25 Juillet 2012 À 18:34
Durant les quatre ans que j’ai passés au Maroc en tant qu’ambassadeur, j’ai vu ce pays avancer à grands pas. Les évènements vécus par la région en 2011 ont, bien entendu, joué un rôle important. Le Maroc a reconnu qu’ils ont contribué à accélérer les réformes déjà en cours. Devenu un leader de la réforme et de la pensée politique en Afrique du Nord, le Maroc a beau avoir ses propres défis, il a cependant aussi l’opportunité d’encourager et de travailler avec ses partenaires. Parmi les résultats potentiels les plus significatifs des mutations politiques enregistrées en 2011 figurent les avancées effectuées vers la construction d’un Maghreb nouveau, capable d’attirer l’intérêt et le soutien économique d’autres parties du monde.
L’histoire récente s’est révélée à la fois spectaculaire et tout à fait positive. La Constitution de juillet 2011 a été un jalon pour l’histoire du Maroc et de la région, et une déclaration sans équivoque de son engagement vis-à-vis des droits de l’Homme universels et des valeurs démocratiques. Les élections de 2011, qui ont permis l’émergence d’un chef de gouvernement disposant de la légitimité des urnes, ont renforcé la reddition des comptes et insufflé une énergie nouvelle à la politique, laquelle, à mon sens, ne peut se développer qu’au fur et à mesure que les Marocains ordinaires reconnaitront, communiqueront avec et même critiqueront leurs représentants.
Mon attention a été particulièrement attirée par deux phénomènes. Tout d’abord, le Parlement dégage aujourd’hui une énergie nouvelle avec l’introduction de nouveautés telles que les questions orales au chef du gouvernement, la démarche dynamique du nouveau président de la Chambre des représentants ou les efforts fournis pour débattre et s’accorder sur une série de mesures d’application de la nouvelle Constitution. Des signes concrets révèlent le renforcement de la participation démocratique, y compris chez les jeunes. Je suis par ailleurs impressionné par la volonté affichée de réformer le système juridique et promouvoir la transparence. Affronter ces défis est crucial pour la démocratie et pour encourager l’investissement.
Le gouvernement britannique accueille ces progrès avec satisfaction. La trajectoire adoptée par le Maroc moderne a ouvert la porte aux opportunités de partenariat, menant à la signature d’un agenda de partenariat avec le gouvernement marocain. Par ailleurs, le lancement d’un programme de partenariat en 2011 nous a permis de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement marocain et la société civile en mobilisant l’expertise britannique de manière à soutenir le processus de réforme marocain. Dans le cadre de ce programme, nous avons encouragé des jeunes à s’intéresser à la politique, via la création d’un gouvernement parallèle des jeunes et d’un réseau national des jeunes analystes politiques. Nous avons renforcé le dialogue entre les Parlements britannique et marocain et travaillons à soutenir les efforts du Maroc pour la réforme du système juridique et le renforcement de la transparence en fournissant une expertise britannique.
L’exemple marocain démontre qu’un pays de l’Afrique du Nord peut se moderniser dans le consensus et, à une époque difficile pour tous, maintenir voire construire sa participation démocratique et sa promotion des valeurs universelles. La Grande-Bretagne suit les progrès du Maroc sur cette voie, et saluant les progrès effectués, l’assure de son amitié continue.