Le conseil de la ville adopte une charte d'honneur
À quelques mois des élections communales, le maire et les conseillers se réconcilient et tiennent la session d'octobre.
Brahim Mokhliss
12 Janvier 2012
À 18:40
Après plus d'une année de blocage, le conseil de la ville est arrivé hier à tenir une session ordinaire avec neuf points à l'ordre du jour. Or, il ne s'agit pas de la session de janvier, mais celle d'octobre 2011. Cela a été possible après deux réunions (en dehors du conseil de la ville) auxquelles ont pris part les représentants des partis représentés au conseil. La première réunion a eu lieu lundi dernier et a été organisée à l'initiative du wali du Grand Casablanca. Réunion au cours de laquelle il est parvenu à convaincre les conseillers à ouvrir une nouvelle page pour dépasser les problèmes qui bloquent la gestion normale des services de la ville et la réalisation des différents projets qui restent bloqués. Suite à quoi une deuxième réunion a eu lieu mercredi, au cours de laquelle une charte d'honneur a été signée entre les composantes politiques du conseil et le maire de la ville de Casablanca, Mohamed Sajid, en présence des conseillers appartenant à huit partis politiques : l'Union constitutionnelle, le Rassemblement national des indépendants, le Parti de la justice et du développement, le Parti authenticité et modernité, le Mouvement populaire, le Parti de l'Istiqlal, le Parti travailliste et le Front des forces démocratiques.
La charte signée est ainsi rédigée dans l'objectif de dépasser la situation de blocage qui «prend en otage» la métropole économique. Déjà, dans l'introduction de ladite charte, ses signataires estiment que cette situation, qui a perduré depuis la session extraordinaire qui avait eu lieu en décembre 2010, est due au fait de ne pas travailler dans un cadre participatif. C'est aussi à cause de la non-adoption des mécanismes de contrôle et de la bonne gouvernance. Pour sortir de cette situation, les différents antagonistes se sont réunis mercredi pour dialoguer et trouver une solution, ainsi que le précise le contenu de la charte signée. Celle-ci, qui répond à la volonté des groupes des conseillers des partis signataires, comporte cinq points. Le premier appelle à adopter, désormais, une gestion impliquant toutes les parties dans la gestion du conseil de la ville. Ce qui devrait être fait en permettant aux différents groupes d'assister aux réunions du bureau du conseil de la ville. Le deuxième point sur lequel ils se sont mis d'accord a trait à la nécessité d'observer un certain équilibre dans l'octroi des délégations de signature par le maire de la ville. Ils se sont mis d'accord aussi à accorder une seule délégation pour chaque parti représenté au sein du bureau. Ce qui devrait barrer la route aux conseillers du PAM qui ont six membres au bureau.
Les conseillers de la ville de Casablanca ont décidé, dans le cadre du troisième point, à constituer des commissions spécialisées pour traiter le dossier de la gestion dégluée et pour les autres grands dossiers. Ce qui mène -c'est bien précisé dans le contenu de la charte- à la suppression de la commission mise en place pour traiter le dossier de la gestion déléguée confiée à la Lydec. C'est une nouvelle structure, baptisée « Commission de suivi de la gestion déléguée par Lydec » qui sera créée. Pour les autres dossiers, cinq nouvelles commissions sont prévues : la commission de la révision des contrats, des biens, des privilèges et de l'exploitation des biens publics, la commission de développement et de suivi des recettes, la commission du marché de gros et la commission de suivi du transport urbain.
La prise en compte de la bonne gouvernance représente le quatrième axe à respecter dans le cadre de la charte. Sur ce registre, il est proposé le changement de certains chefs de service ainsi que de mettre sur pied un plan d'action pour booster les activités des différents services. Le dernier élément sur lequel on s'est mis d'accord vise à donner plus d'intérêt à la politique de proximité. Le maire s'est engagé dans ce cadre à augmenter la dotation accordée aux arrondissements. Des conseillers ont précisé que les sommes accordées aux arrondissements allaient être augmentées de 100 millions de centimes.
Ainsi donc, les conseillers ont décidé, après plusieurs mois de blocage, d'assister au conseil de la ville pour répondre aux aspirations des Casablancais et poursuivre l'exécution des projets déjà lancés. Or, la question qui se pose est pourquoi cette réconciliation maintenant entre les deux camps (le maire et les conseillers). Qu'est-ce qui a changé ? Qui a gagné dans ce bras de fer qui les opposait ? Les prochains jours ne manqueront pas d'apporter des réponses.
Ordre du jour
La ville de Casablanca a tenu hier sa session d'octobre de 2011 (alors qu'on est en janvier) avec 9 points à l'ordre du jour. Session qui vient après l'échec de la tenue des sessions précédentes à cause d'un bras de fer qui opposait le maire de la ville, Mohamed Sajid, aux composantes du conseil. Hier, la session a donc pu avoir lieu avec un ordre du jour très chargé. Le premier point qui a été soumis aux conseillers (après un débat sur des formalités et non sur le fond) a concerné la création d'un service public pour l'exploitation du tramway. Avant 13 h, les conseillers ont décidé d'arrêter pour reprendre les discussions dans l'après-midi. Alors qu'ils n'avaient pas encore démarré la discussion de ce premier point. Et ce, au moment où d'autres projets aussi importants sont programmés : le grand théâtre de Casablanca, le carrefour de Sidi Maârouf, le budget à allouer aux arrondissements pour 2012, le budget de la ville pur l'année 2012… Le projet de construction du carrefour de Sidi Maârouf devant permettre le décongestionnement de la circulation dans cette partie de la ville nécessite du foncier. Des conseillers veulent comprendre pourquoi le recours à la procédure de l'expropriation pour utilité publique et en même temps acheter chez d'autres.