30 Juillet 2012 À 17:32
L’armée turque poursuivait lundi le renforcement de son dispositif à la frontière syrienne avec l’envoi de batteries de missiles, de chars et de véhicules de combat d’infanterie dans le sud du pays, a rapporté l’agence de presse Anatolie.
«Un convoi comprenant des rampes de missiles -l’agence ne précise pas leur type-, des chars, des véhicules blindés de combat d’infanterie, des munitions et des soldats a quitté lundi le commandement militaire de Gaziantep (sud) à destination des zones frontalières de la province de Kilis.»Par ailleurs, un convoi ferroviaire transportant des batteries de missiles anti-aériens et des véhicules de transport de troupes a été dépêché à Islahiye, en provenance de la ville d’Iskenderun (province de Hatay, sud), ajoute l’agence.
Le poste-frontière syrien d’Al-Salama, face à la province de Kilis, a été pris le 22 juillet par les rebelles syriens.Pour sa part, «le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu la semaine dernière que la Turquie pourrait exercer son droit de poursuite à chaud en Syrie contre le PKK ou le PYD si ceux-ci lançaient des actions en territoire turc.»
Ce déploiement militaire, intervient à un moment d’un intense pilonnage et des dégâts dans les villes de Homs et de Rastane dans le centre du pays, a indiqué lundi le chef des observateurs de l’ONU en Syrie, le lieutenant Babacar Gaye.«Ses propos interviennent au moment où les combats faisaient rage à travers le pays entre rebelles et armée et notamment, à Alep, deuxième ville de Syrie devenue enjeu majeur du conflit armé.»Par ailleurs, après trois jours de combats à Alep, une source de sécurité à Damas a affirmé que les troupes régulières avaient repris lundi le contrôle d’une partie du quartier de Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle.
Selon cette source, les forces régulières font face «à une très forte résistance» et la présence importante de tireurs embusqués installés par les rebelles «ralentit le déploiement de l’armée».La rébellion, elle, a indiqué lundi avoir pris un poste de contrôle stratégique qui lui permet désormais d’acheminer renforts et munitions à ses frères d’armes à Alep, où les forces du régime ont affirmé avoir pris le contrôle d’une partie d’un bastion rebelle.
Face à l’intensification des combats entre forces régulières et rebelles, «l’Armée syrienne libre (ASL) de l’intérieur a appelé lundi à la formation d’un conseil présidentiel de six personnalités politiques et militaires qui dirigerait la transition après la chute du régime du président Bachar al-Assad.»Selon cette feuille de route de l’ASL, «cette instance choisira d’abord «un conseil présidentiel de six personnalités politiques et militaires pour diriger le pays durant la période transitoire».
Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères a, lui, indiqué pour sa part que son pays demanderait une réunion du Conseil de sécurité au niveau ministériel. «Puisque la France prend la présidence du Conseil de sécurité (des Nations unies-NDLR) au 1er août, nous allons donc demander avant la fin de cette semaine la réunion du Conseil de sécurité, probablement au niveau ministériel, à la fois pour essayer d’arrêter les massacres et préparer la transition politique», a-t-il souligné sur RTL.
Dmitri Medvedev, le Premier ministre russe, a lui indiqué que «les positions de Moscou, de Washington et de Londres ne sont pas aussi éloignées qu’on le dit parfois».Depuis l’éclatement du conflit syrien en mars 2011, près de 20 000 personnes ont perdu la vie selon les organisations proches de l’opposition.