants sur place. Par ailleurs, cette 18e édition a accordé un volet important à la littérature « Jeunesse » pour encourager la lecture et la création chez les jeunes. « Je déplore le fait que les organisateurs n’aient pas fait coïncider ce Salon avec les vacances de ma fille », souligne une maman.
Concernant la littérature « Jeunesse », Hassan Nakhli a indiqué que le ministère de la Culture a procédé à l’édition d’ouvrages destinés aux jeunes et d’ajouter que « malheureusement, il n’y a pas assez d’auteurs marocains qui écrivent dans ce sens. D’ailleurs, il n’y a pas de prix pour ce genre de littérature » a-t-il déploré. Cette 18e édition du SIEL, c’est également des soirées en « off ». La Fnac, le « Diwan Babel Bahr » (ancienne médina) et plusieurs autres lieux ont été investis à l’occasion. Une Sorte de « prolongation » entourant cette fête à l’honneur du livre. Avec la participation d’une pléiade d’écrivains : Fatéma Hal, Carole Martinez, Kaoutar Harchi, Laurence Cossé, Véronique Rieffel, Siham Bouhlal, Abdellatif Laâbi, Edwy Plene, Elias Sanbar, Farouk Mardam Bey et Stéphane Bern. Les rencontres seront aussi l’occasion de dialogues littéraires et artistiques avec quelques grands artistes au service de grands textes de la littérature: Amal Ayouch, Charles Berling, Macha Méril. Touria Hadraoui, Majida Khattari, Tata Milouda et bien d’autres seront de la fête, pour des spectacles inédits dédiés à ceux qui veulent voyager un peu dans le temps, découvrir de nouveaux ouvrages ou encore faire « causette » avec leurs auteurs préférés.
Questions À : Anne Elisabeth Buxtorf, responsable Livre et Médiathèques (Instituts français du Maroc)
« Le SIEL est un Salon qui mérite une visibilité à l’international»
Parlez-nous des spécificités de cette 18e édition ?Cette année, on a lancé des activités le soir pour compléter notre stand du jour. Et ce, pour permettre au public de rencontrer les auteurs. C’est aussi l’actualité avec la thématique « Parcours de femmes », le Printemps arabe et les nouveautés littéraires. Avec une place prépondérante accordée aux auteurs débutants comme Kawtar Harshi (spécialisé en socio-anthropologie) à travers son dernier livre « L’ampleur du saccage ».
Quelle est la place accordée à la littérature « Jeunesse » ?Nous avons invité le philosophe Jean-Paul Mangin qui fait de la philosophie pour enfant. Et c’est dans le cadre des Journées professionnelles que des ateliers sont organisés pour les enfants et les adolescents afin de les inciter à penser et à se questionner sur ce qui les entoure. Sera aussi de la partie, Isabelle Bouchex qui a participé à travers ses contes publiés au Maroc, mêlant histoires imaginaires et devinettes.
Vos impressions par rapport à cette édition ?C’est une belle édition avec une belle fréquentation, très éclectique. Je pense que c’est une réussite en soi de voir autant de langues cohabiter au sein d’un même espace. Sans oublier tous les métiers du livre qui y sont représentés. C’est donc un Salon avec beaucoup de potentiels et de succès par rapport à d’autres salons mondiaux, comme celui du Liban par exemple.